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Le Bulletin de la semaine

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Nouvelles romaines

COMMENTAIRE DE MGR POZZO, SECRETAIRE DE LA COMMISSION ECCLESIA DEI

SUR LES ENTRETIENS AVEC LA FSSPX

 

Le 3 Octobre 2011 , Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei a commenté les pourparlers entre Rome et la FSSPX sur Gloria TV :

La Lettre de Paix Liturgique nous fournit cet entretien accordé en Anglais.


Gloria TV -Quelles sont les raisons de l'hostilité de nombreux milieux ecclésiastiques contre une liturgie que l'Église et de si nombreux saints ont célébré pendant une si longue période et qui a été l'instrument d'un développement spectaculaire de l'Église ?


Mgr G Pozzo - C'est une question complexe. Je crois qu'il y a de nombreux facteurs qui interviennent pour comprendre pourquoi cette idée préconçue contre la liturgie de la forme extraordinaire est encore si répandue. Il faut bien avoir présent à l'esprit que, pendant de nombreuses années, aucune formation liturgique véritablement adaptée et complète n'a été proposée dans l'Église catholique. On a voulu introduire un principe de rupture, d'éloignement, de détachement radical entre la réforme liturgique proposée, instaurée, et promulguée par le Pape Paul VI et la liturgie traditionnelle. Or, en réalité, les choses sont bien différentes.

Il est évident qu'il existe une continuité substantielle dans la liturgie, dans l'histoire de la liturgie. Il y a une croissance, un progrès, un renouvellement mais pas une rupture ou une discontinuité.
De fait, cette idée préconçue influe de façon déterminante sur la forma mentis des personnes, des ecclésiastiques comme des fidèles. Il faut parvenir à dépasser ce préjugé. Il faut donner une formation liturgique complète, authentique et bien comprendre, justement, que les livres liturgiques de la réforme de Paul VI sont une chose et que les mises en œuvre qui en ont été faites dans bien des parties du monde catholique en sont une autre.

Dans la pratique, ces mises en œuvre sont d'authentiques abus envers la réforme de Paul VI et contiennent même des erreurs doctrinales qui doivent être corrigées et rejetées. C'est ce que le Saint-Père Benoît XVI a tenu à rappeler encore une fois, à la fin du printemps dernier, lors de son discours à Saint-Anselme [siège de l'Institut liturgique pontifical, NDLR] : les livres liturgiques de la réforme sont une chose mais les mises en œuvre concrètes qui en ont découlé malheureusement en tant d'endroits du monde en sont une autre.

Celles-ci, en effet, ne sont pas cohérentes avec les principes qui avaient été fixés et explicités par Sacrosanctum Concilium elle-même, la Constitution sur la divine liturgie du concile Vatican II.


Gloria TV - Avant de faire partie d'Ecclesia Dei, avez-vous eu des expériences personnelles avec la messe traditionnelle ? Comment avez-vous vécu les changements liturgiques dans les années soixante ?


Mgr G Pozzo - Je vois là deux questions.

Pour répondre à la première : avant le Motu Proprio Summorum Pontificum de 2007, je n'ai eu aucun contact avec la célébration de la messe selon l'ancien rite. J'ai commencé à célébrer la messe selon la forme extraordinaire justement avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, qui a permis que cette messe puisse être célébrée sous cette forme.

Comment ai-je vécu les changements dans les années 60 et 70 ? En fait, je dois dire que - conformément à la formation et à la préparation reçues de mes éducateurs au séminaire et, surtout, de mes professeurs de théologie à l'Université Grégorienne - j'ai toujours cherché à comprendre ce que le magistère proposait à travers la lecture de ses textes et non pas à travers ce que les théologiens ou une certaine vulgate catholique attribuait au magistère même. Donc, je n'ai jamais eu de problèmes à accepter la messe de la réforme liturgique de Paul VI mais je me suis rendu compte immédiatement que, à cause de ce grand désordre qui s'est introduit dans l'Église après 1968, celle-ci avait été déformée et était célébrée absolument à l'inverse des intentions profondes du législateur, c'est à dire du Souverain Pontife.

De fait, ce désordre, cet effondrement de la liturgie dont a parlé, dans certains de ses livres et dans certaines de ses publications sur la liturgie, celui qui, à l'époque, était le cardinal Ratzinger, je l'ai expérimenté pour ma part de manière assez directe et j'ai toujours tenu à bien séparer les deux choses : d'une part les rites, les textes du Missel ; de l'autre, la façon dont la liturgie est, ou a été, célébrée en tant de circonstances et de lieux, surtout quand elle l'est sur la base du principe de créativité, une créativité sauvage qui n'a rien à faire avec l'Esprit Saint voire, dirais-je, qui est même exactement le contraire de ce que veut l'Esprit Saint.


Gloria TV - Pourquoi cela vaut-il la peine de promouvoir la messe traditionnelle ?


Mgr G Pozzo - Parce que, dans l'ancienne messe, sont explicités, mis en évidence, certains aspects fondamentaux de la liturgie qui méritent d'être conservés. Je ne parle pas seulement de la langue latine ou du chant grégorien. Je parle du sens du mystère, du sacré, du sens du sacrifice, de la messe comme sacrifice, de la présence réelle et substantielle du Christ dans l'Eucharistie, et du fait qu'elle offre de grands moments de recueillement intérieur qui sont comme une participation intérieure à la divine liturgie : oui, voilà tous les éléments fondamentaux qui sont particulièrement mis en évidence dans la messe traditionnelle.

Je ne dis pas que ces éléments n'existent pas dans la messe de Paul VI. Je dis qu'ils sont plus largement manifestés dans la forme extraordinaire et que cela peut enrichir également ceux qui célèbrent, ou qui participent, à la messe dans la forme ordinaire.

Rien n'interdit de penser qu'à l'avenir on pourrait arriver à une réunification des deux formes avec des éléments qui s'intègrent les uns aux autres, mais il ne s'agit pas là d'un objectif à atteindre à court terme et certainement pas par une décision prise sur le papier.
Cela demande une maturation de tout le peuple chrétien, afin que tous comprennent les deux formes liturgiques de l'unique rite romain".


On lira avec profit les réflexions de Paix Liturgique


1 - "Les propos du Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei sont encourageants pour les millions de catholiques à travers le monde qui sont attachés à la forme extraordinaire du rite romain"


2 - "Il est plus intéressant encore de remarquer que c'est pour des raisons théologiques de fond que Mgr Pozzo pense qu'il est important de promouvoir la forme extraordinaire"


3 - "Les propos de Mgr Pozzo nous éclairent également sur la responsabilité colossale de nos pasteurs dans la débâcle liturgique qui dure depuis 40 ans. L'opposition, hier aux célébrations anciennes qui persistaient, aujourd'hui au Motu Proprio de la plupart des évêques de France - opposition plus ou moins franche ou plus ou moins larvée - n'est que la suite logique de décennies de désobéissance liturgique, catéchétique et doctrinale"


4 - "Et pour finir, Mgr Pozzo rêve à un avenir lointain : « Rien n'interdit de penser qu'à l'avenir on pourrait arriver à une réunification des deux formes avec des éléments qui s'intègrent les uns aux autres, mais il ne s'agit pas là d'un objectif à atteindre à court terme et certainement pas par une décision prise sur le papier ».

Posté le 21 octobre 2011 par Abbé JLL


Nouvelles romaines

Pas de prière COMMUNE à Assise le 27 octobre

 

A propos de la réunion d'Assise, S. Em. le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, déclare que « cette fois l'accent est mis sur le pèlerinage, et non sur la prière ». Confirmant qu'il n'y aura pas de prière interreligieuse, il souligne qu'il y aura en revanche, la veille au soir, une veillée de prière spécifiquement catholique à Saint-Pierre de Rome. « Ainsi la prière n'aura-t-elle pas lieu à Assise, mais elle aura lieu à Rome, et ce sera par le pape au milieu de son peuple, des catholiques. » Il ajoute que le programme n'est pas encore complètement établi et qu'il donnera les détails dans une conférence de presse mardi prochain. Il est curieux de constater que sur l'agenda du pape il y a bien la viellée de prière à Saint-Pierre de Rome le 26, mais qu'il n'y a rien de prévu le 27, ce qui a suffi à engendrer la rumeur que le pape n'irait pas à Assise...

Yves Daoudal

 

MASSACRE DES COPTES EN EGYPTE

 

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme a appelé aujourd'hui les autorités égyptiennes à s'assurer que toute enquête ouverte sur les affrontements qui ont tué 25 personnes, principalement des chrétiens coptes, soit menée de manière impartiale et indépendante. Le porte-parole du Haut Commissariat pour les Droits de l'Homme Rupert Colville a a demandé aux autorités d'"assurer la protection de tous, y compris des minorités, dans leur exercice légitime" de la liberté de réunion pacifique et d'expression. "Nous exhortons les autorités à garantir l'impartialité et l'indépendance de toute enquête menée sur l'incident", a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

Les violences de dimanche ont eu lieu en marge d'une manifestation de Coptes (chrétiens d'Egypte) qui protestaient contre l'incendie d'une église dans le gouvernorat d'Assouan (sud). Les affrontements qui ont opposé manifestants et forces de l'ordre ont fait 25 morts et plus de 300 blessés. L'armée égyptienne, aux commandes du pays depuis février, a demandé au gouvernement de "former rapidement une commission d'enquête" pour déterminer les responsabilités des événements survenus dimanche soir et qui se sont prolongés dans la nuit. Des milliers de personnes ont assisté hier soir dans la cathédrale copte du Caire aux funérailles de 17 manifestants tués la veille dans des affrontements ayant fait au total 25 morts, selon des images retransmises en direct par la télévision privée ON TV.

 

Saint-Siège-FSSPX : une occasion historique

 

Voici un entretien recueilli le 13 octobre auprès de M. l'abbé Claude Barthe, reconnu comme un excellent observateur du dossier, sur les rumeurs qui courent à propos des accords entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X :

« Je vous ai entendu dire, lundi 10 octobre, en vous écoutant sur Radio Courtoisie, que la reconnaissance de la FSSPX vous paraissait toujours, de soi, inéluctable, mais que du fait de la proximité de l'événement possible, les grains de sable qui pouvaient enrayer le mécanisme apparaissaient plus évidemment.

L'abbé Claude Barthe - Oui. Les supérieurs de districts qui ont assisté à la réunion d'Albano, le 7 octobre, présidée par Mgr Fellay, ont pris connaissance du Préambule proposé à la FSSPX avant la discussion de la forme canonique de la reconnaissance. Du coup, plus ou moins informés, un certain nombre de membres de la FSSPX hostiles à une officialisation de leur société, font valoir le risque que représente cette nouvelle étape dans la vie de la FSSPX. On ne peut nier que tout changement comporte un risque. Mais celui de l'immobilisme est parfois pire, ce qui me paraît être le cas ici. Ils prétendent donc, si j'ai bien compris, d'une part, que le Préambule invoque le Catéchisme de l'Église catholique comme « bonne interprétation » du Concile, et d'autre part que la situation proposée à la FSSPX sera beaucoup moins avantageuse que celle qui lui avait été proposée auparavant.

Est-ce vrai ?

L'abbé Claude Barthe - En ce qui concerne la proposition canonique, si c'était vrai, pourquoi alors n'avoir pas accepté la proposition antérieure, trois fois réitérée entre 2000 et 2009 ? En réalité, la proposition actuelle est absolument semblable aux précédentes. Elle est même meilleure en raison de la conjoncture beaucoup plus favorable. La prélature personnelle avait déjà été proposée par le cardinal Castrillón : aménagée sur mesure, elle est assurément la solution la plus gratifiante et la plus « autonome » pour Mgr Fellay et l'ensemble des sociétés qu'il aura sous sa juridiction personnelle. Et surtout, de toute façon, le fait que la FSSPX ait des évêques à elle, lui donne, quels que soient les détails de l'arrangement juridique, une liberté liturgique et disciplinaire considérable. En fait, il faut le dire clairement : le problème de la forme canonique est inexistant.

Mais le Préambule doctrinal ?

Il en fallait bien un, puisque la FSSPX avait obtenu la tenue de discussions doctrinales. On peut imaginer que ce Préambule est un texte diplomatique qui n'engage à rien et qui permet à chacun de ne pas perdre la face. Côté FSSPX, dans la mesure où la phrase libératrice qui se trouvait dans le communiqué commun du Saint-Siège et de Mgr Fellay, publié le 14 septembre, se retrouve forcément, en substance, dans le Préambule, celui-ci renforce singulièrement la jurisprudence établie depuis 1988, en précisant que sont laissées « à une légitime discussion l'étude et l'explication théologique d'expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi ».Côté Congrégation pour la Doctrine de la foi : le CEC et l'interprétation du Concile ? J'accorde a priori aux membres de la Congrégation qu'ils ne sont pas tombés sur la tête : ils savent comme vous et moi que le CEC n'est pas magistériel. En revanche, il est vrai qu'il peut leur servir d'assurance que Vatican II est interprétable en un sens de continuité. Ce que la FSSPX conteste. Mais puisque ledit Préambule est, aux dire des protagonistes, modifiable, on peut forcément s'entendre sur des termes empaquetant au mieux le pivot réel de tout ce « concordat » : une « tolérance » réciproque entre personnes qui s'accordent la bonne foi. Ici encore, il faut le dire : en soi, le problème du Préambule doctrinal est inexistant.

Alors, l'affaire est « pliée » ?

L'abbé Claude Barthe - Que non ! Combien de processus historiques ont sombré en raison d'événements mineurs. Car c'est bien un processus historique capital dans l'après-Concile qui se déploie aujourd'hui, et dont cette proposition de reconnaissance officielle est un élément parmi d'autres, alors que l'Église d'Occident, à 50 ans de l'ouverture de Vatican II, est dans un véritable état de faillite du point de vue de la foi du peuple chrétien, de la discipline, de la relève sacerdotale, de la transmission catéchétique, etc. Le fait de donner une voix officielle à la FSSPX, ajouté au Motu Proprio, se conjuguant à tout le mouvement intellectuel qui se développe, spécialement en Italie, pour la remise à plat de ce qu'a représenté l'événement Vatican II - qui, pour le dire d'un mot, forcément trop rapide, a consacré une régression théologique et liturgique impressionnante par rapport au pontificat de Pie XII - constitue, hic et nunc, une occasion historique d'extrême conséquence. Les deux protagonistes, le Pape et Mgr Fellay en ont manifestement une claire conscience. »

Christophe Saint-Placide

Posté le 15 octobre 2011 par Abbé JLL


COMMENT AIDER LA FRATERNITE ST PIERRE A FONTAINEBLEAU ?

Posté le 15 octobre 2011 par FSSP Fontainebleau


Nouvelles romaines

IMPORTANT COMMUNIQUÉ DU SAINT SIEGE

DU 14 SEPTEMBRE

ROME-FSSP X : UNE SOLUTION EST EN VUE !

 

« Le 14 septembre 2011, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a eu lieu une rencontre de Son Éminence Révérendissime le Cardinal William Levada, Préfet de cette Congrégation et Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Son Excellence Monseigneur Luis Ladaria, s.j., Secrétaire de cette Congrégation, et Monseigneur Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, avec Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, et Messieurs les Abbés Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély, Assistants généraux de la Fraternité.

À la suite de la supplique adressée le 15 décembre 2008 par le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, le Saint-Père avait pris la décision de lever l'excommunication des quatre évêques consacrés par Monseigneur Marcel Lefebvre et d'ouvrir en même temps des colloques doctrinaux avec la Fraternité, afin de surmonter les difficultés et les problèmes d'ordre doctrinal, et de parvenir à la réduction de la fracture existante.

Obéissant à la volonté du Saint-Père, une commission mixte d'études, composée d'experts de la Fraternité sacerdotale saint Pie X et d'experts de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, s'est réunie à huit reprises pour des rencontres qui ont eu lieu à Rome entre le mois d'octobre 2009 et le mois d'avril 2011. Ces colloques, dont l'objectif était d'exposer et d'approfondir les difficultés doctrinales majeures sur des thèmes controversés, ont atteint leur but, qui était de clarifier les positions respectives et leurs motivations.

Compte tenu des préoccupations et des instances présentées par la Fraternité sacerdotale saint Pie X à propos du respect de l'intégrité de la foi catholique face à l'herméneutique de la rupture du Concile Vatican II à l'égard de la Tradition - herméneutique mentionnée par le Pape Benoît XVI dans son Discours à la Curie romaine en date du 22 décembre 2005 -, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prend pour base fondamentale de la pleine réconciliation avec le Siège apostolique l'acceptation du Préambule doctrinal qui a été remis au cours de la rencontre du 14 septembre 2011. Ce préambule énonce certains des principes doctrinaux et des critères d'interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l'Église et au sentire cum Ecclesia, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l'étude et l'explication théologique d'expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi.

Au cours de la même réunion ont été proposés quelques éléments en vue d'une solution canonique pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X, qui suivrait la réconciliation éventuelle et espérée. »

[01275-03.01] [Texte original: Français]

 

RÉPONSE DE MGR FELLAY SUPÉRIEUR DE lA FRATERNITÉ SAINT PIE X APRÈS

SON ENTRETIEN CETTE SEMAINE AVEC

LE CARDINAL WILLIAM LEVADA LE 14 SEPTEMBRE

 

A l'issue de l'entretien que Mgr Bernard Fellay et ses deux Assistants généraux ont eu, au Vatican, avec le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 14 septembre 2011, à 10 h., le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a répondu à nos questions.

 

Comment s'est déroulée cette rencontre ?

L'entretien a été d'une grande courtoisie et d'une aussi grande franchise, car par loyauté la Fraternité Saint-Pie X se refuse à éluder les problèmes qui demeurent. C'est d'ailleurs dans cet esprit que s'étaient déroulés les entretiens théologiques qui ont eu lieu ces deux dernières années.
Lorsque j'ai déclaré, le 15 août dernier, que nous étions d'accord sur le fait que nous n'étions pas d'accord à propos du concile Vatican II, j'ai également tenu à préciser que lorsqu'il s'agit de dogmes, comme celui de la Trinité, nous sommes bien évidemment d'accord quand on en trouve le rappel dans Vatican II. Une phrase ne doit pas être isolée de son contexte. Nos entretiens théologiques ont eu le grand mérite d'approfondir sérieusement et d'éclaircir tous ces problèmes doctrinaux.

Le communiqué officiel commun au Vatican et à la Fraternité annonce qu'un document doctrinal vous a été remis et qu'une solution canonique vous a été proposée. Pouvez-vous nous donner quelques précisions ?

Ce document s'intitule Préambule doctrinal, il nous a été remis pour une étude approfondie. De ce fait, il est confidentiel, et vous comprendrez que je ne vous en dise pas plus. Cependant le terme préambule indique bien que son acceptation constitue une condition préalable à toute reconnaissance canonique de la Fraternité Saint-Pie X de la part du Saint-Siège.

A propos de ce préambule doctrinal, dans la mesure où cela ne touche pas à sa confidentialité, pouvez-nous confirmer qu'il s'y trouve, comme annoncé dans la presse, une distinction entre ce qui est de foi - et à quoi la Fraternité adhère pleinement -, et ce qui relevant d'un concile pastoral, comme Vatican II s'est voulu lui-même, pourrait être soumis à une critique, sans remettre en cause la foi ?

Cette distinction nouvelle n'a pas été annoncée par la presse seulement, je l'ai personnellement entendue de sources diverses. Déjà en 2005, le cardinal Castrillon Hoyos me déclarait après que je lui eus exposé pendant cinq heures toutes les objections que la Fraternité Saint-Pie X formulait contre Vatican II : « Je ne peux pas dire que je sois d'accord avec tout ce que vous avez dit, mais ce que vous avez dit ne fait pas que vous êtes en dehors de l'Eglise. Ecrivez donc au pape pour qu'il enlève l'excommunication ».

Aujourd'hui je dois à l'objectivité de reconnaître qu'on ne trouve pas, dans le préambule doctrinal, une distinction tranchée entre le domaine dogmatique intangible et le domaine pastoral soumis à discussion. La seule chose que je puis déclarer parce que cela figure dans le communiqué de presse, c'est que ce préambule contient « des principes doctrinaux et des critères d'interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l'Eglise et au ‘sentire cum Ecclesia', tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l'étude et l'explication théologique d'expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi ». Voilà, pas plus pas moins.

Au sujet du statut canonique qui serait proposé à la Fraternité Saint-Pie X, sous condition de l'adhésion au préambule doctrinal ? On a parlé de prélature plutôt que d'ordinariat, est-ce exact ?

Comme vous le rappelez justement, ce statut canonique est conditionné ; sa modalité exacte ne peut être vue qu'ultérieurement et reste encore objet de discussion.

Quand pensez-vous donner votre réponse à la proposition de préambule doctrinal ?

Sitôt que j'aurai pris le temps nécessaire pour étudier ce document, et consulter les principaux responsables de la Fraternité Saint-Pie X, car sur une matière aussi importante je me suis engagé auprès de mes confrères à ne pas prendre de décision sans les avoir consultés auparavant.
Mais je puis vous assurer que notre décision sera prise pour le bien de l'Eglise et des âmes. Notre croisade du rosaire qui se poursuit sur plusieurs mois encore doit s'intensifier pour nous permettre d'obtenir, par l'intercession de Marie, Mère de l'Eglise, les grâces de lumière et de force dont nous avons besoin plus que jamais.

(DICI n°240 du 14/09/11)

 

FSSPX : Benoît XVI veut nous recentrer sur le coeur de la foi catholique

 

Intéressante analyse de Jean-Marie Guénois suite à la rencontre entre le Cardinal Levada et Mgr Fellay :

"Derrière la bataille d'experts théologiques mobilisés dans les négociations entre Rome et les lefebvristes, se joue une évolution majeure dans l'Église catholique [...] un cap décisif été franchi par le Saint-Siège. Ce cap a deux faces. Formellement, l'Église catholique semble retrouver ce qu'elle vit depuis des siècles avec les douze Églises catholiques de rite oriental. À savoir la possibilité et le respect d'une différence liturgique et d'une autonomie de fonctionnement et en partie, de doctrine. On pourrait parler de la coexistence de «particularismes» avec et à côté de l'Église romaine latine. [...]

L'autre visage de ce cap plonge très profond car il touche les racines de l'identité catholique. Benoît XVI, depuis le début de son pontificat n'a pas d'autre programme que de pousser les chrétiens qui se disent catholiques à être, non pas davantage catholiques mais vraiment catholiques. C'est donc beaucoup plus qu'un recentrage qui est en cours. Ce mot est trop extérieur. Et la proposition qui a été faite hier à Mgr Fellay va dans ce sens. Cela concerne, certes, le cas particulier de la Fraternité Saint Pie X mais la logique qui la conduit confirme une constante d'action et de décisions, et non plus seulement d'intentions. Cette logique est une sorte d' « essentialisme ». Elle associe, pour un approfondissement, une tension pastorale, intellectuelle et ... mystique chez Benoît XVI. [...]

Autre élément, la décharge émotionnelle, positive ou négative, selon son camp, que provoque la simple évocation du Concile Vatican II, brouille les cartes. Ce que l'on ne voit pas, me semble-t-il, c'est que derrière les mots, Benoît XVI veut conduire à la saveur de la foi chrétienne telle qu'elle est interprétée par l'Église catholique. Ce qui donne à ce Pape une grande liberté de pensée et d'action. Et une largeur de vue qui va jusqu'à lui faire ouvrir la porte aux lefebvristes qui le critiquent violemment pour la béatification de Jean-Paul II ou pour sa participation, dans un mois, à une rencontre interreligieuse à Assise. Cette bienveillance provoque déjà à gauche et au centre des remous parce qu'elle distingue, à propos de l'enseignement du Concile Vatican II - considéré jusque là comme un bloc entier et définitivement acquis - des secteurs où une «légitime discussion» est possible. Mais même si Mgr Fellay dit non, ce cap est maintenant explicitement franchi par Rome alors que le Concile Vatican II était réputé intouchable. Cela rappelle, là aussi, un aspect oublié de la théologie catholique souvent perçue comme un monolithe : elle dispose d'un noyau central sur lequel sont articulés des satellites, tous solidement liés au centre mais structurellement périphériques. Les plus grands théologiens l'admettent.

Je suis, pour finir, très frappé de voir le malaise et la vivacité des premières réactions entendues ici et là. Elles démontrent que beaucoup de catholiques se considèrent aujourd'hui avant tout comme des chrétiens. Ils se méfient d'une identité catholique trop nette car elle les couperait du dialogue avec la société, avec les autres religions en particulier, de la tolérance qu'ils placent comme une attitude prioritaire. Mais le malentendu consisterait précisément à penser que Benoît XVI, en tendant cette main aux lefebvristes, veut aller dans le sens d'une Église catholique intègre, intransigeante et pourquoi pas intégriste ! Alors qu'il cherche à réconcilier les chrétiens-catholiques, sa gauche et les catholiques-chrétiens, sa droite, avec ce qu'est vraiment ... l'Église catholique !"

Michel Janva

Posté le 29 septembre 2011 par Abbé JLL


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REPONSE PROCHAINE DE LA FSSP X

AU PREAMBULE DOCTRINAL DEMANDE PAR ROME

 

Les responsables et supérieurs de la FSSPX se réuniront les 7 et 8 octobre à Albano en Italie.Mgr Bernard Fellay consultera les responsables de la Fraternité Saint-Pie X sur le Préambule doctrinal que lui a remis le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. La réunion se tiendra à huis clos.

 

Rome admet que certains aspects du Concile peuvent être soumis à un débat «légitime»

 

L'abbé Barthe se réjouit du communiqué de la Congrégation pour la doctrine de la foi et en donne son interprétation. Extraits :

"Le « préambule doctrinal » qu'il est demandé à Mgr Fellay de préalablement valider n'est, en effet, qu'une tentative d'interprétation, qui laisse elle-même une large marge d'interprétation. Les mots du communique de la Salle de Presse vaticane sont au reste très pesés : le préambule conditionne non pas « la pleine communion », mais seulement, « la pleine réconciliation », pour résorber « une fracture » et non « un schisme ». Il n'est nullement une « formule d'adhésion ». Il renforce singulièrement la jurisprudence désormais établie depuis 1988, sous des formulations diverses en précisant pour l'ensemble de la FSSPX que sont laissées « à une légitime discussion l'étude et l'explication théologique d'expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi ». Pour le dire clairement : un droit à la discussion est obtenu par la FSSPX. « Ce qui signifie en clair, dit Jean-Marie Guénois dans Le Figaro, que le Vatican considère qu'un accord sur l'essentiel de la foi catholique peut être passé avec les lefebvristes, tout en considérant en parallèle que d'autres points liés au Concile Vatican II peuvent être sujet à des interprétations différentes chez les catholiques sans que le noyau de leur foi en soit altéré. Une telle distinction, ouvre d'ores et déjà, un débat considérable à l'intérieur de l'Église catholique car elle touche à l'autorité même du Concile Vatican II jusque là perçu comme un bloc à prendre ou à laisser. Le Vatican, pour la première fois, admet que certains aspects de ce Concile peuvent être soumis à un débat «légitime». Tout donc devient désormais politique et se trouve entre les mains et sur les épaules de Mgr Bernard Fellay, qui vient d'opérer une brèche non négligeable dans l'idéologie de « l'esprit du Concile ». [...]

Le communiqué de ce jour précise que ces colloques « ont atteint leur but, qui était de clarifier les positions respectives et leurs motivations ». En clair, et dans le cas considéré, selon les termes employés par le P. Morerod, op, l'un des théologiens romains en charge du dossier, lors d'une conférence à Paris, le 21 février 2008 : dans quelles limites une « tolérance » du refus de certains points de Vatican II était-elle aujourd'hui supportable par Rome ? Une proposition de ce qu'on pourrait appeler un pacte de tolérance réciproque est énoncée dans le « préambule doctrinal » remis aujourd'hui à Mgr Fellay et qu'il lui est demandé de valider avant de régler rapidement les questions canoniques. [...]"

Michel Janva

 

 

Vers une réforme

du rite romain traditionnel?

 

Lu dans le quotidien « La Croix »: «Une commission mixte a été constituée, avec des experts de la commission Ecclesia Dei et de la congrégation du culte divin, pour l'aggiornamento des mémoires des saints et pour la ‘possible insertion de nouvelles préfaces' dans le Missel romain pré-conciliaire de 1962, auquel Benoît XVI a donné pleinement droit de cité en 2007.»

Certains seront pour et d'autres contre, comme lorsque Benoit XVI avait modifié une prière du Vendredi Saint. Peu importe au fond - l'information qui compte est que le Missel tridentin est vivant. Sa réactualisation indique assez qu'il s'agit d'un livre actuellement en vigueur, et non d'une forme antérieure. Oui, ce missel est «préconciliaire de 1962», mais il est aussi « postconciliaire », et il sera bientôt «de 2012».

Abbé de Tanouarn de l'Institut du Bon Pasteur

Posté le 29 septembre 2011 par Abbé Lefèvre


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