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Le Bulletin de la semaine

    Le bulletin de la semaine

 

Liturgie

LA SAINTE MESSE AU FIL DE SES RITES

 

Le «Libera nos» et la «Fractio panis »

 

La prière du Libera qui suit immédiatement le Pater, le complète en reprenant la dernière demande, «délivrez-nous du mal ». Aux Ve et VIe siècles, la récitation de l'oraison dominicale à la Messe était déjà encadrée entre un prélude et une conclusion ou embolisme[1]. Elle s'intègre à la préparation à la Ste Communion et remonte à l'antiquité chrétienne. Le prêtre demande d'être préservé  «de tous les maux passés, présents, à venir», tant pour l'âme que pour le corps, par l'intercession de la Ste Vierge, des Saints Pierre, Paul et André. La présence de ce dernier est d'introduction plus tardive. St Grégoire 1er (590-604) avait une dévotion particulière à St André, car sous son patronage, il fit édifier un monastère bénédictin dont il fut le 1er Père Abbé. Elevé au trône de St Pierre, il décida aussi d'ajouter à la prière du Libera nos, le premier apôtre appelé par N.S.J.C..

 

Elle était dite sur le même ton récitatif que le Canon, comme cela fut conservé jusqu'à aujourd'hui dans l'office du vendredi saint. C'est aux environ de l'an 1000 que la récitation à voix basse fut adoptée, sauf dans les rites milanais (ambrosien) et lyonnais. A l'époque médiévale, les trois silences : de la secrète, du Canon et du Libera nos, avaient une très forte portée symbolique, car on y voyait le symbole des trois jours passés dans le silence du sépulcre par N.S.J.C. La fin de cette époque médiévale vit l'ajout de certaines prières de circonstances après ou avant la prière de demande du Libera nos. Toutes sortes d'usages vinrent se rajouter ici pour implorer les secours du Ciel : là on exposait devant l'autel le crucifix, l'évangéliaire et les reliques devant lesquels on se prosternait, ailleurs on plaçait à cet endroit des prières pour les croisades ou encore, on ajoutait d'autres saints à la liste que l'on étendait pour ainsi dire librement. La codification du missel romain par St Pie V, abolit toutes ces additions tardives.

 

A la fin du Pater, le prêtre reçoit du diacre la patène[2] que le sous-diacre tenait avec le voile huméral[3] pendant tout le Canon derrière le célébrant. A l'origine, la taille volumineuse de la patène ne permettait pas de la laisser sur l'autel (qui lui était de taille plus réduite qu'aujourd'hui), d'où la nécessité  de la faire porter par le sous-diacre. A la fin du Libera nos, le célébrant dépose sur la patène la Ste Hostie et procède à sa fraction. Cette fraction du «pain» eucharistique, est directement tiré de la Ste Cène. Les juifs en effet ne coupaient pas leur pain, mais ils le rompaient. Se conformant à cet usage, N.S. rompit le «pain» qu'il consacrait pour le distribuer à ses apôtres. Ce rit fut si religieusement observé dans la primitive église, qu'il donna même son nom au St Sacrifice. La «Fractio Panis» clasiztouarton est même un des noms les plus anciens pour désigner la Ste Messe. On le trouve dans les Actes des Apôtres[4].

 

Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, c'est St Grégoire le Grand qui adopta l'ordre byzantin de la fraction après le Pater et le Libera nos. Il est probable qu'à l'origine, la fraction suivait immédiatement le Canon.

 

Au VIIe siècle, à la Messe du pape, une parcelle d'hostie conservée de la Messe précédente était alors plongée dans le calice. Ensuite le pape détachait une parcelle de son Hostie qu'il plaçait sur l'autel et qui était gardée pour la messe suivante. Ces parcelles ou «Sancta», signifiaient l'unité du Sacrifice dans le temps. Il n'y a en effet qu'un Sacrifice, celui de N.S. renouvelé sur les autels à chaque Messe. Aujourd'hui, la messe en a gardé le souvenir avec la commixtion d'une parcelle dans le calice.

 

Le moyen âge voyait, dans la fraction de la Ste Hostie, la Passion et la mort violente du Sauveur, et dans le mélange qui suivait, la Résurrection, où le sang et l'âme du Seigneur furent réunis à son corps.

Abbé Jean-Laurent Lefèvre +

 


[1] Du grec   embolismos, interpolation.

[2] Petit plateau recouvert d'or et destiné à recevoir la ste hostie.

[3] Il était d'usage de porter les objets sacrés, non pas à mains nues, mais à travers la chasuble ou avec un voile, comme c'était l'usage pour l'évangéliaire. Aujourd'hui encore, la mitre du pontife n'est transportée que sur un voile.

[4] A.A. II, 42,46 ; XX, 7

Posté le 19 mai 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

 

« Piss Christ » : Mgr Cattenoz accuse la "franc-maçonnerie"

 

Par Pierre de Bellerive le 17 avril 2011 dans Culture, La une, Les grands entretiens avec 36 Commentaires :

Monseigneur, pensez-vous vraiment qu'un chrétien se doive de réagir à l'exposition de Piss Christ ?

Si quelqu'un crache ou pisse sur moi, il me méprise. Si quelqu'un pisse sur le crucifix, il le méprise. Est-ce que l'artiste a le droit de faire n'importe quoi ? Est-ce que l'art est compatible avec les pulsions les plus basses de l'homme ? Je ne le crois pas.

Alors qu'avez-vous fait pour y remédier ?

J'ai demandé le retrait des photographies de la ville et de l'exposition. J'ai souhaité également réunir une table ronde avec la mairie, les responsables de l'exposition et les francs-maçons.

Les francs-maçons ?

Oui parce que je m'aperçois qu'à Avignon, où ils sont très nombreux, il y a un certain nombre de francs-maçons très influents.

Suggérez-vous qu'il y aurait un lien entre la franc-maçonnerie et l'exposition de cette photographie ? 

Comme ils sont cachés, je ne peux pas les voir mais je me demande s'il n'y a pas une corrélation avec la franc-maçonnerie.

Comment cela ?

Je constate que là où les francs-maçons sont nombreux, les actes antichrétiens sont également nombreux.

Ces propos font échos à ceux de monseigneur Rey, l'évêque de Fréjus-Toulon qui avait sorti un livre, il y quelques années intitulé « Peut-on être chrétien et franc-maçon ? »

Oui, il avait écrit un petit livre et la réponse que celui-ci offrait est « non, on ne peut pas être chrétien et franc-maçon ».

Si vous pensez qu'il y a un lien entre la franc-maçonnerie et l'exposition de cette photographie, pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ?

Mais je l'ai dit à l'occasion de presque toutes mes interviews mais curieusement, ces passages ont toujours été coupés.

Comment jugez-vous la réaction du maire d'Avignon, Marie-Josée Roig ?

Je suis étonné de son silence. Son chef de cabinet m'a déclaré que la mairie n'avait rien à voir avec cela. Toujours est-il que la commune finance l'exposition et lui a accordé un espace publicitaire. Je constate que depuis plusieurs années sur Avignon, des églises sont dégradées. Il y a deux poids deux mesures, me semble-t-il, dans le traitement que l'on réserve aux différentes religions. En Alsace par exemple, quelqu'un qui a pissé sur le Coran a été condamné à 3 mois de prison.

Pensez-vous que le maire a des liens avec la franc-maçonnerie ?

Ah, là je sors le joker...

Pourquoi ne pas avoir intenté une action judiciaire si vous jugiez cette affiche blasphématoire ?

Au niveau de la Conférence épiscopale, il y a un organisme qui se charge de ces questions mais étant donné que la photographie a 25 ans, qu'elle a déjà été exposée à Beaubourg, nous avons décidé de privilégier le dialogue. Je vais vous donnez un exemple : il y a deux ans, une affiche représentant « La Croix » de Dali avec un singe avait été exposée. Nous avions alors entamé un dialogue avec l'auteur de l'affiche qui a compris que celle-ci pouvait blesser les Chrétiens. Il avait alors décidé de détruire les affiches qui restaient. Je souhaite donc un vrai dialogue parce que cette exposition, à l'entrée de la Semaine Sainte, est certainement liée à la franc-maçonnerie.

Nouvelles de France

 

Le cardinal Barbarin, pour l'honneur

 

Rompant avec le mutisme de la quasi-totalité des évêques de France, après le courageux Mgr Cattenoz, le cardinal Philippe Barbarin, primat des Gaules, a pris l'initiative d'adresser un communiqué à l'AFP pour demander le « retrait » de l'« œuvre » d'Andres Serrano, Piss Christ, exposé à l'hôtel de Caumont qui abrite la collection du galeriste Yves Lambert en Avignon. Un texte court et sans circonlocutions.

« C'est une offense, une blessure profonde pour nous, surtout en cette Semaine Sainte, car elle touche Celui qui nous "a aimés jusqu‘à l'extrême" », écrit le cardinal Barbarin : « Jésus nous a préparés : "Heureux serez-vous lorsqu'on vous insultera" et il nous demande : "Priez pour ceux qui vous persécutent." J'espère que nous aurons assez de courage intérieur pour le faire. »

Oui, on nous persécute, le mot est juste. Cette persécution nous touche dans ce que nous adorons et devrions aimer le plus profondément, notre Sauveur qui nous demande de regarder toute souffrance humaine à travers sa souffrance indicible, tout comme son Père regarde et réhabilite notre humaine nature déchue en aimant son Fils qui a assumé notre misère pour nous en laver. Cette persécution, toujours la même, est au fond une manière de nous demander de renier le Christ, de l'avilir, de sacrifier aux idoles du jour.  L'attitude chrétienne devant la persécution n'est pas la soumission résignée et encore moins la complicité, pour en éviter les conséquences parfois mortelles - ici, la « mort sociale » qu'appelle le qualificatif d'« intégriste ». Elle est proclamation de la vérité, quoi qu'il en coûte. Dire qu'il est heurtant, blessant et somme toute stupide de plonger l'image du Christ souffrant dans l'urine pour la photographier ne nous permettra certes pas d'être cooptés au sein du petit monde très lucratif de l'art contemporain. Ni de hurler avec les snobs.

L'idole du jour, en l'occurrence, c'est bien l'argent. De Piss Christ, il existe dix tirages - des « cibachromes » directement réalisés d'après diapositive - « originaux » dont l'un a été vendu en 2008 pour la jolie somme de 277 000 dollars. A condition de boire beaucoup, d'investir dans un crucifix en plastique et un bocal en verre, et de maîtriser un peu la photographie et la saturation des couleurs chaudes dans les tirages, la réalisation d'une telle « œuvre » est à la portée du bien des gens. Après, c'est juste la valeur marchande de l'objet qui peut varier. Réalisée par Dupont, c'est zéro euro. Andres Serrano, spécialiste de la « transgression », avait déjà touché 15 000 dollars de subventions publiques en 1987 à New York pour réaliser son œuvre - ce n'étaient même pas des « avances sur recettes ».

Joli filon, en vérité, puisque d'autres « immersions » dans des fluides corporels - sang, urine, sperme, lait de femme - d'objets aussi divers que des photos ou statuettes bon marché du pape, de la Vénus de Milo, de Dante, de Moïse, d'un discobole ou de l'Enlèvement des Sabines ont permis de réaliser des séries de tirages plus ou moins abondants cotés à 20 000 dollars, livres ou euros. Ça vaut moins qu'une image du Christ, forcément. Mais on en tire quand même un revenu confortable.

Lorsque Fabrice Hadjadj, dans une tribune décevante publiée par Le Figaro de ce mercredi, prend au sérieux les protestations du très catholique Serrano qui se veut « artiste chrétien », qui dit n'avoir « aucune sympathie pour le blasphème », il se laisse, à mon avis, embobiner. Lorsqu'il cite la sœur carmélite et critique d'art Wendy Beckett qui voit dans Piss Christ une évidence de « ce que, par nos péchés, nous faisons au Christ », il vise à côté. Car quel serait alors le sens des « immersions » du Discobole ou de Vénus ?

Le Christ aux Outrages, ça nous connaît, nous catholiques qui sommes convaincus d'y être personnellement, chacun, pour quelque chose dans les insultes et les coups reçus par Notre Seigneur. Mais les « Christ aux Outrages » ne prétendent pas L'outrager. Choisir comme titre pour une œuvre qui, visuellement et si l'on n'en connaissait pas le procédé et l'intention de réalisation, ne serait pas choquante, un mot vulgaire accolé au nom de l'Homme-Dieu, dans le contexte d'une « œuvre » qui se complaît dans la pornographie, la scatologie, la fascination des cadavres putrescents, c'est signer son travail. Une signature qui vaut de l'or dans ce bas monde. Mais dans l'autre ?

Aujourd'hui le monde médiatique s'étrangle devant l'acte de « vandalisme » qui a frappé Piss Christ, mais la photographie est réexposée en l'état, porteuse d'une valeur encore plus grande depuis qu'elle a provoqué la publicité et les discours qui sont l'essence même de l'art contemporain.

L'institut Civitas, qui a magnifiquement porté la contestation publique de l'exposition de Piss Christ en « tête d'affiche » de l'exposition en cours en Avignon, a réagi par la voix de son secrétaire général, Alain Escada : « Je constate que ce fait divers permet une victimisation qui tombe bien à point pour la direction de la collection Lambert et permet de redorer son blason alors qu'elle était stigmatisée, y compris par des députés et sénateurs, pour le caractère offensant et anti-chrétien qu'elle véhiculait à travers le contenu de cette exposition. »

Ce mercredi matin, l'AGRIF - Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne - demandait en référé le retrait de toutes les expositions publiques de Piss Christ. Nous vous en donnerons des nouvelles dans notre numéro de demain. Sachez, pour l'heure, que l'association « Croyances et libertés » des évêques de France, censée intervenir en justice pour faire respecter les droits des catholiques en France, ne semble pas avoir agi depuis... 2005.

Jeanne Smits

Posté le 24 avril 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Lettre pastorale de Mgr. de Monléon

Lettre pastorale de S.Exc. Mgr Albert-Marie de Monléon

Evêque de Meaux

 

Le Pape Jean-Paul II : Quelques souvenirs

 

La prochaine béatification du Pape Jean-Paul II nous remet en mémoire bien des aspects de sa personnalité, de ses enseignements, de son pontificat si marquant pour l'Église. Ayant eu, à plusieurs reprises, la chance d'approcher Jean-Paul II, je voudrais évoquer ici quelques souvenirs personnels. La première fois que je l'ai rencontré, grâce à un ami commun, c'était à Cracovie. Il en était alors archevêque. Je fus impressionné par la pauvreté du Palais épiscopal, nous étions en pleine Pologne soviétique, qui contrastait avec la noblesse de la maison. C'est son secrétaire, le jeune P. Stanislas Dziwisz, qui nous introduisit. Le Cardinal Wojtyla écouta attentivement l'objet de notre visite que lui présentait notre ami. Ce qui m'a frappé, et dont je garde encore le vif souvenir, c'est la qualité de son écoute, de son silence. Après quelques mots sur l'Église en France et son accord donné pour mon bref ministère en Pologne, je repartis convaincu d'avoir rencontré une des grandes figures non seulement de l'Église polonaise mais du catholicisme.

Un autre souvenir marquant c'est lorsque, accompagnant le cardinal Suenens, archevêque de Malines-Bruxelles et proche de Jean-Paul II, j'eus la grâce de concélébrer avec eux, dans la chapelle privée du Palais apostolique. Le Pape venait d'instaurer cet usage d'accueillir à sa messe privée évêques, prêtres et fidèles. Il célébrait à 7 heures du matin et il fallait arriver une bonne demi-heure avant. Dans le petit jour, on traversait, avec le trac et l'estomac noué, Rome endormie. Accueillis par Mgr. Dziwisz, la première vision, que, du couloir silencieux qui donnait sur la chapelle, l'on avait de Jean- Paul II, était, dans sa soutane blanche, sa carrure massive penchée, dans une prière immobile et intense. Il fallait toute la persuasion des signes de Mgr. Dziwisz pour oser entrer sur la pointe des pieds ! Cette vision de Jean-Paul II, plongé en prière pendant un long moment, ne m'a jamais quitté lorsque je pense à lui.

J'ai eu, par la suite d'autres occasions de l'approcher. Ce fut le cas, par exemple, lors de grandes célébrations pontificales à Saint-Pierre de Rome, et, toujours, ce même sentiment d'intériorité intense et de prière. Comme évêque, j'ai eu évidemment plusieurs opportunités de rencontrer Jean-Paul II : visites ad Limina, JMJ à Paris, Rome, pèlerinage à Lourdes, etc. C'était souvent l'occasion de constater sa perspicacité, son intelligence, son humour, son à propos.

Une dernière impression, marquante. J'ai constaté que le Pape, au cours de grandes célébrations ou dans des rencontres plus restreintes, manifestait à la fois une grande docilité - et même une sorte d'abandon - à ce à quoi l'invitaient les cérémoniaires, son secrétaire, son entourage, il se laissait complètement guider, et, en même temps, et je pense que c'était un trait caractéristique de sa personnalité, il ne faisait aucun doute, par l'intensité de sa présence, que c'était lui qui menait l'action.

 

+ Fr. Albert-Marie de Monléon,o.p. Évêque de Meaux

Posté le 24 avril 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Profanation en Avignon

Profanation d'un Christ en Croix dans un musée et sur la voie publique d'Avignon

 

Le 14 avril 2011, l'Archevêque demande le retrait d'une photo exposée à la Collection Lambert.

L'Archevêque d'Avignon demande le retrait d'une photographie d'Andres Serrano, mettant en scène un crucifix trempé dans son urine et présentée dans le cadre d'une exposition célébrant les dix ans de la collection d'art contemporain Yvon Lambert.

"Devant le côté odieux de ce cliché qui bafoue l'image du Christ sur la croix, cœur de notre foi chrétienne, je me dois de réagir. Toute atteinte à notre foi nous blesse, tout croyant est atteint au plus profond de sa foi. Devant la gravité d'un tel affront, j'ai essayé de joindre en urgence le responsable de l'exposition pour lui demander de retirer le cliché mis en cause ainsi que les clichés affichés dans la ville ; je n'ai encore aucune réponse de sa part. Je me dois d'alerter publiquement les autorités de mon pays qui se targuent avec beaucoup de gesticulations de défendre une laïcité positive."

Monseigneur Jean-Pierre Cattenoz
Archevêque du diocèse d'Avignon

 

 « Comment est-il possible de déposer un crucifix dans un verre, de "pisser sur le Christ en croix" jusqu'à remplir le verre, prendre un cliché du résultat et déclarer qu'il s'agit d'une œuvre d'art ? Pour moi, évêque, comme pour tout chrétien et tout croyant, il s'agit là d'une provocation, d'une profanation qui nous atteint au cœur même de notre foi !

Comment est-il possible de ressortir une telle ordure des poubelles de l'histoire - le cliché date de 1987 - pour l'exposer dans la cité des papes ? La collection Lambert n'a-t-elle pas perçu qu'elle exposait une photographie qui blessait gravement tous ceux pour qui la Croix du Christ est le cœur de leur foi ? Ou bien a-t-elle voulu provoquer les croyants en bafouant ce qui pour eux est au cœur de leur vie : la Croix du Christ, unique source de vie pour l'humanité ?

Comment les autorités locales interrogées se sont-elles lavé les mains comme Pilate autrefois en déclarant que la municipalité, qui subventionne en partie la collection, n'avait pas "vocation à s'immiscer dans les choix artistiques effectués par les responsables d'un lieu qui n'est pas un musée municipal et dont la collection appartient à un mécène privé" ?

Les autorités locales n'ont-elles pas entre autre pour mission d'assurer le respect de la foi des croyants de toute religion ? Or une telle œuvre reste une profanation qui, à la veille du vendredi saint où nous ferons mémoire du Christ qui a donné sa vie pour nous en mourant sur la Croix, nous touche au plus profond de notre cœur.

Y aurait-il parfois deux poids et deux mesures ? Si un cliché représentant un Coran trempé dans l'urine d'un photographe était affiché aux yeux de tous comme une œuvre d'art, la réaction des autorités locales, de l'Etat, serait immédiate pour dénoncer une telle atteinte à la foi de nos frères musulmans. Il serait demandé à la justice de condamner les auteurs de tels comportements, et je serais le premier à m'associer à leur réaction pour dénoncer ce qui serait une profanation grave, un scandale touchant la foi de ces croyants.

Comment et pourquoi les autorités de l'État restent-elles sans réagir devant l'affichage d'un Christ trempant dans de l'urine ? Devant un tel scandale, je me dois d'alerter publiquement les autorités de mon pays qui se targuent de défendre une laïcité positive et qui par ailleurs tolèrent une fois de plus l'affichage de photos qui portent gravement atteinte à la foi des chrétiens. Une fois encore, dans le cas d'atteinte à notre foi chrétienne, le silence reste la règle de la part des autorités, et elles continuent à soutenir des comportements qui nous blessent au cœur de notre foi et plus encore en ce temps de la Passion et de tout ce que cela représente pour nous. »

Avignon le 8 avril 2011

+ Jean-Pierre Cattenoz, Archevêque d'Avignon

Posté le 16 avril 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Message du Saint-Père

S.S. Benoît XVI

Angelus du 10 avril 2011

 

La résurrection du Christ, ouverture d'une réalité nouvelle

 

Chers frères et sœurs,

Il n'y a plus que deux semaines avant Pâques et les lectures bibliques de ce dimanche parlent toutes de la résurrection. Pas encore de celle de Jésus, qui surgira comme une nouveauté absolue, mais de notre résurrection, celle à laquelle nous aspirons, et que justement le Christ nous a donnée, en ressuscitant des morts. En effet, la mort représente pour nous comme un mur qui nous empêche de voir au-delà ; et pourtant notre cœur se porte au-delà de ce mur, et même si nous ne pouvons pas connaître ce qu'il cache, cependant nous y pensons, nous l'imaginons, en exprimant notre désir d'éternité par des symboles.

Au peuple juif, en exil loin de la Terre d'Israël, le prophète Ezéchiel annonce que Dieu ouvrira les tombeaux des déportés et les fera revenir sur leur terre, pour qu'ils y reposent en paix (cf. Ez 37,12-14). Cette aspiration ancestrale de l'homme à être enterré avec ses ancêtres est une aspiration à une « patrie » qui l'accueille au terme des fatigues terrestres. Cette conception ne comporte pas encore l'idée d'une résurrection des morts personnelle : elle apparaît seulement vers la fin de l'Ancien Testament, et elle n'était encore pas accueillie par tous les juifs au temps de Jésus. Du reste chez les chrétiens aussi, il n'est pas rare que la foi dans la résurrection et dans la vie éternelle s'accompagne de nombreux doutes, de beaucoup de confusion, parce qu'il s'agit toujours d'une réalité qui dépasse les limites de notre raison, et requiert un acte de foi.

Dans l'Evangile d'aujourd'hui - la résurrection de Lazare - nous écoutons la voix de la foi dans la bouche de Marthe, sœur de Lazare. A Jésus qui lui dit : « Ton frère ressuscitera », elle répond : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection » (Jn 11, 23-24). Mais Jésus répond : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra » (Jn 11, 25-26).

Voilà la vraie nouveauté, qui surgit et dépasse toutes les barrières ! Le Christ abat le mur de la mort, en Lui habite toute la plénitude de Dieu, qui est la vie, la vie éternelle. C'est pourquoi la mort n'a pas eu de pouvoir sur lui : et la résurrection de Lazare est le signe de sa domination totale sur la mort physique, qui devant Dieu est comme un sommeil (cf. Jn 11, 11).

Mais il est une autre mort, qui a coûté au Christ la lutte la plus dure, et même le prix de la croix : c'est la mort spirituelle, le péché, qui menace de ruiner l'existence de chaque homme. Pour vaincre cette mort, le Christ est mort, et sa résurrection n'est pas un retour à la vie précédente, mais l'ouverture d'une réalité nouvelle, une « terre nouvelle », finalement unie à nouveau au Ciel de Dieu.

C'est pourquoi saint Paul écrit : « Si l'Esprit de Dieu, qui a ressuscité Jésus d'entre les morts, habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d'entre les morts, donnera la vie aussi à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8, 11).

Chers frères, adressons-nous à la Vierge Marie, qui participe déjà à cette résurrection, afin qu'elle nous aide à dire avec foi : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Jn 11,27), à découvrir vraiment que Lui est notre salut.

 

Le Saint-Père s'adresse aux pèlerins francophones

Chers pèlerins francophones, avec l'évangile de ce dernier dimanche de Carême nous voici face au mystère ultime de notre existence : « Je suis la résurrection et la vie... Le crois-tu ? » La communion avec le Christ, aujourd'hui, nous prépare à franchir l'obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui. Ainsi se révèle le sens ultime de notre vie terrestre et sa dimension authentique et définitive : notre vocation est unique, à savoir divine. Confions-nous à la Vierge Marie pour nous plonger comme elle dans la mort et la résurrection de son Fils et avoir la vie éternelle ! Je vous bénis de grand cœur ainsi que vos familles !

 

Posté le 16 avril 2011 par Nouvelles Romaines


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