Horaires des messes :

Dimanche :

  • Messe basse à 8h30
  • Chapelet à 9h30
  • Grand Messe chantée à 10h00

En semaine :

  • lundi : Messe basse à 18h30
  • Mardi : Messe basse à 18h30
  • Mercredi : Messe privée à 7h00 et Messe de l'école à 8h30
  • Jeudi : Messe basse à 18h30
  • Vendredi : Messe basse à 18H30
  • Samedi : Messe basse à 8h30

    Laudes récitées à la chapelle les mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 8h00.


Confessions :

    Confessions assurées tous les samedis de l'année de 15h30 à 17h00 à la chapelle.


Adoration du T.S Sacrement :

    Exposition du Saint Sacrement tous les mercredis de 18h30 à 19h00.

    Heure Sainte chaque premier vendredi du mois de 20h00 à 21h00,

    puis Messe du Sacré Coeur à 21h00.

du 13 au 20 mai 2012

 

 

 

 

Dimanche

13 mai

(5e dimanche après Pâques)

Solennité de Sainte Jeanne d'Arc

Patronne secondaire de la France

  • 8 h 30 Messe basse
  • 9 h 30 Chapelet
  • 10 h Grand-messe

Lundi 14

De la férie
  • 18 h 30 Messe basse

Mardi 15

St Jn-Bapt. de La Salle
Confesseur
  • 18 h 30 Messe de Requiem pour le repos de l'âme de Mme Després

Mercredi 16

Vigile de l'Ascension
  • 7 h 00 Messe basse
  • 8 h 00 Office des Laudes
  • 8 h 30 Catéchisme de l'école du St Enfant-Jésus.
  • 9 h 45 Messe basse (avec la participation des enfants de l'école)
  • 10 h 45 Catéchisme du CP jusqu'au CM2
  • 14 h 30 Catéchisme pour les 5ème./ 4ème.
  • 15 h 45 Catéchisme pour les 6ème.
  • 18 h 30 Adoration du Très Saint Sacrement
  • 19 h 15 Office des complies pour les vocations sacerdotales et religieuses

 

Jeudi

17 mai

(Fête d'obligation)

Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

  • 8 h 30 Messe basse
  • 9 h 30 Chapelet
  • 10 h Grand-messe

Vendredi 18

St Venant Martyr
  • 18 h 30 Messe basse

Samedi 19

St Pierre Célestin

Pape et confesseur
  • 8 h 30: Messe basse
  • 11 h 00: Baptême de Rafaël RANGHEARD
  • 15 h 30 à 17 h 00: Confessions

 

 

Dimanche

20 mai

Dimanche après  l'Ascension

  • 8 h 30 Messe basse
  • 9 h 30 Chapelet
  • 10 h Grand-messe

 

Avis

  • Dimanche 10 juin à 12 h 30, Pique-Nique paroissial à la Bonne Dame
Posté le 14 mai 2012 par Annonces de la semaine


Nouvelles romaines

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR

HOMÉLIE DE S.S. BENOÎT XVI

Dimanche 1er avril 2012

 

Chers frères et sœurs ! Le Dimanche des Rameaux est le grand portique qui nous introduit dans la Semaine Sainte, la semaine où le Seigneur Jésus s'achemine vers le sommet de sa vie terrestre. Il monte à Jérusalem pour accomplir les Écritures et pour être suspendu sur le bois de la croix, le trône à partir duquel il régnera pour toujours, attirant à lui l'humanité de tous les temps et offrant à tous le don de la rédemption. Des Évangiles, nous savons que Jésus s'était mis en route vers Jérusalem avec les Douze, et que, peu à peu, s'était jointe à eux une foule grandissante de pèlerins. Saint Marc nous raconte que dès le départ de Jéricho il y avait une « foule nombreuse » qui suivait Jésus (cf. 10, 46).

Dans cette dernière étape du parcours, on constate un événement particulier, qui augmente l'attente de ce qui arrivera, de telle sorte que l'attention se concentre encore plus sur Jésus. Au bord de la route, à la sortie de Jéricho, était assis en train de mendier un aveugle, du nom de Bartimée. À peine entend-il dire qu'arrivait Jésus de Nazareth, qu'il se met à crier : « Jésus, fils de David, aie piété de moi ! » (Mc 10, 47). On cherche à le faire taire, mais en vain ; jusqu'à ce que Jésus le fasse appeler et l'invite à s'approcher de lui. « Que veux-tu que je fasse pour toi ? », lui demande Jésus. Et il répond : « Rabbouni, que je voie [de nouveau] » (v.51). Jésus répond : « Va, ta foi t'a sauvé ». Bartimée retrouva la vue et se mit à suivre Jésus sur la route (cf. v. 52). Et, après ce signe prodigieux, accompagné par l'invocation « Fils de David », voici qu'un frémissement d'espérance messianique traverse la foule, faisant naître chez beaucoup de personnes une question : ce Jésus qui marchait devant eux vers Jérusalem, était-il peut-être le Messie, le nouveau David ? Et avec son entrée désormais imminente dans la ville sainte, le temps où Dieu aurait finalement restauré le règne davidique serait-il arrivé ?

La préparation de son entrée, que Jésus fait avec ses disciples, contribue aussi à faire grandir cette espérance. Comme nous l'avons entendu dans l'Évangile d'aujourd'hui (cf. Mc 11, 1-10), Jésus arrive à Jérusalem de Bethphagé et du mont des Oliviers, c'est-à-dire par la route par laquelle aurait dû venir le Messie. De là, Il envoie deux disciples, avec l'ordre de lui amener un petit âne qu'ils auraient trouvé au bord de la route. Ils trouvèrent effectivement le petit âne, le détachèrent et l'amenèrent à Jésus. À ce moment, l'esprit des disciples et aussi des autres pèlerins déborde d'enthousiasme : les uns prennent leurs manteaux et les mettent sur le petit âne ; les autres les étendent sur le chemin devant Jésus qui avance assis sur l'âne. Ils coupent ensuite des branches d'arbres et ils commencent à clamer des paroles du Psaume 118, d'antiques paroles de bénédiction des pèlerins, qui deviennent, dans ce contexte, une proclamation messianique : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le Règne qui vient, celui de notre père David. Hosanna au plus haut des cieux ! » (vv. 9-10). Cette joyeuse acclamation transmise par les quatre Évangélistes, est un cri de bénédiction, un hymne d'allégresse : elle exprime la conviction commune qu'en Jésus, Dieu a visité son peuple et que le Messie attendu est finalement venu. Et tous sont là, animés par l'attente croissante de l'œuvre que le Christ accomplira une fois qu'il entrera dans sa ville.

Mais quel est le contenu, la résonance la plus profonde de ce cri de joie ? La réponse nous est donnée par toute l'Écriture qui nous rappelle que le Messie accomplit la promesse de bénédiction de Dieu, la promesse des origines, que Dieu avait faite à Abraham, le père de tous les croyants : « Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai [...] En toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12, 2-3). C'est la promesse qu'Israël avait toujours gardée vivante dans la prière, particulièrement dans celle des psaumes. C'est pourquoi, Celui qui est acclamé par la foule comme le béni, est en même temps Celui en qui sera bénie toute l'humanité. Dans la lumière du Christ, l'humanité se reconnaît ainsi profondément unie et comme recouverte par le manteau de la bénédiction divine, une bénédiction qui pénètre tout, soutient tout, rachète tout, sanctifie tout.

Nous pouvons découvrir ici un premier grand message qui nous arrive de la festivité d'aujourd'hui : l'invitation à avoir le juste regard sur l'humanité entière, sur les gens qui forment le monde, sur les diverses cultures et civilisations. Le regard que le croyant reçoit du Christ est le regard de la bénédiction : un regard sage et aimant, capable de saisir la beauté du monde et de compatir à sa fragilité. Dans ce regard transparaît le regard même de Dieu sur les hommes qu'il aime et sur la création, œuvre de ses mains. Nous lisons dans le Livre de la Sagesse : « Seigneur, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu'ils se convertissent. Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n'as de répulsion envers aucune de tes œuvres [...] Tu épargnes tous les êtres, parce qu'ils sont à toi, Maître qui aimes la vie » (Sg 11, 23-24.26).

Revenons au texte évangélique de ce jour et demandons-nous : qu'y-a-t-il réellement dans le cœur de tous ceux qui acclament le Christ comme Roi d'Israël ? Ils avaient certainement leur idée du Messie, une idée de comment devait agir le Roi promis par les prophètes et longtemps attendu. Ce n'est pas par hasard que, quelques jours après, la foule de Jérusalem, au lieu d'acclamer Jésus, criera à Pilate : « Crucifie-le ! ». Et les disciples eux-mêmes, ainsi que les autres qui l'avaient vu et écouté, resteront muets et perdus. En effet, la plupart étaient restés déçus par la manière dont Jésus avait décidé de se présenter comme Messie et Roi d'Israël. C'est justement en cela que se trouve pour nous aussi le point central de la fête d'aujourd'hui. Pour nous, qui est Jésus de Nazareth ? Quelle idée du Messie avons-nous, quelle idée de Dieu avons-nous ? C'est une question cruciale que nous ne pouvons pas éluder, étant donné qu'au cours de cette semaine, nous sommes appelés justement à suivre notre Roi qui choisit comme trône la croix ; nous sommes appelés à suivre un Messie qui ne nous garantit pas un bonheur terrestre facile, mais le bonheur du ciel, la béatitude de Dieu. Nous devons alors nous demander : quelles sont nos vraies attentes ? Quels sont les plus profonds désirs, avec lesquels nous sommes venus ici aujourd'hui pour célébrer le dimanche des Rameaux et pour commencer la Semaine Sainte ?

Chers jeunes, vous qui êtes venus ici ! Cette journée est particulièrement la vôtre, partout dans le monde où est présente l'Église. Pour cela, je vous salue avec grande affection ! Que le Dimanche des Rameaux soit pour vous le jour de la décision, la décision d'accueillir le Seigneur et de le suivre jusqu'au bout, la décision de faire de sa Pâque de mort et de résurrection le sens même de votre vie de chrétiens. C'est la décision qui conduit à la vraie joie, comme j'ai voulu le rappeler dans le Message aux Jeunes pour cette Journée - « soyez toujours dans la joie du Seigneur » (Ph 4, 4) - et comme il advint pour sainte Claire d'Assise qui, il y a huit-cents ans, entraînée par l'exemple de saint François et de ses premiers compagnons, quitta la maison paternelle exactement le Dimanche des Rameaux pour se consacrer totalement au Seigneur : elle avait 18 ans et elle eut le courage de la foi et de l'amour, le courage de décider pour le Christ, trouvant en Lui la joie et la paix.

Chers frères et sœurs, deux sentiments doivent nous habiter particulièrement en ces jours : la louange, comme l'ont fait ceux qui ont accueilli Jésus à Jérusalem par leur « hosanna » ; et l'action de grâce car, dans cette Semaine Sainte, le Seigneur Jésus renouvellera le plus grand don que l'on puisse imaginer : il nous donnera sa vie, son corps et son sang, son amour. Toutefois, à un si grand don, nous devons répondre d'une manière adéquate, c'est-à-dire par le don de nous-mêmes, de notre temps, de notre prière, de notre vie en profonde communion d'amour avec le Christ qui souffre, meurt et ressuscite pour moi. Les anciens Pères de l'Église ont vu un symbole de tout cela dans le geste des gens qui suivaient Jésus entrant à Jérusalem, le geste d'étendre les manteaux devant le Seigneur. Devant le Christ - disaient les Pères - nous devons étendre notre vie et nos personnes, dans une attitude de gratitude et d'adoration. En conclusion, écoutons encore la voix d'un de ces anciens Pères, celle de saint André, Évêque de Crête : « Étendons-nous humblement donc devant le Christ, nous-mêmes plutôt que les tuniques ou les rameaux inanimés et les branches vertes qui réjouissent le regard seulement pour un instant et sont destinés à perdre, avec la sève, leur verdure. Étendons-nous nous-mêmes revêtus de sa grâce, ou mieux, de lui-même tout entier... et prosternons-nous à ses pieds comme des tuniques étendues... pour pouvoir offrir au vainqueur de la mort non plus de simples rameaux de palmes, mais des trophées de victoire. Agitant les rameaux spirituels de l'âme, nous aussi, avec les enfants, acclamons saintement chaque jour : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël" » (PG 97, 994). Amen !

 

COMMUNIQUES DE ROME ET DE LA FSSPX

 

Communiqué de la Commission Ecclesia Dei : « Le texte de la réponse de Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, requise au cours de la rencontre du 16 mars 2012 au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, est parvenu le 17 avril 2012. Ce texte sera examiné par le Dicastère et soumis ensuite au jugement du Saint-Père. »

 

Communiqué de la Fraternité St Pie X : « La presse annonce que Mgr Bernard Fellay a adressé une « réponse positive » à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et qu'en conséquence la question doctrinale est désormais résolue entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. La réalité est autre. Dans un courrier du 17 avril 2012, le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a répondu à la demande d'éclaircissement que lui avait faite, le 16 mars, le cardinal William Levada, au sujet du Préambule doctrinal remis le 14 septembre 2011. Comme l'indique le communiqué de presse de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, daté de ce jour, le texte de cette réponse « sera examiné par le Dicastère et soumis ensuite au jugement du Saint-Père ». Il s'agit donc d'une étape et non d'une conclusion. Menzingen, le 18 avril 2012 »

 

PEUT-ETRE VERS UN ACCORD AVEC LA FSSPX ?

 

Rien n'est encore conclu mais une étape décisive a été franchie mercredi dans les discussions entre la Fraternité Saint-Pie X et le Vatican.

 «Il s'agit donc d'une étape et non d'une conclusion.» Prudence, mercredi, dans le communiqué de la Fraternité Saint Pie X à propos des discussions en cours entre les Lefebvristes et le Saint-Siège. Certes, comme le Vatican l'a confirmé en milieu de journée, la réponse attendue par Rome, de Mgr Bernard Fellay, supérieur de cette Fraternité, est bien «parvenue» dans les bureaux de la commission romaine «Ecclesia Dei», compétente en la matière. Mais au siège de la Fraternité, on considère que rien n'est encore tranché.

Il n'est pas en tout cas possible d'écrire, insistent les Lefebvristes que «Mgr Bernard Fellay ait adressé une ‘réponse positive ‘ (...) et qu'en conséquence la question doctrinale est désormais résolue entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X». Car, ponctue le texte: «la réalité est autre».

Prudence similaire du côté du Vatican: la sobriété des quatre lignes du communiqué, accusant réception de la lettre de Mgr Fellay, précise que son contenu devra être «examiné» par les services compétents et «soumis ensuite au jugement du Saint-Père». Méthodologie et phrase, reprises, mot pour mot, dans le communiqué de la Fraternité Saint-Pie X. Ce qui signifie toutefois que ce dossier de la réconciliation entre la Fraternité Saint-Pie X et l'Eglise catholique arrive désormais à maturité. Et que les semaines à venir devraient voir se résoudre un conflit long d'un demi-siècle, lié au Concile Vatican II (1962-1965).

Le 25 avril prochain, les experts de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi vont en effet examiner les «clarifications» apportées dans ce courrier par Mgr Fellay qui lui avaient été demandées par le Vatican il y a un mois. Cet avis sera aussitôt transmis à Benoît XVI. C'est lui l'ultime décideur. Il est très désireux de trouver un accord avec les Lefebvristes. Si ces derniers réglages s'avèrent satisfaisants - ce qui est hautement probable selon les connaisseurs du dossier - cette réconciliation pourrait être officiellement scellée début mai. Mercredi, le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a en effet reconnu qu'«un pas en avant» venait d'être franchi avec la réponse de Mgr Fellay «plus encourageante» que les échanges de ces derniers mois.

(Jean-Marie Guénois. Le Figaro.fr)

Posté le 28 avril 2012 par Abbé Lefèvre


Nouvelles de l'Eglise

MESSAGE DU SAINT-PÈRE À L'ÉGLISE DE FRANCE POUR LE 50ÈME ANNIVERSAIRE DU CONCILE
 
Chers frères et sœurs de France,
C'est une grande joie pour moi de pouvoir vous adresser mon salut chaleureux à vous qui êtes venus nombreux, à Lourdes, en réponse a l'appel de vos Évêques, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II. Je vous rejoins par la prière et par le cœur dans la démarche de foi que vous accomplissez auprès de la grotte de Massabielle.
Le Concile Vatican II a été et demeure un authentique signe de Dieu pour notre temps. Si nous savons le lire et le recevoir à l'intérieur de la Tradition de l'Église et sous la direction sûre du Magistère, il deviendra toujours plus une grande force pour l'avenir de l'Église. Aussi, je souhaite vivement que cet anniversaire soit pour vous et pour toute l'Église qui est en France, l'occasion d'un renouveau spirituel et pastoral. En effet, il nous est ainsi donné de pouvoir mieux connaître les textes que les Pères Conciliaires nous ont laissés en héritage et qui n'ont rien perdu de leur valeur, afin de les assimiler et d'en faire produire des fruits pour aujourd'hui.
Ce renouveau, qui se situe dans la continuité, prend de multiples formes et l'année de la foi, que j'ai voulu proposer à toute l'Église en cette occasion, doit permettre de rendre notre foi plus consciente et de raviver notre adhésion à l'Évangile. Cela demande une ouverture toujours plus grande à la personne du Christ, en retrouvant notamment le goût de la Parole de Dieu, pour réaliser une conversion profonde de notre cœur et aller par les routes du monde proclamer l'Évangile de l'espérance aux hommes et aux femmes de notre temps, dans un dialogue respectueux avec tous. Que ce temps de grâce permette aussi de consolider la communion à l'intérieur de la grande famille qu'est l'Église catholique et contribue à restaurer l'unité entre tous les chrétiens, ce qui fut l'un des objectifs principaux du Concile.
Le renouveau de l'Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des chrétiens eux-mêmes pour que resplendisse la Parole de vérité que le Seigneur nous a laissée. Chers amis, en fréquentant les témoins de la foi, comme sainte Bernadette l'humble voyante de Lourdes, Pauline Jaricot qui a suscité dans l'Église un nouvel élan missionnaire et tant d'autres, qui ont germé de la terre de France, vous grandirez dans la connaissance du Christ. Par leur service de Dieu et de leurs frères, ces hommes et ces femmes nous montrent combien la foi est un acte personnel et communautaire, qui implique aussi un témoignage et un engagement publics que nous ne pouvons négliger ! Sainte Jeanne d'Arc, dont nous célébrons cette année le sixième centenaire de la naissance, en est un exemple lumineux, elle qui a voulu porter l'Évangile au cœur des réalités les plus dramatiques de l'histoire et de l'Église de son temps.
Redécouvrir la joie de croire et l'enthousiasme de communiquer la force et la beauté de la foi est un enjeu essentiel de la nouvelle évangélisation à laquelle est conviée toute l'Église. Mettez-vous en route sans crainte pour conduire les hommes et les femmes de votre pays vers l'amitié avec le Christ!
Chers Frères et Sœurs, que la Vierge Immaculée, Notre-Dame de Lourdes, qui a eu un rôle si important dans le mystère du Salut, soit aussi pour vous une lumière sur la route qui conduit vers le Christ, qu'elle vous aide à grandir dans la foi. À vous tous, Évêques et fidèles, pèlerins de Lourdes, et à vous frères et sœurs de France qui êtes unis à nous par la radio ou la télévision, j'adresse de grand cœur une affectueuse Bénédiction Apostolique !

LE VOYAGE DU PAPE :
LA LOI NATURELLE ET LIBERTÉ RELIGIEUSE

Il manque quelque chose dans les commentaires de la presse, y compris italienne, sur le voyage du pape au Mexique et à Cuba. On a débattu passionnément pour savoir si Benoît XVI, entre les lignes, avait rompu une lance au Mexique en faveur du centre-droit du PAN contre le centre-gauche du PRI en vue des prochaines élections; s'il a ou non rencontré secrètement à Cuba, le président vénézuélien Hugo Chavez; si le régime cubain tirera plus d'avantages de la rencontre entre le Pape et Fidel Castro ou plus d'inconvénients de l'antichambre que le lider maximo a dû faire, en attendant le Pontife, une chose à laquelle, chez lui, il n'est pas habitué.
Pour chaque voyage de Benoît XVI, on recherche des interprétations politiques. Cette fois, la chose est d'une certaine façon compréhensible, si l'on considère qu'à des titres divers, le Mexique d'abord - avec un régime farouchement laïciste resté au pouvoir pendant des décennies, et dont les descendants sont encore très présents dans la vie politique du pays - et la Cuba communiste ensuite, ont été le théâtre des plus grands persécutions dont l'Eglise catholique ait souffert dans son histoire en Amérique latine. Les militants politiques de centre-droit au Mexique et les dissidents anticastristes - à Cuba et en exil - auraient voulu une condamnation explicite de la gauche mexicaine, qui ne renie pas l'héritage sanglant des gouvernements laïques du XXe siècle, et du régime communiste cubain. Mais le style de Benoît XVI - comme autrefois celui du bienheureux Jean-Paul II - n'a jamais été ainsi. Le Pape se place toujours sur un plan différent, survolant de haut les problèmes contingents - sans les ignorer - et réaffirmant les grands principes qui sont déjà en eux-mêmes jugement et condamnation des idéologies.
Le Pape parle souvent de la dictature du relativisme, et c'est précisément la caractéristique des régimes de la première partie du XXe siècle au Mexique, qui ont imposé par le fer et par le feu un enseignement et une politique relativistes, essayant d'étouffer, parfois dans le sang - comme pendant la guerre des Cristeros des années 1926-1929 - la voix de l'Eglise. Quant à l'idéologie de Fidel Castro, il s'agit d'une version tropicale de ce relativisme agressif poussé à ses conséquences extrêmes qui est typique du marxisme, où ceux qui expriment une dissidence timide de la dictature du relativisme finissent en prison ou dans un camp de concentration.
Benoît XVI, sans entrer dans les détails peut-être peu compatibles avec la nature également diplomatique des voyages du Pape, a condamné le relativisme sans demi-termes. Devant trois cent mille personnes à La Havane, le Pape a rappelé le lien entre vérité et liberté. «En effet, la vérité est un désir de l'être humain et la chercher suppose toujours un exercice d'authentique liberté. Nombreux sont ceux, en revanche, qui préfèrent les raccourcis et qui essaient d'échapper à cette tâche. Certains, comme Ponce Pilate, ironisent sur la possibilité de pouvoir connaître la vérité (cf. Jn 18, 38), proclamant l'incapacité de l'homme à l'atteindre ou niant qu'existe une vérité pour tous. Cette attitude, comme dans le cas du scepticisme ou du relativisme, provoque un changement dans le cœur, le rendant froid, hésitant, loin des autres et enfermé en soi-même». Et sans vérité, il n'y a pas de liberté: «la vérité sur l'homme est un présupposé inévitable pour atteindre la liberté, car nous découvrons en elle les fondements d'une éthique avec laquelle tous peuvent se confronter, et qui contient des formulations claires et précises sur la vie et la mort, les droits et les devoirs, le mariage, la famille et la société, en définitif, sur la dignité inviolable de l'être humain». Ce sont les règles communes du jeu appelé société, qui s'appliquent également à la société internationale, et sans ces règles - qui coïncident avec la loi naturelle - il ne peut y avoir la paix.
L'idée d'une loi naturelle que la raison peut connaître et qui vaut pour tous est exactement l'opposé du relativisme. Et pour qu'il soit clair que le relativisme qu'il cible, et qui fait le plus de dégâts, est celui - qui s'est manifestée précisément dans le laïcisme mexicain et dans le communisme cubain - qui exclut Dieu de la vie de la société et des États, Benoît XVI a répété sur la Place Maceo à Santiago de Cuba que Dieu veut faire partie de l'histoire humaine. Lorsque les idéologies l'excluent de cette histoire, ils finissent par construire un monde qui non seulement est hostile à Dieu, mais est hostile à l'homme: «quand Dieu est jeté dehors, le monde se transforme en un lieu inhospitalier pour l'homme». Et aussi, pour les Etats comme pour les individus, il reste vrai que «s'éloigner de Dieu nous éloigne de nous-mêmes et nous précipite dans le vide».
Contre le relativisme, l'Église - aujourd'hui championne d'une raison dans une large mesure occultée, et pas seulement de la foi - propose la loi naturelle, qui fonde les droits de la personne humaine, à commencer par le droit à la vie et le droit à la liberté religieuse. Au Mexique, le pape a lancé bien haut le cri des Cristeros, un cri interdit et même expulsé des manuels scolaires, quand il a rappelé, ému : «Tant de martyrs qui, au cri de "Vive le Christ Roi et Marie de Guadalupe", ont donné un témoignage ferme de fidélité à l'évangile et de don à l'Église»." Et Léon, il a voulu visiter le monument au Christ Roi, qui fut détruit en 1926, bombardé par le gouvernement au début de la guerre des Cristeros, et reconstruit en 1940, qu'il a défini comme «lieu emblématique de la foi du peuple mexicain», revenant au thème à lui très cher de la royauté de Jésus-Christ, royauté douce et pacifique, mais qui dans le même temps ne peut pas ne pas être aussi sociale.
En plus des forts appels à Cuba, au Mexique aussi le Pape s'est présenté comme un pèlerin de la liberté religieuse. La loi naturelle, a-t-il dit à son arrivée au Mexique affirme «l'incomparable dignité de toute personne humaine, créée par Dieu, et qu'aucun pouvoir n'a le droit d'oublier ni de déprécier. Cette dignité s'exprime de manière éminente dans le droit fondamental à la liberté religieuse, pris dans son sens authentique et dans sa pleine intégrité».
La liberté religieuse, comme le Pape l'a présentée, ne consiste pas seulement dans liberté de culte. L'Église, a-t-il rappelé à l'aéroport de Silao, doit être libre de témoigner la foi, l'espérance et la charité. Cela implique le droit des fidèles catholiques, qui est aussi politique, à «être un levain dans la société en contribuant à une cohabitation respectueuse et pacifique». Le fléau typiquement mexicain du trafic de drogue, lui aussi, qui a souvent attaqué et même tué des prêtres et des évêques, viole - d'une manière différente des persécutions et discriminations gouvernementales - la liberté religieuse, cherchant à empêcher l'Église d'accomplir sa mission.
Le Pape, donc, n'a pas nié la diplomatie qui, au Mexique, tente de guérir les vieilles blessures et à Cuba prépare une transition très lente, il a célébré ses résultats - tout en les indiquant comme seulement partiels - et, dans les rencontres et dans le ton, il s'est parfois adapté à ses exigences. Mais dans le même temps, il a attaqué les idéologies précisément là où elles ont leurs racines, dans le relativisme qui nie la loi naturelle et dans le totalitarisme qui refuse la pleine liberté religieuse. Et aux évêques, il a rappelé que ces maux se combattent en formant des laïcs fidèles à la doctrine sociale de l'Eglise et des prêtres - sur qui chaque évêque, a-t-il dit, pointant ainsi à la délicate question de la pédophilie, doit exercer une vigilance appropriée - qui ont comme boussole le Catéchisme l'Église catholique, qui est au centre de la prochaine année de la Foi.
Massimo Introvigne
 

Posté le 31 mars 2012 par Abbé JLL


Vie de l'Eglise

La Fraternité Saint-Pie X a jusqu'au 15 avril pour clarifier sa position

 

Le Saint-Siège a donné un mois à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X pour qu'elle éclaircisse sa position. Le directeur du Bureau de presse du Saint Siège l'a indiqué aux journalistes. Une lettre a été adressée au nom du Pape par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité. La réponse de ce dernier au Préambule qui lui avait été remis en septembre dernier est jugée insuffisante pour surmonter les problèmes doctrinaux qui sont à la base de la fracture entre le Saint-Siège et la Fraternité. Pour éviter une rupture ecclésiale aux conséquences douloureuses et incalculables, Mgr Fellay est invité à clarifier sa position d'ici le 15 avril, afin de parvenir à la réduction de la fracture existante, comme l'a souhaité le Pape Benoît XVI.

 

Le Communiqué du Saint-Siège

 

« Au cours de la rencontre du 14 septembre 2011 entre Son Éminence le Cardinal William Levada, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, et Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, un Préambule doctrinal, accompagné d'une Note préliminaire, a été communiqué à ce dernier, comme base fondamentale pour parvenir à la pleine réconciliation avec le Siège Apostolique. Dans ce Préambule étaient énoncés certains principes doctrinaux et critères d'interprétation de la doctrine catholique, nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l'Église et le sentire cum Ecclesia.

La réponse de la Fraternité sacerdotale saint Pie X à ce Préambule doctrinal, parvenue en janvier 2012, a été soumise à l'examen de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, puis au jugement du Saint-Père. Conformément à la décision du Pape Benoît XVI, l'évaluation de la réponse de S.E. Mgr Fellay lui a été communiquée par lettre remise en ce jour. Cette évaluation fait remarquer que la position qu'il a exprimée n'est pas suffisante pour surmonter les problèmes doctrinaux qui sont à la base de la fracture entre le Saint-Siège et ladite Fraternité.

Au terme de la rencontre de ce jour, dans le souci d'éviter une rupture ecclésiale aux conséquences douloureuses et incalculables, le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X a été invité à bien vouloir clarifier sa position, afin de parvenir à la réduction de la fracture existante, comme l'a souhaité le Pape Benoît XVI. »

 

 

Le carême, pour « se tourner avec foi » vers la Croix du Christ

 

ROME, dimanche 18 mars 2012- Pendant ce carême, Benoît XVI invite à « se tourner avec foi » vers la Croix du Christ, « sommet de l'amour ».

En ce quatrième dimanche de carême, le pape a en effet présidé la prière de l'angélus, de la fenêtre de son bureau qui donne place Saint-Pierre, ce 18 mars 2012. Des milliers de visiteurs étaient présents sous le soleil, et la prière était retransmise en direct à la télévision et à la radio. Le pape a commenté l'Evangile du jour, faisant ressortir l'aspect salvifique de la Croix du Christ. Il a ensuite lancé un appel à prier pour son très prochain voyage au Mexique et à Cuba.

 

Paroles de Benoît XVI en italien avant l'angélus :

 

Chers frères et sœurs,

Dans notre chemin vers Pâques, nous sommes parvenus au quatrième dimanche de carême. C'est un chemin avec Jésus, à travers le «désert», c'est-à-dire un temps durant lequel il faut écouter davantage la voix de Dieu et également démasquer les tentations qui s'expriment à l'intérieur de nous. A l'horizon de ce désert, se profile la Croix. Jésus sait qu'elle est le sommet de sa mission : en réalité, la Croix du Christ est le sommet de l'amour, qui nous donne le salut. Il le dit lui-même dans l'Evangile d'aujourd'hui: «De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.» (Jn 3,14-15). Il se réfère à l'épisode durant lequel, pendant l'Exode d'Egypte, les juifs furent attaqués par des serpents venimeux, et beaucoup moururent; Dieu commanda alors à Moïse de fabriquer un serpent de bronze et de le dresser au sommet d'un mât : quand un homme était mordu par le serpent, et qu'il regardait le serpent de bronze, était guéri (Nb 21,4-9). Jésus aussi sera élevé sur la Croix, pour que celui qui est en danger de mort à cause du péché, en se tournant avec foi vers lui, qui est mort pour nous, soit sauvé. «Car Dieu - écrit saint Jean - a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.» (Jn 3,17).

Saint Augustin commente : «Le médecin, en ce qui le concerne, vient pour guérir le malade. Si quelqu'un ne s'en tient pas aux prescriptions du médecin, il se ruine la santé tout seul. Le Sauveur est venu dans le monde ... Si tu ne veux pas être sauvé par lui, tu te jugeras toi-même» (Sur l'Evangile de saint Jean, 12, 12: PL 35, 1190). Donc, si l'amour miséricordieux de Dieu, qui est allé jusqu'à donner son Fils unique en rançon pour notre vie, est infini, notre responsabilité aussi est grande : chacun, en effet, doit reconnaître qu'il est malade, pour pouvoir être guéri; chacun doit confesser son péché, pour que le pardon de Dieu, déjà donné sur la Croix, puisse avoir un effet dans son cœur et dans sa vie. Saint Augustin écrit encore : «Dieu condamne tes péchés; et si toi aussi tu les condamnes, tu t'unis à Dieu ... Quand ce que tu as fait commence à te déplaire, alors commencent tes œuvres bonnes, car tu condamnes tes œuvres mauvaises. Les bonnes œuvres commencent avec la reconnaissance des œuvres mauvaises» (ibid., 13: PL 35, 1191). Parfois l'homme aime davantage les ténèbres que la lumière, parce qu'il est lié à ses péchés. Mais c'est seulement en s'ouvrant à la lumière, et seulement en confessant sincèrement ses fautes à Dieu, que l'on trouve la vraie paix et la vraie joie. Il est important alors de s'approcher avec régularité du sacrement de la pénitence, en particulier durant le Carême, pour recevoir le pardon du Seigneur et accentuer notre chemin de conversion.

Chers amis, demain nous célèbrerons la fête solennelle de saint Joseph. Je remercie de tout mon cœur tous ceux qui auront pour moi une intention dans leur prière, pour le jour de ma fête. Je vous demande de prier en particulier pour le voyage apostolique au Mexique et à Cuba, qui aura lieu à partir de vendredi prochain. Confions-le à l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, tant aimée et vénérée dans ces deux pays que je m'apprête à visiter.

 

Paroles de Benoît XVI en italien après l'angélus :

 

Hier, s'est conclu, à Marseille, le VIe Forum mondial de l'eau, et jeudi prochain on célèbrera la Journée mondiale de l'eau, qui souligne cette année le lien fondamental d'une telle ressource précieuse et limitée avec la sécurité alimentaire. Je souhaite que ces initiatives contribuent à garantir pour tous un accès équitable, sûr et suffisant à l'eau, en promouvant ainsi les droits à la vie et à la nourriture de chaque être humain et une utilisation responsable et solidaire des biens de la terre, au bénéfice des générations présentes et futures.

 

Paroles de Benoît XVI en français après l'angélus :

 

Que ce temps du Carême, chers pèlerins francophones, nous donne de recentrer toute notre vie sur le Christ, qui a pris sur Lui nos souffrances et nos peines. Je Lui confie la douleur des parents belges qui, à cause de l'accident tragique en Suisse, ont perdu leur enfant, et celle de ceux qui se sont vus privés d'un proche. Je les assure de ma proximité et de ma prière. Demain, nous célèbrerons la fête de saint Joseph : puisse le Seigneur, par l'intercession de mon saint patron de baptême, me donner la force de confirmer mes frères et sœurs dans la foi ! Comme saint Joseph, ne craignez pas de prendre Marie chez vous, qu'elle vous montre son Fils, le Christ notre Sauveur ! Que Dieu vous bénisse !

© Libreria Editrice Vaticana - 2012

 

Posté le 22 mars 2012 par Abbé Lefèvre


Nouvelles romaines

PROCESSION PÉNITENTIELLE
DE L'ÉGLISE SAINT-ANSELME
À LA BASILIQUE SAINTE-SABINE SUR L'AVENTIN

MESSE, BÉNÉDICTION ET IMPOSITION DES CENDRES

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique Sainte-Sabine
Mercredi des Cendres, 9 mars 2011

Chers frères et sœurs!

Nous entamons aujourd'hui le temps liturgique du carême avec le rite suggestif de l'imposition des cendres, à travers lequel nous voulons prendre l'engagement de convertir notre cœur vers les horizons de la Grâce. En général, dans l'opinion commune, ce temps a parfois une connotation de tristesse, de grisaille de la vie. En revanche, il est un don précieux de Dieu, c'est un temps fort et dense de significations sur le chemin de l'Eglise, c'est l'itinéraire vers la Pâque du Seigneur. Les lectures bibliques de la célébration de ce jour nous offrent des indications pour vivre en plénitude cette expérience spirituelle.

«Revenez à moi de tout votre cœur» (Jl 2,12). Dans la première lecture, tirée du livre du prophète Joël, nous avons entendu ces paroles par lesquelles Dieu invite le peuple juif à une repentance sincère et non de pure forme. Il ne s'agit pas d'une conversion superficielle et passagère, mais bien d'un itinéraire spirituel qui concerne en profondeur les attitudes de la conscience et suppose une intention sincère de repentir. Le prophète s'inspire de la plaie de l'invasion des sauterelles qui s'était abattue sur le peuple en détruisant les récoltes, pour inviter à une pénitence intérieure, à se lacérer le cœur et non les vêtements (cf. 2, 13). Il s'agit donc de mettre en œuvre une attitude de conversion authentique à Dieu - revenir à Lui -, en reconnaissant sa sainteté, sa puissance, sa majesté. Et cette conversion est possible parce que Dieu est riche en miséricorde et grand dans l'amour. Sa miséricorde est régénératrice, elle crée en nous un cœur pur, renouvelle intimement un esprit ferme, en nous restituant la joie du salut (cf. Ps 50, 14). Dieu, en effet, - comme dit le prophète - ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et vive (cf. Ez 33, 11). Le prophète Joël ordonne, au nom du Seigneur, que se crée une atmosphère pénitentielle propice: il faut sonner du cor, convoquer l'assemblée, réveiller les consciences. Le temps quadragésimal nous propose ce contexte liturgique et pénitentiel, un chemin de quarante jours au cours desquels faire l'expérience de manière concrète de l'amour miséricordieux de Dieu. Aujourd'hui retentit pour nous l'appel «Revenez à moi de tout votre cœur»; aujourd'hui, c'est nous qui sommes appelés à convertir notre cœur à Dieu, toujours conscients de ne pas pouvoir réaliser notre conversion seuls, avec nos forces, parce que c'est Dieu qui nous convertit. Il nous offre encore son pardon, en nous invitant à revenir à Lui pour nous donner un cœur nouveau, purifié du mal qui l'opprime, pour nous faire prendre part à sa joie. Notre monde a besoin d'être converti par Dieu, il a besoin de son pardon, de son amour, il a besoin d'un cœur nouveau.

«Laissez-vous réconcilier avec Dieu» (2 Co 5, 20). Dans la deuxième lecture, saint Paul nous offre un autre élément sur le chemin de la conversion. L'apôtre nous invite à détourner notre regard de lui et à tourner en revanche notre attention sur celui qui l'a envoyé et sur le contenu du message qu'il apporte: «Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu» (ibid.). Un ambassadeur répète ce qu'il a entendu prononcer par son Seigneur et parle avec l'autorité qu'il a reçue et dans ses limites. Celui qui exerce la fonction d'ambassadeur ne doit pas attirer l'intérêt sur lui-même, mais il doit se mettre au service du message à transmettre et de celui qui l'a envoyé. C'est ainsi qu'agit saint Paul en exerçant son ministère de prédicateur de la Parole de Dieu et d'apôtre de Jésus Christ. Il ne recule pas devant la tâche reçue, mais il l'accomplit avec un dévouement total, en invitant à s'ouvrir à la grâce, à laisser Dieu nous convertir: «Et puisque nous travaillons avec lui - écrit-il - nous vous invitons à ne pas laisser sans effets la grâce reçue de Dieu» (2 Co 6, 1). «Or l'appel du Christ à la conversion - nous dit le Catéchisme de l'Eglise catholique - continue à retentir dans la vie des chrétiens. [...] C'est une tâche ininterrompue pour toute l'Eglise qui "enferme des pécheurs dans son propre sein" et qui "est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement". Cet effort de conversion n'est pas seulement une œuvre humaine. Il est le mouvement du "cœur contrit" (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce à répondre à l'amour miséricordieux de Dieu qui nous aimés le premier» (n. 1428). Saint Paul s'adresse aux chrétiens de Corinthe mais, à travers eux, il entend s'adresser à tous les hommes. Tous ont en effet besoin de la grâce de Dieu, qui illumine l'esprit et le cœur. Et l'apôtre presse: «Or, c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut» (2 Co 6, 2). Tous peuvent s'ouvrir à l'action de Dieu, à son amour; à travers notre témoignage évangélique, nous, chrétiens, devons être un message vivant; dans de nombreux cas, nous sommes même l'unique Evangile que les hommes d'aujourd'hui lisent encore. Voilà notre responsabilité sur les traces de saint Paul, voilà un motif de plus pour bien vivre le carême: offrir le témoignage de la foi vécue à un monde en difficulté qui a besoin de revenir à Dieu, qui a besoin de conversion.

«Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux» (Mt 6, 1). Dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus relit les trois œuvres fondamentales de piété prévues par la loi de Moïse. L'aumône, la prière et le jeûne caractérisent le juif qui observe la loi. Au fil du temps, ces prescriptions avaient été érodées par la rouille du formalisme extérieur, ou encore, elles s'étaient transformées en un signe de supériorité. Jésus met en évidence dans ces trois œuvres de piété une tentation commune. Lorsque l'on accomplit quelque chose de bon, presque instinctivement naît le désir d'être estimé et admiré pour la bonne action, c'est-à-dire d'avoir une satisfaction. Et cela, d'une part, conduit au repli sur soi, et, de l'autre, à aller au dehors de soi, car l'on vit projeté vers ce que les autres pensent de nous et admirent en nous. En reproposant ces prescriptions, le Seigneur Jésus ne demande pas le respect formel d'une loi étrangère à l'homme, imposée par un législateur sévère comme un lourd fardeau, mais invite à redécouvrir ces trois œuvres de piété en les vivant de façon plus profonde, non pas par amour propre, mais par amour de Dieu, comme moyens sur le chemin de conversion à Lui. Aumône, prière et jeûne: tel est l'itinéraire de la pédagogie divine qui nous accompagne, non seulement au cours du carême, vers la rencontre avec le Seigneur Ressuscité; un itinéraire qu'il faut parcourir sans ostentation, dans la certitude que le Père céleste sait lire et voir également dans le secret de notre cœur.

Chers frères et sœurs, commençons confiants et joyeux l'itinéraire du carême. Quarante jours nous séparent de Pâques; ce temps «fort» de l'année liturgique est un temps propice qui nous est donné pour parvenir, avec un engagé accru, à notre conversion, pour intensifier l'écoute de la Parole de Dieu, la prière et la pénitence, en ouvrant le cœur à l'accueil docile de la volonté divine, en vue d'une pratique plus généreuse du sacrifice qui permet de porter toujours plus son aide au prochain dans le besoin: un itinéraire spirituel qui nous prépare à revivre le Mystère pascal.

Que Marie, notre guide sur le chemin quadragésimal, nous conduise à une connaissance toujours plus profonde du Christ, mort et ressuscité, qu'elle nous aide dans le combat spirituel contre le péché, qu'elle nous soutienne pour invoquer avec force: «Converte nos, Deus salutaris noster», - Convertis-nous à Toi, ô Dieu, notre salut». Amen!

 

Posté le 05 mars 2012 par Abbé Levèvre


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