Sans titre

Le Bulletin de la semaine

    Le bulletin de la semaine

 

POUR AIDER LA FRATERNITE ST PIERRE A FONTAINEBLEAU

POUR AIDER LA FRATERNITE ST PIERRE A FONTAINEBLEAU

 

Avantage fiscal : Chaque année, vous recevrez un reçu vous permettant de déduire de vos impôts 66 % du montant de vos versements. Ainsi, un don annuel de 150 € ne vous « coûte »  que 51 €.

 

#......................................................................................................

 

1. Talon à retourner à la Maison Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus

 

Je soussigné (e) .......................................................................(Nom et Prénom)

domicilié(e)...............................................................................................................................................................................................................

vous informe qu'à compter du mois de ..........................................., je donne à la Fraternité Saint-Pierre de Fontainebleau la somme de : ¨  15 €  ¨ 20 €  ¨  30 €

¨ Autre montant : .................

#......................................................................................................

 

2. Talon à retourner à votre banque ou centre de chèques postaux

 

Je soussigné (e) .......................................................................(Nom et Prénom)

domicilié(e)...............................................................................................................................................................................................................

titulaire du compte n°...................................vous demande de bien vouloir virer le.................de chaque mois (ß rayer la mention inutileà) le ..........de chaque trimestre civil la somme de ¨  15 €  ¨ 20 €  ¨  30 € ¨ Autre montant : ................. sur le compte

« Fraternité sacerdotale Saint-Pierre » (RIB ci dessous).

 

Date :                                                       Signature :

 

Titulaire du compte

 

                FRATERNITE SACERDOTALE ST PIERRE

                82 B RUE ARISTIDE BRIAND

                77300 FONTAINEBLEAU

 

Identification national de compte bancaire - RIB

 

CODE BANQUAIRE

INDICATIF

NUMERO DE COMPTE

Clé RIB

30002

06934

0000079442L

33

 

DOMICILIATION

CL FONTAINEBLEAU 06934

Posté le 16 avril 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Le Pater

LE PATER

 

Le Pater introduit la préparation de la troisième partie de la messe : la communion, conclusion de tout le mystère, nécessaire non à la validité, mais à l'intégrité du sacrifice. Les différentes prières qui constituent cette préparation à la communion ne forment pas un ensemble homogène, mais sont le résultat du développement de la liturgie au cours des siècles.

Il semble qu'au départ le rituel de la communion fut très simple et probablement assez court : le prêtre procédait à la fraction des espèces eucharistiques, à la consommation du sacrifice et à la communion des fidèles sans prières particulières. C'est progressivement qu'aux gestes s'unirent les chants et les formules. La communion était moins considérée comme une partie constitutive de la célébration de la messe, que comme la fin et la conclusion du sacrifice. Peu à peu on se prépara à la communion par des prières propres dont la plus ancienne certainement est le Pater.

Comme souvent, l'origine de l'introduction du Pater nous est mal connue. On peut dire cependant que dans la liturgie romaine, son usage est encore inconnu au III e siècle[1], mais on ne peut établir avec certitude le moment où il fut introduit dans la messe. Le plus ancien témoignage nous est donné en Orient par St Cyrille de Jérusalem  au IV e siècle dans ses catéchèses mystagogiques adressées aux nouveaux baptisés. Ce témoignage nous montre que la prière du Pater se plaçait en Orient juste avant la «fractio panis ». St Augustin nous donne la tradition occidentale au V e siècle et atteste de la généralisation du Pater pendant la messe, mais sa place est située après la fraction et non avant. C'est St Grégoire le Grand vers l'an 600 qui plaça le Pater juste après le Canon, ce qui lui fut très vivement reproché, car on l'accusa de vouloir introduire des usages grecs dans la liturgie romaine. Il s'en défendit dans une lettre adressée à l'évêque de Syracuse. La raison alléguée par le pape fut que les Apôtres auraient récité le Pater sur l'hostie, et qu'il ne convenait pas de réciter une prière composée par un homme et d'omettre à ce moment une prière composée par N.S.J.C. lui-même. Il réfute également l'accusation d'imiter les rites grecs : « La prière du Seigneur, chez les Grecs, est dite par tout le peuple ; chez nous, par le prêtre seul ».

Il était donc de l'usage de Rome et des rites occidentaux (à l'exception de l'ancienne liturgie gallicane) de faire réciter le Pater par le seul prêtre au nom des fidèles. Il est probable qu'il faut y voir un reste de l'ancienne discipline de l'arcane de l'antiquité chrétienne. Cette prière était si sacrée qu'elle ne devait être divulguée qu'aux seuls baptisés. Les chrétiens en faisaient un véritable mystère à tenir rigoureusement secret, à ne même pas mettre par écrit. Pour cette raison, le Pater comme le Credo ne fut jamais récité qu'à voix basse. Le respect qui accompagnait le Notre Père, le faisait réserver au célébrant à l'autel, tenant la place de l'unique Médiateur entre Dieu et les hommes. Au Moyen-Age la valeur consécratoire qui était parfois attribuée au Pater a pu aussi expliquer que le prêtre le prononce seul comme le Canon.

Le Pater n'est pas seulement le prolongement du Canon, il est aussi et surtout une préparation à la ste communion. Préparation parfaite, parce que nous entendons la quatrième demande, celle du pain eucharistique et parce que, Dieu ne pouvant accepter le sacrifice de celui qui n'est pas réconcilié avec son prochain, il nous fait affirmer que nous pardonnons nos offenses à ceux qui nous ont offensés.

La prière du Seigneur est un des legs les plus précieux que nous ait laissé N.S.J.C. Qui peut compter les Pater qui depuis 2000 ans sont montés du cœur des hommes ? Qui peut mesurer toutes les grâces descendues en réponse à une telle supplication ? Aussi devons-nous la dire avec un très profond respect. Récitons-la sans cesse, comme en savourant chaque demande.

 


[1] Les Constitutions apostoliques et le règlement de St Hyppolite ne connaissent pas l'usage du Pater.

Posté le 11 avril 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Assise 2011

Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde A ASSISE le 27 octobre

 

Le 02 avril 2011, Communiqué de presse du Saint-Siège :

 

« Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix »

 

Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde

Le 1er janvier dernier, à la fin de la prière de l'Angelus, le Pape Benoît XVI a annoncé vouloir solenniser le 25ème anniversaire de la rencontre historique qui s'est tenue à Assise le 27 octobre 1986, sur la volonté du vénérable Serviteur de Dieu Jean Paul II. En vue de cet événement, le Saint-Père entend convoquer, le 27 octobre prochain, une Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde, se rendant en pèlerin dans la cité de Saint François et invitant à nouveau à s'unir à ce chemin les frères chrétiens des diverses confessions, les représentants des traditions religieuses du monde et, de quelque manière, tous les hommes de bonne volonté.

La Journée aura comme thème : « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ». Chaque être humain est, au fond, un pèlerin en quête de la vérité et du bien. C'est pourquoi l'homme religieux reste toujours en chemin vers Dieu : de là naît la possibilité, ou mieux, la nécessité de parler et de dialoguer avec tous, croyant ou non croyants, sans renoncer à sa propre identité ou céder à des formes de syncrétisme ; dans la mesure où le pèlerinage de la vérité est vécu de façon authentique, il ouvre au dialogue avec l'autre, sans exclure personne et il engage chacun à être constructeur de fraternité et paix. Ce sont ces éléments que le Saint-Père désire mettre au centre de la réflexion.

Pour ce motif, seront invités à partager le chemin des représentants des communautés chrétiennes et des principales traditions religieuses de même que certaines personnalités du monde de la culture et de la science qui, sans faire profession de religion, se sentent sur la voie de la recherche de la vérité et perçoivent la commune responsabilité pour la cause de la justice et de la paix dans notre monde.

L'image du pèlerinage résume donc le sens de l'évènement qui se célébrera : on fera mémoire des étapes parcourues, depuis la première rencontre d'Assise jusqu'à la suivante de janvier 2002 et, en même temps, on tournera le regard vers l'avenir, avec le désir de continuer, avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté, à marcher sur la voie du dialogue et de la fraternité, dans le contexte d'un monde en rapide transformation. Saint François, pauvre et humble, nous accueillera de nouveau tous dans sa cité, devenue symbole de fraternité et de paix.

Les délégations partiront de Rome, en train, le matin même du 27 octobre, ensemble avec le Saint-Père. A l'arrivée à Assise, on se rendra près de la Basilique de Sainte Marie des Anges, où aura lieu un moment de commémoration des rencontres précédentes et d'approfondissement du thème de la Journée. Des membres de certaines délégations présentes interviendront et le Saint-Père prendra lui-même la parole.

Suivra un déjeuner frugal, partagé avec les délégués : un repas à l'enseigne de la sobriété qui entend exprimer le fait de se retrouver ensemble fraternellement et, en même temps, la participation aux souffrances de tant d'hommes et de femmes qui ne connaissent pas la paix. Un temps de silence suivra pour la prière et la réflexion de chacun. Dans l'après-midi, tous ceux qui seront présents à Assise participeront à un chemin qui serpentera vers la Basilique de Saint François. Ce sera un pèlerinage auquel prendront part pour la dernière étape également les membres des délégations ; ainsi, on entend symboliser le chemin de chaque être humain dans la recherche assidue de la vérité et dans la construction active de la justice et de la paix. Il se déroulera en silence, laissant la place à la prière et à la méditation personnelle. A l'ombre de la Basilique de Saint François, là où se sont conclues les précédentes rencontres, se tiendra le moment final de la journée avec le renouvellement solennel de l'engagement commun pour la paix.

Pour préparer cette journée, le Pape Benoît XVI présidera à Saint-Pierre, le soir précédent, une veillée de prière, avec les fidèles du Diocèse de Rome. Les Eglises particulières et les communautés répandues dans le monde sont invitées à organiser des moments de prière analogues.

Dans les prochaines semaines, les Cardinaux Présidents des Conseils Pontificaux pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, pour le Dialogue Interreligieux et pour la Culture adresseront les invitations au nom du Saint-Père. Le Pape demande aux fidèles catholiques de s'unir spirituellement à la célébration de cet événement important et est reconnaissant à tous ceux qui pourront être présents dans la cité de Saint François, pour partager cet heureux pèlerinage.

 

Posté le 11 avril 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

S.S. Benoît XVI

Audience générale du 30 mars 2011

saint Alphonse de Liguori

 

Je voudrais aujourd'hui vous présenter la figure d'un saint docteur de l'Eglise à qui nous devons beaucoup, car ce fut un éminent théologien moraliste et un maître de vie spirituelle pour tous, en particulier pour les personnes simples. Il est l'auteur des paroles et de la musique de l'un des chants de Noël les plus populaires en Italie et pas seulement : Tu scendi dalle stelle (Tu descends des étoiles).

Appartenant à une noble et riche famille napolitaine, Alphonse Marie de Liguori naquit en 1696. Doté de nombreuses qualités intellectuelles, il obtint à seulement 16 ans une maîtrise de droit civil et canonique. Il était l'avocat le plus brillant du barreau de Naples : pendant huit ans il gagna toutes les causes qu'il défendit. Toutefois, dans son âme assoiffée de Dieu et désireuse de perfection, le Seigneur le conduisait à comprendre que la vocation à laquelle il l'appelait était une autre. En effet, en 1723, indigné par la corruption et l'injustice qui viciaient le milieu juridique, il abandonna sa profession - et avec elle la richesse et le succès - et il décida de devenir prêtre, malgré l'opposition de son père. Il eut d'excellents maîtres, qui l'initièrent à l'étude de l'Ecriture Sainte, de l'histoire de l'Eglise et de la mystique. Il acquit une vaste culture théologique, qu'il mit à profit quand, quelque années plus tard, il entreprit son œuvre d'écrivain. Il fut ordonné prêtre en 1726 et il se lia, pour l'exercice de son ministère, à la Congrégation diocésaine des Missions apostoliques. Alphonse commença une action d'évangélisation et de catéchèse dans les couches les plus humbles de la société napolitaine, auxquelles il aimait prêcher, et qu'il instruisait sur les vérités fondamentales de la foi. Un grand nombre de ces personnes, pauvres et modestes, auxquelles il s'adressait, s'adonnaient souvent aux vices et accomplissaient des actes criminels. Il leur enseignait avec patience à prier, les encourageant à améliorer leur façon de vivre. Alphonse obtint d'excellents résultats : dans les quartiers les plus misérables de la ville se multipliaient les groupes de personnes qui, le soir, se réunissaient dans les maisons privées et dans les échoppes, pour prier et pour méditer la Parole de Dieu, sous la direction de plusieurs catéchistes formés par Alphonse et par d'autres prêtres, qui rendaient visite régulièrement à ces groupes de fidèles. Quand, suivant le désir de l'archevêque de Naples, ces réunions furent tenues dans les chapelles de la ville, elles prirent le nom de « chapelles du soir ». Elles furent de véritables sources d'éducation morale, d'assainissement social, d'aide réciproque entre les pauvres : les vols, les duels, la prostitution finirent presque par disparaître.

Même si le contexte social et religieux de l'époque de saint Alphonse était bien différent du nôtre, les « chapelles du soir » apparaissent comme un modèle d'action missionnaire auquel nous pouvons nous inspirer également aujourd'hui pour une « nouvelle évangélisation », en particulier des plus pauvres, et pour construire une coexistence humaine plus juste, fraternelle et solidaire. Une tâche de ministère spirituel est confiée aux prêtres, alors que des laïcs bien formés peuvent être des animateurs chrétiens efficaces, un authentique levain évangélique au sein de la société.

Après avoir pensé partir pour évangéliser les peuples païens, Alphonse, à l'âge de 35 ans, entra en contact avec les paysans et les pasteurs des régions intérieures du royaume de Naples et, frappé par leur ignorance religieuse et par l'état d'abandon dans lequel ils se trouvaient, il décida de quitter la capitale et de se consacrer à ces personnes, qui étaient pauvres spirituellement et matériellement. En 1732, il fonda la Congrégation religieuse du Très Saint Rédempteur, qu'il plaça sous la protection de l'évêque Tommaso Falcoia, et dont par la suite il devint lui-même le successeur. Ces religieux, guidés par Alphonse, furent d'authentiques missionnaires itinérants, qui atteignaient aussi les villages les plus reculés en exhortant à la conversion et à la persévérance dans la vie chrétienne, en particulier au moyen de la prière. Aujourd'hui encore les Rédemptoristes, présents dans de nombreux pays du monde, avec de nouvelles formes d'apostolat, continuent cette mission d'évangélisation. Je pense à eux avec reconnaissance, en les exhortant à être toujours fidèles à l'exemple de leur saint fondateur.

Estimé pour sa bonté et pour son zèle pastoral, en 1762 Alphonse fut nommé évêque de Sant'Agata dei Goti, un ministère qu'il quitta en 1775 avec l'autorisation du Pape Pie VI, à la suite des maladies dont il était atteint. Ce même Pape, en 1787, en apprenant la nouvelle de sa mort, qui eut lieu après de grandes souffrances, s'exclama : « C'était un saint ! ». Et il ne se trompait pas : Alphonse fut canonisé en 1839, et en 1871 il fut déclaré Docteur de l'Eglise. Ce titre lui convient pour de nombreuses raisons. Tout d'abord parce qu'il a proposé un riche enseignement de théologie morale, qui exprime de manière adaptée la doctrine catholique, au point qu'il fut proclamé par le Pape Pie XII « Patron de tous les confesseurs et moralistes ». A son époque, s'était diffusée une interprétation très rigoriste de la vie morale également en raison de la mentalité janséniste qui, au lieu d'alimenter la confiance et l'espérance dans la miséricorde de Dieu, fomentait la peur et présentait un visage de Dieu revêche et sévère, bien éloigné de celui que nous a révélé Jésus. Saint Alphonse, en particulier dans son œuvre principale intitulée Théologie morale, propose une synthèse équilibrée et convaincante entre les exigences de la loi de Dieu, gravée dans nos cœurs, pleinement révélée par le Christ et interprétée de manière faisant autorité par l'Eglise, et les dynamismes de la conscience et de la liberté de l'homme, qui précisément dans l'adhésion à la vérité et au bien permettent la maturation et la réalisation de la personne.

Alphonse recommandait aux pasteurs d'âme et aux confesseurs d'être fidèles à la doctrine morale catholique, en assumant, dans le même temps, une attitude charitable, compréhensive, douce, pour que les pénitents puissent se sentir accompagnés, soutenus, encouragés dans leur chemin de foi et de vie chrétienne. Saint Alphonse ne se lassait jamais de répéter que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et illumine l'esprit et le cœur du pécheur afin qu'il se convertisse et change de vie. A notre époque, où l'on voit de clairs signes d'égarement de la conscience morale et - il faut le reconnaître - d'un certain manque d'estime envers le sacrement de la confession, l'enseignement de saint Alphonse est encore de grande actualité.

A côté des œuvres de théologie, saint Alphonse rédigea de très nombreux écrits, destinés à la formation religieuse du peuple. Le style est simple et plaisant. Lues et traduites dans un grand nombre de langues, les œuvres de saint Alphonse ont contribué à façonner la spiritualité populaire des deux derniers siècles. Certaines d'entre elles sont des textes à lire avec un grand intérêt encore aujourd'hui, comme « Les Maximes éternelles », « Les gloires de Marie », « La pratique d'amour envers Jésus Christ », une œuvre - cette dernière - qui représente la synthèse de sa pensée et son chef-d'œuvre. Il insiste beaucoup sur la nécessité de la prière, qui permet de s'ouvrir à la Grâce divine pour accomplir quotidiennement la volonté de Dieu et poursuivre la sanctification personnelle. Au sujet de la prière, il écrit : « Dieu ne refuse à personne la grâce de la prière, par laquelle on obtient l'aide pour vaincre les concupiscences et les tentations. Et je dis, et je réponds et je répondrai toujours, tant que j'aurai vie, que tout notre salut réside dans la prière ». De là vient son célèbre axiome « Qui prie se sauve » (Grand moyen de la prière et opuscules semblables. Œuvres ascétiques II, Rome 1962, p. 171). Il me revient à l'esprit, à cet égard, l'exhortation de mon prédécesseur, le vénérable serviteur de Dieu Jean-Paul II : « Nos communautés chrétiennes doivent devenir d'authentiques "écoles" de prière... Il faut alors que l'éducation à la prière devienne en quelque sorte un point déterminant de tout programme pastoral » (Lett. ap. Novo Millennio ineunte, nn. 33.34).

Parmi les formes de prière conseillées avec ferveur par saint Alphonse se détache la visite au Très Saint Sacrement ou, comme nous dirions aujourd'hui, l'adoration, brève ou prolongée, personnelle ou communautaire, devant l'Eucharistie. « Assurément - écrit Alphonse - parmi toutes les dévotions celle d'adorer Jésus sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu, et celle qui nous est la plus utile... Oh, quel délice d'être devant un autel plein de foi... et lui présenter nos nécessités, comme fait un ami avec un autre ami intime ! » (Visites au Saint Sacrement et à la Sainte Vierge pour chaque jour du mois. Introduction). La spiritualité alphonsienne est en effet éminemment christologique, centrée sur le Christ et son Evangile. La méditation du mystère de l'Incarnation et de la Passion du Seigneur sont fréquemment l'objet de sa prédication. Dans ces événements en effet la Rédemption est offerte « copieusement » à tous les hommes . Et précisément parce qu'elle est christologique, la piété alphonsienne est aussi absolument mariale. D'une grande dévotion pour Marie, il en illustre le rôle dans l'histoire du salut : associée à la Rédemption et Médiatrice de grâce, Mère, Avocate et Reine. En outre, saint Alphonse affirme que la dévotion à Marie nous sera d'un grand réconfort au moment de notre mort. Il était convaincu que la méditation sur notre destin éternel, sur notre appel à participer pour toujours à la béatitude de Dieu, tout comme sur la tragique possibilité de la damnation, contribue à vivre avec sérénité et engagement, et à affronter la réalité de la mort en conservant toujours toute sa confiance dans la bonté de Dieu.

Saint Alphonse de Liguori est un exemple de pasteur zélé, qui a conquis les âmes en prêchant l'Evangile et en administrant les sacrements, s'unissant à une façon d'agir marquée par une bonté sereine et douce, qui naissait de l'intense rapport avec Dieu, qui est la Bonté infinie. Il a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu'à ceux de l'esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.

En conclusion, je voudrais rappeler que notre saint, de manière analogue à saint François de Sales - dont j'ai parlé il y a quelques semaines - insiste pour nous dire que la sainteté est accessible à chaque chrétien : « Le religieux comme religieux, le séculier comme séculier, le prêtre comme prêtre, le mari comme mari, le marchand comme marchand, le soldat comme soldat, et ainsi de suite pour tout autre statut » (La pratique de l'amour envers Jésus Christ. Œuvres ascétiques I, Rome 1933, p. 79). Rendons grâce au Seigneur qui, avec sa Providence, suscite des saints et des docteurs en des lieux et en des temps différents, qui parlent le même langage pour nous inviter à croître dans la foi et à vivre avec amour et avec joie notre être chrétiens dans les actions simples de chaque jour, pour avancer sur le chemin de la sainteté, sur la route vers Dieu et vers la joie véritable. Merci.

 

A l'issue de l'audience générale le pape a résumé sa catéchèse en différentes langues et salué les pèlerins. Voici ce qu'il a dit en français :

 

Chers frères et sœurs,

Né en 1696, saint Alphonse de Liguori est un éminent théologien moraliste, un maître de vie spirituelle et un Docteur de l'Église. Assoiffé de Dieu et désireux de perfection, il abandonna sa brillante carrière d'avocat au forum de Naples pour devenir prêtre. Il commença à prêcher aux personnes modestes et à celles qui, en marge de la société, s'adonnaient aux vices et à la criminalité. Il contribua ainsi à la création de groupes de prière et d'éducation morale qui rayonnèrent sur la vie sociale. Il fonda en 1732 la Congrégation du Saint Rédempteur pour former de vrais missionnaires itinérants. Nommé évêque, il lutta contre le jansénisme, une interprétation rigoriste de la vie morale. Il exhortait les prêtres à être fidèles à la doctrine de l'Église et charitables envers les pénitents. Ses œuvres théologiques et ses nombreux écrits contribuèrent à modeler la spiritualité populaire des deux derniers siècles sur le plan christologique et marial. Privilégiant l'adoration eucharistique, Alphonse insista sur la nécessité de la prière car « celui qui prie se sauve ». Proclamé « patron de tous les confesseurs et des moralistes », Alphonse de Liguori est un pasteur exemplaire dont la bonté et la douceur proviennent de son intense relation avec Dieu.

Je salue avec joie les pèlerins francophones venus de Grèce, France et Suisse ! Durant ce temps de carême, tout chrétien est appelé à la sainteté. Par la prière, par l'amour pour Jésus présent dans l'Eucharistie et par la pratique du sacrement de la réconciliation, vous vous sanctifierez et vous changerez le visage de l'humanité ! Avec ma bénédiction !

 

Puis il a lancé un appel pour la Côte d'Ivoire

 

Depuis longtemps, ma pensée va souvent aux populations de la Côte d'Ivoire, traumatisées par de douloureuses luttes internes et de graves tensions sociales et politiques.

J'exprime ma proximité à tous ceux qui ont perdu un être cher et souffrent de la violence et je lance un appel pressant afin que soit engagé le plus vite possible un processus de dialogue constructif pour le bien commun. L'opposition dramatique rend plus urgent le rétablissement du respect et de la cohabitation pacifique. Aucun effort ne doit être épargné dans ce sens.

Avec ces sentiments, j'ai décidé d'envoyer dans ce noble pays, le cardinal Peter Kodwo Turkson, Président du Conseil pontifical « Justice et Paix », afin qu'il manifeste ma solidarité et celle de l'Église universelle aux victimes du conflit, et encourage à la réconciliation et à la paix.

 

Posté le 05 avril 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

Benoît XVI : La valeur pédagogique

de la confession

 

Le 25 mars 2011, Benoît XVI s'est adressé aux participants au cours sur le for interne, organisé par la Pénitencerie apostolique, centrant son discours sur la valeur pédagogique de la confession: La mission du prêtre, a-t-il dit, "constitue un observatoire unique et privilégié d'où il voit chaque jour la splendeur de la miséricorde divine. L'administration du sacrement de la pénitence lui offre de grandes leçons d'humilité et de foi. C'est un appel puissant à caque prêtre à être conscient de son identité propre. Mai sa seule humanité ne saurait permettre d'entendre la confession des frères qui ne viennent à lui que parce qu'il est configuré au Christ, prêtre suprême et éternel, capable d'agir en son nom et place. Le prêtre rend réellement présent Dieu qui pardonne, rénove et transforme".

Célébrer le sacrement de la pénitence revêt également une dimension pédagogique pour le prêtre, "quant à sa foi, la vérité de son être et sa pauvreté, alimentant l'identité sacramentale de sa conscience. Il est certain que la réconciliation sacramentale est un moment où la liberté personnelle et la conscience de soi s'expriment d'une manière particulière. C'est pourquoi, dans une époque de relativisme et de faible conscience du soi la pratique sacramentale s'affaiblit. L'examen de conscience a une grande importance car il entraîne à évaluer avec sincérité sa propre vie, à la confronter avec la vérité évangélique en l'évaluant au moyen de paramètres non seulement humains mais inspirés par le Révélation. Vivre avec les commandement, les béatitudes et le précepte de l'amour constitue la première grande école pénitentielle". Chers prêtres, a conclu le Pape, "ne craignez pas de donner tout son espace au ministère de la pénitence sacramentale. Etre accueilli et écouté constitue un signe humain de l'accueil et de la bonté de Dieu envers ses enfants. La confession complète des péchés forme le pénitent à l'humilité, à la reconnaissance de sa fragilité, mais aussi à la conscience de la nécessité du pardon de Dieu et à la certitude de ce que la Grâce peut transformer la vie".

 

BENOIT XVI : DIALOGUE AVEC LES NON CROYANTS

A PARIS SUR LE PARVIS DE NOTRE DAME

 

Un Parvis des Gentils, au cœur de Paris, Cité des Lumières, pour que croyants et non-croyants retrouvent le chemin du dialogue autour des grandes interrogations de l'existence humaine, le chemin de la rencontre respectueuse et amicale. En ce jour de l'Annonciation du Seigneur, le vœu du Pape se réalise. Ce soir là, un message de Benoît XVI a été délivré sur écrans géants aux personnes rassemblées sur le parvis de Notre Dame pour une soirée festive, culturelle et spirituelle, point d'orgue de deux journées de dialogue et de réflexion.
L'initiative d'un Parvis des Gentils dont Paris n'est que la première étape, a été lancée par le Conseil pontifical de la Culture en réponse au vœu du Pape : deux jours de dialogue de haut niveau, à l'Unesco, à la Sorbonne, à l'Institut de France.

Lumières, religion et raison commune. C'était le thème de la séance inaugurale du Parvis des Gentils. Devant environ 250 personnes à l'Unesco, le cardinal Ravasi avait donné le coup d'envoi de deux jours de débats entre croyants et non croyants.
Sur les interventions de cette première journée, retrouvons Olivier Tosseri, notre envoyé sur place.

Le Parvis des Gentils a donc été lancé ce jeudi 24 mars à Paris. Une tentative pour répondre au « relativisme », « à la crise de vérité », à l' « effondrement éthique ». Le père François Bousquet , vice-recteur de l'Institut catholique de Paris est un des promoteurs du parvis des gentils.


Chers jeunes, chers amis !

Je vous sais nombreux rassemblés sur le parvis de Notre-Dame de Paris, à l'appel du Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, et du Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil Pontifical de la Culture. Je vous salue tous, sans oublier les frères et les amis de la Communauté de Taizé. Je suis reconnaissant au Conseil pontifical d'avoir repris et développé mon invitation à ouvrir dans l'Église des « Parvis des Gentils », image qui rappelle cet espace ouvert sur la vaste esplanade proche du Temple de Jérusalem, pour permettre à toutes celles et à tous ceux qui ne partageaient pas la foi d'Israël de s'approcher du Temple et de s'interroger sur la religion. Là, ils devaient pouvoir y rencontrer des scribes, parler de la foi et, même, prier le Dieu inconnu. Et si, à l'époque, le Parvis était en même temps un lieu d'exclusion, parce que les « Gentils » n'avaient pas le droit de pénétrer dans l'espace sacré, le Christ Jésus est venu « détruire la barrière qui séparait » juifs et gentils. « Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix : en sa personne il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix ... » (cf. Ep 2, 14-17), comme nous dit saint Paul.

Au cœur de la Cité des Lumières, devant ce magnifique chef-d'œuvre de la culture religieuse française, Notre-Dame de Paris, un grand parvis s'ouvre pour qu'une nouvelle impulsion soit donnée à la rencontre respectueuse et amicale entre des personnes de convictions différentes. Jeunes, croyants et non croyants, présents ce soir, vous voulez être ensemble, comme dans la vie de tous les jours, pour vous rencontrer et dialoguer à partir des grandes interrogations de l'existence humaine. Beaucoup aujourd'hui reconnaissent qu'ils n'appartiennent pas à une religion, mais désirent un monde neuf et plus libre, plus juste et plus solidaire, plus en paix et plus joyeux. En m'adressant à vous, je mesure tout ce que vous avez à vous dire : incroyants, vous voulez interpeller les croyants, notamment en exigeant d'eux le témoignage d'une vie qui soit en conformité avec ce qu'ils professent et en refusant toute déviation de la religion qui la rendrait inhumaine. Croyants, vous voulez dire à vos amis que ce trésor qui vous habite mérite un partage, une interpellation, une réflexion. La question de Dieu n'est pas un danger pour la société, elle ne met pas en péril la vie humaine ! La question de Dieu ne doit pas être absente des grandes interrogations de notre temps.

Chers amis, vous avez à construire des ponts entre vous. Sachez saisir la chance qui vous est présentée pour trouver au plus profond de vos consciences, dans une réflexion solide et argumentée, les voies d'un dialogue précurseur et profond. Vous avez tant à vous dire les uns aux autres. Ne fermez pas votre conscience aux défis et aux enjeux qui sont devant vous.

Je crois profondément que la rencontre entre la réalité de la foi et celle de la raison permet à l'homme de se trouver lui-même. Mais trop souvent la raison se plie face à la pression des intérêts et à l'attraction de l'utilité, contrainte de reconnaître cette dernière comme critère ultime. La recherche de la vérité n'est pas facile. Et si chacun est appelé au courage de se décider pour la vérité, c'est parce qu'il n'existe pas de raccourcis vers le bonheur et la beauté d'une vie accomplie. Jésus le dit dans l'Évangile : « La vérité vous rendra libre. »

Il vous appartient, chers jeunes, de faire que dans votre pays et en Europe, croyants et non croyants retrouvent le chemin du dialogue. Les religions ne peuvent avoir peur d'une juste laïcité, d'une laïcité ouverte qui permet à chacun et à chacune de vivre ce qu'il croit, en conformité avec sa conscience. S'il s'agit de bâtir un monde de liberté, d'égalité et de fraternité, croyants et non croyants doivent se sentir libres de l'être, égaux dans leurs droits de vivre leur vie personnelle et communautaire en fidélité à leurs convictions, et ils doivent être frères entre eux. L'une des raisons d'être de ce Parvis des Gentils, c'est d'œuvrer pour cette fraternité au-delà des convictions, mais sans en nier les différences. Et, plus profondément encore, reconnaissant que seul Dieu, dans le Christ, libère intérieurement et nous donne de nous rencontrer en vérité comme des frères.

La première des attitudes à avoir ou des actions que vous pouvez faire ensemble est de respecter, aider et aimer tout être humain, parce qu'il est créature de Dieu et d'une certaine manière la route qui mène à Lui. En poursuivant ce que vous vivez ce soir, contribuez à faire tomber les barrières de la peur de l'autre, de l'étranger, de celui qui ne vous ressemble pas, peur qui naît souvent de l'ignorance mutuelle, du scepticisme ou de l'indifférence. Devenez attentifs à resserrer les liens avec tous les jeunes sans distinction, c'est-à-dire en n'oubliant pas ceux qui vivent dans la pauvreté ou la solitude, ceux qui souffrent du chômage, traversent la maladie ou se sentent en marge de la société.

Chers jeunes, ce n'est pas seulement votre expérience de vie que vous pouvez partager, mais aussi votre approche de la prière. Croyants et non croyants, présents sur ce parvis de l'Inconnu, vous êtes invités à pénétrer aussi dans l'espace sacré, à franchir le magnifique portail de Notre-Dame et à entrer dans la cathédrale pour un moment de prière. Cette prière sera pour certains d'entre vous une prière à un Dieu qu'ils connaissent dans la foi, mais elle peut être aussi pour d'autres une prière au Dieu Inconnu. En vous unissant à celles et à ceux qui dans Notre-Dame sont en train de prier, en ce jour de l'Annonciation du Seigneur, chers jeunes qui ne croyez pas, ouvrez vos cœurs aux textes sacrés, laissez-vous interpeller par la beauté des chants, et si vous le voulez bien, laissez s'élever vers le Dieu Inconnu les sentiments qui vous habitent.

Je me réjouis d'avoir pu m'adresser à vous ce soir pour ce moment inaugural du Parvis des Gentils. J'espère que vous voudrez bien répondre à d'autres rendez-vous que je vous donne, notamment aux Journées Mondiales de la Jeunesse, cet été, à Madrid. Le Dieu que les croyants apprennent à connaître vous invite à le découvrir et à en vivre toujours davantage. N'ayez pas peur ! Sur la route d'un monde nouveau que vous parcourez ensemble, soyez des chercheurs d'Absolu et des chercheurs de Dieu, même vous pour qui Dieu est le Dieu Inconnu. Et que Celui-ci, qui aime chacun et chacune d'entre vous, vous bénisse et vous garde. Il compte sur vous pour prendre soin des autres et de l'avenir, et vous pouvez compter sur Lui !


 

Posté le 28 mars 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11   12   13   14   15   16   17   18   19   20   21   22   23   24   25   26   27   28   29   30   31   32   33   34  




Accueil     |   Liens utiles     |   Contacts     |   A propos de ce site  |   Administration
Nb de visiteurs:  92208 | Nb de visiteurs aujourd'hui:  17 | Nb de connectés:  1
Compteur mis en service le 20 mars 2007

Copyright "fssp.fontainebleau" 2016, tous droits réservés
Dernière mise à jour : Avril 2016