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Le Bulletin de la semaine

    Le bulletin de la semaine

 

"Chemins d'Espérance"

Un dimanche avec la Fraternité St Pierre à Fontainebleau...

 

Voici un article à paraître dans le prochain numéro du journal de notre diocèse « Chemins d'espérance »

 

Depuis bientôt vingt quatre ans, d'abord à la chapelle du Carmel de Fontainebleau puis à la chapelle de la Visitation à Meaux, Mgr Cornet, puis Mgr de Monléon ont répondu favorablement à la demande des papes Jean-Paul II et Benoît XVI encourageant la célébration de la messe et des sacrements suivant l'ancienne forme latine et grégorienne de la liturgie romaine (missel du Bx. Jean XXIII de 1962). Ainsi la Fraternité Saint-Pierre érigée en société de vie apostolique de droit pontifical, a reçu dès 1988,  le soin de faire vivre dans notre diocèse la « forme extraordinaire du Rite Romain ».

Une des caractéristiques du pôle missionnaire de Fontainebleau, c'est non seulement la richesse en prêtre, mais aussi la diversité des communautés qui le compose. C'est une grande grâce de pouvoir vivre cette diversité des charismes dans l'unité et la charité. Après vingt quatre années de présence dans le diocèse, la Fraternité Saint Pierre est habituée à travailler en collaboration fraternelle avec l'équipe des prêtres du pôle missionnaire. La spécificité «rituelle» de la Fraternité donne l'occasion à beaucoup, de découvrir (ou redécouvrir) les richesses de la liturgie latine et l'intérêt croissant qu'elles suscitent nous encourage à participer pleinement par ce moyen à la nouvelle évangélisation.

 A Fontainebleau chacun connaît l'ancienne chapelle des carmélites, dédiée au Sacré-Cœur de Jésus, mais qui a toujours gardé son appellation de «Chapelle du carmel» en souvenir des religieuses installées aujourd'hui à Forges. Cette belle et grande chapelle, sobre et lumineuse, a été construite à la fin du XIXème s., tout près du carrefour des Maréchaux, à l'entrée de la ville impériale. De l'extérieur, rien de très frappant, si vous passez un dimanche matin : les gens se pressent, nombreux, toutes sortes de gens. Certains arrivent bien en retard (mais ils viennent parfois de loin !) ; des familles nombreuses, assez jeunes il est vrai ; des collégiens et lycéens, qui se retrouvent sur le parvis mais se connaissent déjà bien par l'école, le scoutisme ou le caté du vendredi soir, ou encore le mercredi pour les plus jeunes ; quelques personnes âgées aussi, discrètes et sympathiques... Ceux qui arrivent en avance pour la Grand-Messe grégorienne de 10h croisent ceux, matinaux, qui ont déjà participé à la première Messe basse de 8h30.

Dans l'église, la messe se prépare... Déjà montent déjà vers le Ciel la litanie des "Je vous salue Marie" du chapelet ; le chœur grégorien s'essaye en faisant résonner sous les voûtes de belles et antiques mélodies grégoriennes. À la tribune, la chorale polyphonique range ses partitions, et quelques mamans valeureuses et patientes habillent de soutanelles rouges et de surplis blancs les garçons qui serviront la Grand-Messe. Les plus âgés d'entre eux seront heureux et fiers, tout à l'heure, de porter qui l'encensoir, qui la croix, ou de pouvoir comme cérémoniaire veiller à ce que la cérémonie soit belle et priante et se déroule le plus harmonieusement possible. Dans la sacristie, l'abbé Jean-Laurent Lefèvre, chapelain de notre communauté, est en train de revêtir les ornements avant de monter à l'autel. Il porte sur les épaules un très bel ornement richement brodé. La beauté de ces vêtements liturgiques, du chant sacré, et le soin apporté à la célébration de la messe, sont comme un catéchisme vivant pour tous, petits et grands. On aperçoit parfois de jeunes séminaristes, de passage dans leurs familles pour les vacances. Leur soutane et leur sourire sont un beau et courageux témoignage dans notre monde d'aujourd'hui.

Dix heures... la cloche de la sacristie résonne, et la procession s'ébranle. Un jeune diacre en stage encourage délicatement les garçons à s'avancer vers l'autel de Dieu. Il les connaît bien ces enfants, plusieurs d'entre eux sont à l'Ecole du Saint-Enfant Jésus, à Bois-le-Roi, une petite école primaire soutenue activement par notre communauté et par la Fraternité Saint Pierre.  « Tout ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens, c'est à Moi que vous le ferez », a dit Jésus !

Au fond de l'église, une longue file d'attente déjà s'est formée devant le confessionnal, d'où une lumière discrète signale qu'ici, un prêtre attend pour donner le pardon des péchés. L'écriteau indique que c'est l'Abbé Pierre-Marie Després qui confesse aujourd'hui. Il fait lui aussi partie de la Fraternité Saint-Pierre et exerce son premier ministère à Fontainebleau depuis son Ordination, en 2010.  Il entendra les confessions durant toute la Messe. Il ne se lèvera que pour faire chanter la petite chorale d'enfants : un beau chant à Marie, à deux voix : "Stella splendens" - "étoile resplendissante" ! Entendre chanter en latin ces voix claires et sûres, tandis que les parfums de l'encens font monter nos prières plus haut, quoi de plus beau ? On sent bien que « la Messe, c'est le Ciel sur la terre » !

 Puis «Ite Missa est» - La messe se termine, mais la mission commence ! Chacun repart le cœur  rempli et fortifié pour mieux annoncer Jésus-Christ dans le monde. Bref, c'est ainsi que se déroule un dimanche au "Carmel" de Fontainebleau avec la Fraternité Saint Pierre...

 

Posté le 19 fevrier 2012 par Bref,


Lettre pastorale

Lettre pastorale de S.Exc. Mgr Albert-Marie de Monléon

Evêque de Meaux

 

LA VIE RELIGIEUSE DANS LE MYSTÈRE CHRÉTIEN

 

Avant de souffrir sa Passion, Jésus, dans son grand enseignement (Jn 14-17), nous révèle quelque chose des profondeurs de la vie divine. Jésus dit à Thomas : "Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en Moi ?" (Jn 14,10).

Par le baptême, tous, nous avons accès à la vie divine, mais la vie religieuse, enracinée dans le baptême, est un appel à se donner plus radicalement, sous l'impulsion de l'Esprit Saint, à cette mutuelle présence du Père et du Fils.

Le Christ, dans sa gloire, comme dans son abaissement et sa Passion, est l'Icône du Père c'est-à-dire l'expression parfaite de la surabondance de la vie divine en sa source, le Père. Le Fils reçoit du Père, qui demeure en Lui, la profondeur éternelle et infinie de son Amour, la plénitude de son Être, la surabondance de sa Vie.

"Je suis dans le Père et le Père est en moi" (Jn 14,10). Jésus se reçoit totalement du Père et se donne totalement à nous, et c'est cela la vie éternelle. La contemplation du visage de gloire du Christ et de sa Face douloureuse en sa Passion nous révèle le Père.

"La vie éternelle c'est de te connaître, Toi, le seul vrai Dieu et ton envoyé Jésus Christ" (Jn 17,3). La vie consacrée c'est prendre des moyens plus radicaux pour accueillir cette vie éternelle donnée par le Père en Jésus. Par la profession des conseils évangéliques de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, la personne s'engage à suivre le Christ, de plus près, pour voir et reconnaître en Lui le Visage du Père qui nous a aimés le premier. S'engager dans la vie religieuse ou dans la vie consacrée c'est donc faire l'offrande de sa vie afin que le Père soit glorifié dans le Fils. La vie religieuse est, sur le modèle de la vie donnée de Jésus se recevant du Père, le don inconditionnel de soi-même dans une vie chaste, pauvre et obéissante. Dans la vie religieuse, ce don de soi-même au Père, par Jésus et à son image, en réponse au Don de Dieu, s'accomplit dans l'Esprit Saint qui consacre l'offrande de nos vies.

Dans l'Église, la vie religieuse, la vie consacrée sont un Don des Personnes divines et s'accomplissent en elles. Ainsi, la vie religieuse est dans l'Église et dans le monde une trace du mystère Trinitaire. Les trois vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance qui consacrent la vie religieuse ont, comme celle-ci, leur origine dans la Trinité.

"Celui qui m'a vu a vu le Père", dit Jésus (Jn 14,9). La vie religieuse c'est s'efforcer de voir le Père, en Jésus, dans la lumière de l'Esprit Saint. Voir le Père dans le Fils, c'est leur donner sans partage le cœur et le corps d'une vie chaste.

"Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu" (Mt 5, 8). C'est dans le très pur Esprit Saint que l'on peut voir Dieu.

Dans l'austère pauvreté on confesse que Dieu est l'Unique, la véritable et ultime richesse de l'homme comme chacune des Personnes divines l'est pour les deux autres. La pauvreté a sa source et son image dans le Don total et sans retour de toute la richesse de son Être, de toute sa Plénitude que le Père fait au Fils.

La dépendance filiale du Fils à l'égard du Père nous enseigne l'obéissance, et la liberté, la responsabilité, la joie que l'on retire du total abandon au Père.

La vie religieuse accomplit tout cela dans la foi au Christ qui nous a aimés et s'est livré pour nous (cf. Ga 2,20). Dans les vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté s'accomplissent l'œuvre, les œuvres du Fils : "Celui qui croit en moi accomplit les mêmes œuvres que moi" (Jn 14,10). Par là, la vie religieuse est un témoignage de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit dans le monde. Elle est un rappel discret mais constant que l'homme est fait pour cette vie divine, pour la vie.

 

+ Fr. Albert-Marie de Monléon,o.p. Évêque de Meaux

Posté le 19 fevrier 2012 par Mgr de Monléon


Nouvelles d'Eglise

MAGISTERE ET TRADITION

Mgr Fellay a fait savoir qu'il avait répondu au « préambule doctrinal » proposé par le Saint-Siège. Dans ce contexte, l'abbé Jean-Michel Gleize, de la Fraternité Saint-Pie X, a répondu récemment à un article de Mgr Fernando Ocariz (1). Dans notre désir de voir une heureuse issue à tous ces échanges, nous proposons cette contribution à la réflexion.
Les membres de la Fraternité Saint-Pie-X veulent aimer l'Église. C'est indubitable. Personne ne peut raisonnablement mettre en cause ce désir qui est le leur et qu'ils manifestent clairement. La peine qu'ils éprouvent à la vue du « champ de l'Église » (1 Co 3, 9) dans lequel se trouve tant d'ivraie, est proportionnelle à leur volonté d'aimer et de servir le Corps mystique du Christ (Co 1, 18). Les rapports existant entre Tradition et Magistère. Tradition et Magistère ne peuvent pas s'opposer. Le Magistère expose ce qui appartient à la Tradition (son contenu objectif). À titre d'illustration, prenons un exemple : le dogme de l'Immaculée conception n'a pas été cru « toujours, partout et par tous » (cf. saint Vincent de Lérins). Fort heureusement, le Magistère de l'Église a pu montrer malgré tout que cette doctrine était contenue dans le dépôt révélé, et donc qu'elle appartenait à la Tradition (à titre de vérité de foi). Par le Magistère, avec le temps et la grâce de Dieu, le dépôt de la foi ne change pas, mais la compréhension du dépôt, et donc du contenu de la Tradition, se fait plus profonde, plus large. En ce sens, la Tradition peut être dite « vivante ». Non pas dans le sens qu'elle change dans son contenu, mais qu'elle se déploie fidèlement sous la conduite du Magistère de l'Église catholique romaine. Car il existe bel et bien un « désenveloppement » du dogme (cardinal Journet), une progression dans la compréhension du contenu du dépôt révélé sous la conduite du Magistère de l'Église. Tout est contenu dans la graine de la fleur (comme toute la révélation est close à la mort du dernier Apôtre) mais, au fil du temps, toutes ses potentialités se manifestent (ainsi tout le contenu de la Tradition s'explicite sous la conduite du Magistère de l'Église). Le critère de saint Vincent de Lérins (« toujours, partout et par tous ») est donc une condition suffisante, mais non une condition nécessaire, de Tradition.
Peut-on opposer « Tradition vivante ou subjective » - entendue comme « la Tradition telle qu'elle est enseignée par le sujet-Église » - et « Tradition objective » - entendue comme « le contenu de la Tradition » (1) ? La réponse est : « Non ». Cette opposition n'a aucun sens, car il s'agit des deux aspects de la même Tradition : la transmission du donné, d'une part, et le donné transmis, d'autre part. La « Tradition objective » est portée et exprimée par la « Tradition vivante ou subjective ». Ici d'ailleurs, la « Tradition vivante ou subjective » a pour organe principal le « Magistère de l'Église ». De ce fait, Tradition et Magistère ne peuvent se contredire. Aucune de ces deux réalités ne peut exister sans l'autre. Elles sont inséparables. Le Magistère est au service de la Tradition. Il est le principal chaînon actuel de la Tradition. Juger le Magistère ? Une personne privée peut-elle se faire le juge de ce qui appartient à la Tradition ou ne lui appartient pas ? La réponse catholique est : « Non ». On le sait, à cette question, Luther répondait : « Oui ».
C'est pour éviter que nous soyons réduits au « libre examen » que Notre-Seigneur a doté son unique Eglise d'un Magistère ordinaire et extraordinaire infaillible. Pour nous éviter d'être condamnés à un perpétuel subjectivisme, l'Esprit Saint nous garantit l'objectivité de la fidélité à la Tradition par le Magistère de l'Église. En effet, l'interprétation authentique du dépôt de la foi appartient au seul Magistère vivant de l'Église (2), c'est-à-dire au Successeur de Pierre, et aux évêques en communion avec lui.
L'assistance promise à l'Église dure toujours. L'Esprit Saint ne déserte pas l'Église. Il en est l'âme. Il la vivifie et l'éclaire dans son chemin sur la terre. C'est en vertu de cette assistance de l'Esprit Saint auprès de Pierre et des apôtres que Jésus peut dire : « Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; or celui qui me rejette, rejette celui qui m'a envoyé » (Lc 10, 16). Or ce verset s'applique aussi au magistère ordinaire, nous a dit le vénérable Pie XII (cf. Humani generis). La liturgie de l'Église exprime cette certitude de foi en disant dans la préface de la messe des apôtres : « Père éternel, vous n'abandonnez pas votre troupeau, mais vous le gardez par vos bienheureux apôtres sous votre constante protection. Vous le dirigez encore par ces mêmes pasteurs qui continuent aujourd'hui l'œuvre de votre Fils ».
«Ubi Petrus, ibi Ecclesia ». Cet adage de saint Ambroise de Milan est éminemment traditionnel et il résume bien la foi catholique dans le caractère pétrinien de l'unique Eglise du Christ. Ainsi, personne ne peut rester fidèle à la Tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l'apôtre Pierre, a confié le ministère de l'unité dans son Eglise (cf. Mt 16, 18 ; Lc 10, 16). Aujourd'hui cette personne est le pape Benoît XVI. À ce sujet, le concile Vatican I est très clair : « Nous enseignons et déclarons que l'Église romaine, par disposition du Seigneur, possède sur toutes les autres une primauté de pouvoir ordinaire et que ce pouvoir de juridiction du pontife romain, qui est vraiment épiscopal, est immédiat. Les pasteurs de tous rites et de tous rangs ainsi que les fidèles, tant chacun séparément que tous ensemble, sont tenus au devoir de subordination hiérarchique et de vraie obéissance, non seulement dans les questions qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui touchent à la discipline et au gouvernement de l'Église répandue dans le monde entier ; de telle manière que, en gardant l'unité de communion et de profession de foi avec le pontife romain, l'Église est un seul troupeau sous un seul pasteur suprême (Jn 10, 16). Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s'écarter sans danger pour la foi et le salut » (Constitution Pastor æternus, chap. 3).
L'exemple lumineux de sainte Jeanne d'Arc. Aujourd'hui, « il y a grande pitié » dans l'Église qui est en France. Mais nous ne pouvons pas attendre que le champ de l'Église ne soit composé que de bon grain pour y travailler en pleine communion hiérarchique avec le successeur de Pierre actuellement régnant. L'Église est sainte mais remplie de pécheurs hier, aujourd'hui et demain, jusqu'au jugement dernier. La « sainte de la Patrie » a dit à ses juges : « De Jésus-Christ et de l'Église, il m'est avis que c'est tout un, et qu'il n'en faut pas faire difficulté » et c'est lorsqu'elle protesta de son attachement, de sa soumission et de son obéissance au pape qu'elle déclara : « Messire Dieu premier servi ! » L'évêque Cauchon, malgré son indignité personnelle, n'a jamais empêché le pape d'être pape et de conduire fidèlement l'Église de Dieu grâce à l'assistance du Saint Esprit. C'est la raison pour laquelle Jeanne ne s'est pas séparée de Rome sous prétexte qu'elle était confrontée à un évêque inique et perverti, entouré par une clique de clercs vendus à l'ennemi.
Foi et Espérance en Dieu. Dans sa lettre aux évêques accompagnant son motu proprio Summorum Pontificum de 2007, le pape Benoît XVI écrivait : « Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde épître aux Corinthiens, où saint Paul écrit : "Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens ; notre cœur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous ; c'est dans vos cœurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour ; [...] ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi !" (2 Co 611-13) ». Que notre prière continue à monter vers le ciel afin que les cœurs s'ouvrent, que la foi théologale en ce grand mystère qu'est l'Église triomphe. « Credo Ecclesiam, unam, sanctam, catholicam et apostolicam ». « Les portes de l'enfer ne prévaudront pas sur elle » (Mt 16, 18). Ne rêvons pas d'une Eglise sans microbes et sans maladies agissant en ses membres. Regardons-la avec les yeux de la foi et de l'espérance théologales. « Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place » (Benoît XVI).
M. L'abbé Laurent Spriet dans « La Nef » N°234 de février 2012

 (1) Cf. Abbé Jean-Michel Gleize, in Le Courrier de Rome n°350 de décembre 2011, réponse à un article, paru dans l'Osservatore Romano, de Mgr Fernando Ocariz, l'un des experts nommés par Rome qui a participé aux discussions doctrinales avec la Fraternité Saint-Pie X.
(2) Encyclique Humani generis de Pie XII : « Ceux qui sont séparés de la véritable Eglise se plaignent souvent, et publiquement, de leur désaccord en matière dogmatique au point d'avouer, comme malgré eux, la nécessité d'un magistère vivant. [...] Ce magistère, en matière de foi et de mœurs, doit être pour tout théologien la règle prochaine et universelle de vérité, puisque le Seigneur Christ lui a confié le dépôt de la foi - les Saintes Écritures et la divine Tradition - pour le conserver, le défendre et l'interpréter. [...] Dieu a donné à son Eglise, en même temps que les sources sacrées, un magistère vivant pour éclairer et pour dégager ce qui n'est contenu qu'obscurément et comme implicitement dans le dépôt de la foi. Et ce dépôt, ce n'est ni à chaque fidèle, ni même aux théologiens que le Christ l'a confié pour en assurer l'interprétation authentique, mais au seul magistère de l'Église. »

MESSAGE DE S.E. MGR. MARC AILLET

Les chrétiens persécutés nous sont chers comme la prunelle de nos yeux. En première ligne, ils sont le témoignage vivant de la fidélité du Christ à laquelle ils répondent généreusement par un attachement sans faille. Les chrétiens de France ont tant à recevoir de leur exemple et de leur courage. Aussi, nous devons faire notre maximum pour les aider et les défendre face aux idéologies religieuses et athées qui les menacent en tant d'endroits du globe : Irak, Egypte, Liban, Corée du Nord, Syrie, Chine, Pakistan, Vietnam, Nigeria, Soudan, ... Si nous savons les soutenir, nous pourrons, nous aussi demeurer fidèles à notre foi dans nos pays de vieille chrétienté.
Que notre prière et notre action n'aient de cesse, car il en va de la civilisation de l'amour. A tous les participants à la grande veillée de solidarité et de prière avec les chrétiens persécutés qui se tiendra le 8 février 2012, je viens apporter mon soutien et ma bénédiction.
O Crux ave, spes unica !
+ Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron

UN EXORCISME PRATIQUE PAR S.S. BENOIT XVI

Dans un livre à paraître en Italie, co-écrit avec le vaticaniste Paolo Rodari, don Amorth, le prêtre exorciste de la cité du Vatican, dont les livres ont aussi été publiés en France, raconte un rite d'exorcisme pratiqué par le Saint-Père au cours d'une audience générale en mai 2009 :

"C'est mercredi, jour de l'audience générale. Les fidèles sont venus de partout dans le monde. Du fond de la place arrive un groupe de quatre personnes. Deux femmes et deux jeunes hommes. Les femmes sont deux de mes assistantes. Elles m'aident au cours des exorcismes, prient pour moi et pour les possédés, et les assistent autant que possible, dans leur long et difficile chemin de libération. Les deux jeunes hommes sont deux possédés. Personne ne le sait. Les seuls à le savoir, ce sont eux et les deux femmes qui les «escortent». Quand sonnent 10 heures, de l'arc des cloches, le portail à côté de la basilique du Vatican, arrive une jeep blanche. Dedans, trois hommes. Un chauffeur, le Pape debout et, assis à ses côtés, son secrétaire privé, Mgr Georg Gänswein. Les deux femmes se tournent vers Giovanni et Marco. Instinctivement, elles les soutiennent par les bras. Tous deux, en effet, commencent à avoir des comportements étranges. Giovanni tremble, et claque des dents. Les deux femmes comprennent que quelqu'un est en train d'agir dans le corps de Giovanni et de Marco. Quelqu'un qui, au fur et à mesure que les minutes passent, se montre de plus en plus agité.

Le pape descend de la jeep et salue les personnes placées dans les premières rangées. Giovanni et Marco, ensemble, commencent à hurler. Ils s'allongent sur le sol en hurlant. Ils hurlent : "Sainteté, sainteté, nous sommes là!" crie au pape l'une des deux femmes qui tente d'attirer son attention. Benoît XVI se tourne, mais ne s'approche pas. Il voit les deux femmes et il voit les deux jeunes hommes par terre criant, tremblant, bavant, hors d'eux. Il voit le regard de haine des deux hommes. Un regard dirigé vers lui. Le pape ne perd pas son calme. Il regarde de loin. Il lève un bras et les bénit tous les quatre. Pour les deux possédés, c'est un choc furieux. Un coup de fouet asséné sur tout le corps. Tant et si bien qu'ils retombent 3 mètres plus loin, claqués au sol. A présent, ils ne crient plus. Mais ils pleurent, pleurent, pleurent. Ils pleurent durant l'audience entière. Puis, quand le Pape s'en va, ils rentrent en eux-mêmes. Ils retournent en eux-mêmes. Et ne se souviennent de rien."
Michel Janva

Posté le 09 fevrier 2012 par Abbé Lefèvre


MESSAGE POUR LE CAREME 2012

MESSAGE DU SAINT-PÈRE
POUR LE CARÊME 2012

« Faisons attention les uns aux autres
pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes »
(He 10, 24)

Frères et sœurs,
Le Carême nous offre encore une fois l'opportunité de réfléchir sur ce qui est au cœur de la vie chrétienne : la charité. En effet, c'est un temps favorable pour renouveler, à l'aide de la Parole de Dieu et des Sacrements, notre itinéraire de foi, aussi bien personnel que communautaire. C'est un cheminement marqué par la prière et le partage, par le silence et le jeûne, dans l'attente de vivre la joie pascale.
Cette année, je désire proposer quelques réflexions à la lumière d'un bref texte biblique tiré de la Lettre aux Hébreux : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (10, 24). Cette phrase fait partie d'une péricope dans laquelle l'écrivain sacré exhorte à faire confiance à Jésus Christ comme Grand prêtre qui nous a obtenu le pardon et l'accès à Dieu. Le fruit de notre accueil du Christ est une vie selon les trois vertus théologales : il s'agit de nous approcher du Seigneur « avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi » (v. 22), de garder indéfectible « la confession de l'espérance » (v. 23) en faisant constamment attention à exercer avec nos frères « la charité et les œuvres bonnes » (v. 24). Pour étayer cette conduite évangélique - est-il également affirmé -, il est important de participer aux rencontres liturgiques et de prière de la communauté, en tenant compte du but eschatologique : la pleine communion en Dieu (v. 25). Je m'arrête sur le verset 24 qui, en quelques mots, offre un enseignement précieux et toujours actuel sur trois aspects de la vie chrétienne : l'attention à l'autre, la réciprocité et la sainteté personnelle.
1.    « Faisons attention » : la responsabilité envers le frère.
Le premier élément est l'invitation à « faire attention » : le verbe grec utilisé est katanoein, qui signifie bien observer, être attentifs, regarder en étant conscient, se rendre compte d'une réalité. Nous le trouvons dans l'Évangile, lorsque Jésus invite les disciples à « observer » les oiseaux du ciel qui, bien qu'ils ne s'inquiètent pas, sont l'objet de l'empressement et de l'attention de la Providence divine (cf. Lc 12, 24), et à « se rendre compte » de la poutre qui se trouve dans leur œil avant de regarder la paille dans l'œil de leur frère (cf. Lc 6, 41). Nous trouvons aussi cet élément dans un autre passage de la même Lettre aux Hébreux, comme invitation à « prêter attention à Jésus » (3, 1), l'apôtre et le grand prêtre de notre foi. Ensuite, le verbe qui ouvre notre exhortation invite à fixer le regard sur l'autre, tout d'abord sur Jésus, et à être attentifs les uns envers les autres, à ne pas se montrer étrangers, indifférents au destin des frères. Souvent, au contraire, l'attitude inverse prédomine : l'indifférence, le désintérêt qui naissent de l'égoïsme dissimulé derrière une apparence de respect pour la « sphère privée ». Aujourd'hui aussi, la voix du Seigneur résonne avec force, appelant chacun de nous à prendre soin de l'autre. Aujourd'hui aussi, Dieu nous demande d'être les « gardiens » de nos frères (cf. Gn 4, 9), d'instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l'autre et à tout son bien. Le grand commandement de l'amour du prochain exige et sollicite d'être conscients d'avoir une responsabilité envers celui qui, comme moi, est une créature et un enfant de Dieu : le fait d'être frères en humanité et, dans bien des cas, aussi dans la foi, doit nous amener à voir dans l'autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur. Si nous cultivons ce regard de fraternité, la solidarité, la justice ainsi que la miséricorde et la compassion jailliront naturellement de notre cœur. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait qu'aujourd'hui le monde souffre surtout d'un manque de fraternité : « Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou dans leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples » (Lett. enc. Populorum progressio [26 mars 1967], n. 66).
L'attention à l'autre comporte que l'on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ses aspects : physique, moral et spirituel. La culture contemporaine semble avoir perdu le sens du bien et du mal, tandis qu'il est nécessaire de répéter avec force que le bien existe et triomphe, parce que Dieu est « le bon, le bienfaisant » (Ps 119, 68). Le bien est ce qui suscite, protège et promeut la vie, la fraternité et la communion. La responsabilité envers le prochain signifie alors vouloir et faire le bien de l'autre, désirant qu'il s'ouvre lui aussi à la logique du bien ; s'intéresser au frère veut dire ouvrir les yeux sur ses nécessités. L'Écriture Sainte met en garde contre le danger d'avoir le cœur endurci par une sorte d'« anesthésie spirituelle » qui rend aveugles aux souffrances des autres. L'évangéliste Luc rapporte deux paraboles de Jésus dans lesquelles sont indiqués deux exemples de cette situation qui peut se créer dans le cœur de l'homme. Dans celle du bon Samaritain, le prêtre et le lévite « passent outre », avec indifférence, devant l'homme dépouillé et roué de coups par les brigands (cf. Lc 10, 30-32), et dans la parabole du mauvais riche, cet homme repu de biens ne s'aperçoit pas de la condition du pauvre Lazare qui meurt de faim devant sa porte (cf. Lc 16, 19). Dans les deux cas, nous avons à faire au contraire du « prêter attention », du regarder avec amour et compassion. Qu'est-ce qui empêche ce regard humain et affectueux envers le frère ? Ce sont souvent la richesse matérielle et la satiété, mais c'est aussi le fait de faire passer avant tout nos intérêts et nos préoccupations personnels. Jamais, nous ne devons nous montrer incapables de « faire preuve de miséricorde » à l'égard de celui qui souffre ; jamais notre cœur ne doit être pris par nos propres intérêts et par nos problèmes au point d'être sourds au cri du pauvre. À l'inverse, c'est l'humilité de cœur et l'expérience personnelle de la souffrance qui peuvent se révéler source d'un éveil intérieur à la compassion et à l'empathie : « Le juste connaît la cause des faibles, le méchant n'a pas l'intelligence de la connaître » (Pr 29, 7). Nous comprenons ainsi la béatitude de « ceux qui sont affligés » (Mt 5, 4), c'est-à-dire de ceux qui sont en mesure de sortir d'eux-mêmes pour se laisser apitoyer par la souffrance des autres. Rencontrer l'autre et ouvrir son cœur à ce dont il a besoin sont une occasion de salut et de béatitude.
« Prêter attention » au frère comporte aussi la sollicitude pour son bien spirituel. Je désirer appeler ici un aspect de la vie chrétienne qui me semble être tombé en désuétude : la correction fraternelle en vue du salut éternel. En général, aujourd'hui, on est très sensible au thème des soins et de la charité à prodiguer pour le bien physique et matériel des autres, mais on ne parle pour ainsi dire pas de notre responsabilité spirituelle envers les frères. Il n'en est pas ainsi dans l'Église des premiers temps, ni dans les communautés vraiment mûres dans leur foi, où on se soucie non seulement de la santé corporelle du frère, mais aussi de celle de son âme en vue de son destin ultime. Dans l'Écriture Sainte, nous lisons : « Reprends le sage, il t'aimera. Donne au sage : il deviendra plus sage encore ; instruis le juste, il accroîtra son acquis » (Pr 9, 8s). Le Christ lui-même nous commande de reprendre le frère qui commet un péché (cf. Mt 18, 15). Le verbe utilisé pour définir la correction fraternelle - elenchein - est le même que celui qui indique la mission prophétique de la dénonciation propre aux chrétiens envers une génération qui s'adonne au mal (cf. Ep 5, 11). La tradition de l'Église a compté parmi les œuvres de miséricorde spirituelle celle d'« admonester les pécheurs ». Il est important de récupérer cette dimension de la charité chrétienne. Il ne faut pas se taire face au mal. Je pense ici à l'attitude de ces chrétiens qui, par respect humain ou par simple commodité, s'adaptent à la mentalité commune au lieu de mettre en garde leurs frères contre des manières de penser et d'agir qui sont contraires à la vérité, et ne suivent pas le chemin du bien. Toutefois le reproche chrétien n'est jamais fait dans un esprit de condamnation ou de récrimination. Il est toujours animée par l'amour et par la miséricorde et il naît de la véritable sollicitude pour le bien du frère. L'apôtre Paul affirme : « Dans le cas où quelqu'un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien, toi aussi être tenté » (Ga 6, 1). Dans notre monde imprégné d'individualisme, il est nécessaire de redécouvrir l'importance de la correction fraternelle, pour marcher ensemble vers la sainteté. Même « le juste tombe sept fois » (Pr 24, 16) dit l'Écriture, et nous sommes tous faibles et imparfaits (cf. 1 Jn 1, 8). Il est donc très utile d'aider et de se laisser aider à jeter un regard vrai sur soi-même pour améliorer sa propre vie et marcher avec plus de rectitude sur la voie du Seigneur. Nous avons toujours besoin d'un regard qui aime et corrige, qui connaît et reconnaît, qui discerne et pardonne (cf. Lc 22, 61), comme Dieu l'a fait et le fait avec chacun de nous.
2.    « Les uns aux autres » : le don de la réciprocité.
Cette « garde » des autres contraste avec une mentalité qui, réduisant la vie à sa seule dimension terrestre, ne la considère pas dans une perspective eschatologique et accepte n'importe quel choix moral au nom de la liberté individuelle. Une société comme la société actuelle peut devenir sourde aux souffrances physiques comme aux exigences spirituelles et morales de la vie. Il ne doit pas en être ainsi dans la communauté chrétienne ! L'apôtre Paul invite à chercher ce qui « favorise la paix et l'édification mutuelle » (Rm 14, 19), en plaisant « à son prochain pour le bien, en vue d'édifier » (Ibid. 15, 2), ne recherchant pas son propre intérêt, « mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés » (1 Co 10, 33). Cette correction réciproque et cette exhortation, dans un esprit d'humilité et de charité, doivent faire partie de la vie de la communauté chrétienne.
Les disciples du Seigneur, unis au Christ par l'Eucharistie, vivent dans une communion qui les lie les uns aux autres comme membres d'un seul corps. Cela veut dire que l'autre m'est uni de manière particulière, sa vie, son salut, concernent ma vie et mon salut. Nous abordons ici un élément très profond de la communion : notre existence est liée à celle des autres, dans le bien comme dans le mal ; le péché comme les œuvres d'amour ont aussi une dimension sociale. Dans l'Église, corps mystique du Christ, cette réciprocité se vérifie : la communauté ne cesse de faire pénitence et d'invoquer le pardon des péchés de ses enfants, mais elle se réjouit aussi constamment et exulte pour les témoignages de vertu et de charité qui adviennent en son sein. « Que les membres se témoignent une mutuelle sollicitude » (cf. 1 Co 12, 25), affirme Saint Paul, afin qu'ils soient un même corps. La charité envers les frères, dont l'aumône - une pratique caractéristique du carême avec la prière et le jeûne - est une expression, s'enracine dans cette appartenance commune. En se souciant concrètement des plus pauvres, le chrétien peut exprimer sa participation à l'unique corps qu'est l'Église. Faire attention aux autres dans la réciprocité c'est aussi reconnaître le bien que le Seigneur accomplit en eux et le remercier avec eux des prodiges de grâce que le Dieu bon et tout-puissant continue de réaliser dans ses enfants. Quand un chrétien perçoit dans l'autre l'action du Saint Esprit, il ne peut que s'en réjouir et rendre gloire au Père céleste (cf. Mt 5, 16).
3.    « pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » : marcher ensemble dans la sainteté.
Cette expression de la Lettre aux Hébreux (10, 24), nous pousse à considérer l'appel universel à la sainteté, le cheminement constant dans la vie spirituelle à aspirer aux charismes les plus grands et à une charité toujours plus élevée et plus féconde (cf. 1 Co 12, 31-13, 13). L'attention réciproque a pour but de nous encourager mutuellement à un amour effectif toujours plus grand, « comme la lumière de l'aube, dont l'éclat grandit jusqu'au plein jour » (Pr 4, 18), dans l'attente de vivre le jour sans fin en Dieu. Le temps qui nous est accordé durant notre vie est précieux pour découvrir et accomplir les œuvres de bien, dans l'amour de Dieu. De cette manière, l'Église elle-même grandit et se développe pour parvenir à la pleine maturité du Christ (cf. Ep 4, 13). C'est dans cette perspective dynamique de croissance que se situe notre exhortation à nous stimuler réciproquement pour parvenir à la plénitude de l'amour et des œuvres bonnes.
Malheureusement, la tentation de la tiédeur, de l'asphyxie de l'Esprit, du refus d'« exploiter les talents » qui nous sont donnés pour notre bien et celui des autres (cf. Mt 25, 25s) demeure. Nous avons tous reçu des richesses spirituelles ou matérielles utiles à l'accomplissement du plan divin, pour le bien de l'Église et pour notre salut personnel (cf. Lc 12, 21b ; 1 Tm 6, 18). Les maîtres spirituels rappellent que dans la vie de la foi celui qui n'avance pas recule. Chers frères et sœurs, accueillons l'invitation toujours actuelle à tendre au « haut degré de la vie chrétienne » (Jean-Paul II, Lett. ap. Novo millennio ineunte [6 janvier 2001], n. 31). En reconnaissant et en proclamant la béatitude et la sainteté de quelques chrétiens exemplaires, la sagesse de l'Église a aussi pour but de susciter le désir d'en imiter les vertus. Saint Paul exhorte : « rivalisez d'estime réciproque » (Rm 12, 10).
Face à un monde qui exige des chrétiens un témoignage renouvelé d'amour et de fidélité au Seigneur, tous sentent l'urgence de tout faire pour rivaliser dans la charité, dans le service et dans les œuvres bonnes (cf. He 6, 10). Ce rappel est particulièrement fort durant le saint temps de préparation à Pâques. Vous souhaitant un saint et fécond Carême, je vous confie à l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et, de grand cœur, j'accorde à tous la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 3 novembre 2011.
Benedictus PP. XVI

Posté le 09 fevrier 2012 par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI


Chronique

LA SAINTE MESSE AU FIL DE SES RITES

Le Baiser de Paix

Avant la communion du prêtre et aux messes solennelles (avec l'assistance d'un diacre et d'un sous-diacre), le célébrant donne le baiser de paix au diacre ou au prêtre assistant qui lui-même le transmet au reste du clergé par ordre de préséance. Le prêtre d'abord incliné les mains jointes sur l'autel récite la prière pour la paix, puis baise la pierre d'autel et donne l'accolade à celui qui l'assiste en lui disant : « Pax tecum » c'est-à-dire «La paix soit avec toi », et l'autre répond : « Et cum spiritu tuo » c'est-à-dire «Et avec ton esprit ».

Le baiser de paix est un usage qui existait chez les juifs. St Pierre et St Paul recommandent aux fidèles de se saluer avec «le saint baiser». A plusieurs reprises les épîtres évoquent ce baiser fraternel que se donnaient les chrétiens . Dans les premières assemblées chrétiennes on trouve cet usage du baiser de paix qui entre ainsi dans la liturgie. Au IIe siècle, St Justin atteste la présence du baiser de paix à la messe. Si au départ les chrétiens hommes et femmes sans distinction se donnaient l'accolade, l'évolution des mœurs fit procéder à la séparation des sexes dans les églises. Les clercs se donnaient mutuellement la paix et pareillement les hommes se donnaient l'accolade entre eux, comme pour les femmes entre elles. St Hyppolyte nous en rend ce témoignage : «  que les fidèles se donnent le baiser, les hommes aux hommes, les femmes aux femmes ». A partir du XIIIe siècle, le baiser de paix ne fut conservé que pour les clercs et on le remplaça pour les fidèles par le baiser d'une image pieuse. En France, cet usage de faire embrasser une représentation de la Crucifixion appelée «Instrument de Paix » s'est conservé jusqu'à une époque récente en particulier aux messes de Requiem. La réintroduction du baiser de paix par les fidèles dans le missel réformé du pape Paul VI, si elle a rétabli un usage ancien, elle n'a pas pu empêcher la joyeuse pagaille qui suit aujourd'hui l'invitation du prêtre à se donner «un signe de paix ». On comprend mieux alors pourquoi les siècles et la prudence de l'Eglise ont aboli un geste qui pouvait donner lieu à des dérapages compréhensibles.

La place du baiser de paix n'était pas à l'origine à l'endroit que nous lui connaissons aujourd'hui. Il prenait place avant l'offertoire suivant ainsi le commandement de N.S.J.C. : « Quand tu portes ton offrande à l'autel et que tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, abandonne ton offrande devant l'autel et va te réconcilier avec ton frère». A partir du IVe siècle, à Rome principalement, le baiser de paix se déplace juste avant la communion à laquelle il prépare immédiatement. Il est probable que ce déplacement du baiser de paix provient de ce que les catéchumènes ne pouvaient pas encore recevoir la paix, n'ayant pas encore reçu le saint baptême. Ce geste était donc réservé aux fidèles et il s'est assimilé à la communion réservée aux baptisés. Au début du Ve siècle, les deux usages vont se trouver en conflit en Italie, mais c'est la pratique romaine qui finira par s'imposer bientôt partout. St Augustin atteste qu'en Afrique comme à Rome, la place du baiser de paix était avant la communion : « Après la consécration, on récite la prière du Seigneur, puis on dit le «Pax Vobiscum » et les chrétiens se donnent le «saint baiser ». Les orientaux ont gardé l'ancien usage du baiser de paix avant l'offertoire au moins dans les rites de Syrie et d'Egypte.

Avant le XIe est apparu l'usage de baiser l'autel avant de la transmettre au diacre. Il s'agit de la recevoir du Christ symbolisé par la pierre d'autel, la paix que lui seul peut nous donner. Cet usage a disparu du nouveau missel romain de 1969, qui perd ici un riche symbole. La paix n'est pas celle du monde, mais celle du ciel. Car ce baiser de paix est le symbole de l'union des fidèles entre eux avec le Christ. Ainsi dans ce symbole se trouve magnifiquement représenté le but du saint sacrifice et de la communion : l'union des fidèles dans le Christ.
Abbé Jean-Laurent Lefèvre f.s.s.p. +

BESOIN DE SAINTS PRETRES

CITE DU VATICAN, 26 JAN 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu les séminaires des trois séminaires pontificaux régionaux italiens (Assise, Catanzaro, Naples), fêtant le centenaire de leur fondation pour répondre à la meilleure formation sacerdotale voulue par Léon XIII et St Pie X: "Ce regroupement de séminaires diocésains, allant de pair avec la réforme des études théologiques, a sensiblement accru la qualité" de la formation sous la direction de la Compagnie de Jésus. Soulignant la réussite de la formule jusqu'à nos jours, le Pape a dit que ces séminaires ont "favorisé la connaissance, la collaboration et l'enrichissement des expériences ecclésiales des futurs prêtres", tandis que leur dimension régionale "a permis de faire le lien entre les directives de l'Eglise universelle et les exigences locales".

Le contexte culturel actuel, a poursuivi le Saint-Père, "nécessite une solide formation philosophique et théologique", permettant de bien "connaître et comprendre la structure interne de la foi dans sa totalité et de répondre aux questions de l'homme contemporain... L'étude de la théologie doit cependant être toujours intensément liée à une vie de prière... Il est effectivement indispensable qu'il y ait une intégration harmonieuse entre le ministère et l'activité pastorale et la vie spirituelle du prêtre. Il est important pour lui, car cela suivra toute son existence, qu'il ait mis en équilibre cœur et intellect, raison et sentiment, corps et âme, qu'il soit humainement intègre... C'est pourquoi il faut prêter une grande attention à la dimension humaine des candidats...afin que les prêtres soient des hommes de Dieu face aux gens. Le prêtre doit avant tout être un homme de Dieu... Le rapport avec Dieu en Jésu-Christ est donc fondamental tant durant la formation que durant la vie sacerdotale". En conclusion, Benoît XVI a répété la recommandation de Jean XXIII qui disait qu'avant "d'être des prêtres cultivés, éloquents, à la page, il faut des prêtres saints et sanctificateurs... Ce sont des propos toujours actuels car l'Eglise a plus que jamais besoin de témoins crédibles, qui véhiculent la sainteté par leur vie même".



RAVIVER LA FOI

CITE DU VATICAN, 27 JAN 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin l'assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qu'il a félicité pour le service qu'elle rend à l'Eglise, en particulier pour préparer l'Année de la foi. Dans de vastes régions du monde, a dit le Pape à ses hôtes, "la foi court le risque de s'éteindre par manque d'alimentation. On assiste à une profonde crise de la foi et à la perte du sens religieux, qui représentent le plus grand défi de l'Eglise. Raviver la foi doit être la priorité de toute l'Eglise et j'espère que l'Année de la foi...contribuera à replacer Dieu dans ce monde, à ouvrir aux hommes les portes de la foi et de la confiance en ce Dieu qui nous a aimé jusqu'au bout en Jésus-Christ". Ayant dit ensuite que l'unité des chrétiens était étroitement liée à cette mission, il a abordé les aspects doctrinaux touchant au processus oecuménique: "Reconnaissant les nombreux fruits récoltés par le dialogue, il faut aussi reconnaître le risque d'un faux irénisme ou de l'indifférentisme, étrangers à l'esprit de Vatican II, et être vigilants. Ces travers sont causés par l'opinion croissante selon laquelle la vérité ne serait pas accessible à l'homme. Il serait ainsi suffisant de se donner des règles pour pouvoir améliorer le monde. La foi serait remplacée par un moralisme sans racine profonde. A l'inverse, il y a au cœur de l'œcuménisme authentique la foi par laquelle l'homme trouve la vérité révélée dans la Parole. Sans cette foi, tout le mouvement oecuménique se réduirait à une sorte de contrat social auquel on adhérerait par intérêt général. La logique conciliaire est totalement différente car il s'agit de la recherche sincère de l'unité des chrétiens comme dynamique qu'anime la parole de Dieu".

Puis le Saint-Père a parlé de "la question cruciale marquant transversalement le dialogue oecuménique: la structure de la révélation, le rapport entre Ecriture, Tradition vivante de l'Eglise et Ministère pétrinien, comme témoin de la foi véritable. Il est fondamental de distinguer entre Tradition et traditions... S'il existe une richesse spirituelle dans les diverses confessions chrétiennes, expression de l'unique foi et don à partager...il faut traiter avec courage les questions controversées, dans le respect et le respect. Il est important d'offrir une interprétation correcte de ce qu'est l'ordre ou hiérarchie dans la vérité doctrinale catholique, telle que la définit le décret conciliaire Unitatis Redintegratio". Si les documents de travail produits par les différents dialogues oecuméniques "constituent un fruit important, quoique provisoire, de la réflexion commune" il faut reconnaître "leur valeur particulière comme contributions proposées aux autorités compétentes de l'Eglise, seule en mesure de les juger définitivement". Benoît XVI a conclu en abordant la problématique morale: "Dans nos dialogues, nous ne pouvons oublier les grandes questions morales touchant à la vie et à la famille, à la sexualité et à la bioéthique, à la liberté, à la justice et à la paix. Nous devrions en parler d'une seule voix en revenant à ce que dit l'Ecriture et de la Tradition vivante. En défendant les valeurs fondamentales de la grande tradition de l'Eglise, c'est l'homme et la création que nous défendons". L'unité est donc aussi "le moyen, mais aussi la condition, pour une annonce de plus en plus crédible de la foi à qui ne connaît pas encore le Sauveur".
AC/VIS 20120127 (560)

Posté le 02 fevrier 2012 par Abbé Lefèvre


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