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Le Bulletin de la semaine

    Le bulletin de la semaine

 

Liturgie

LE SANCTUS

 

                C'est le chant de louanges et de triomphe qui suit la préface. Son origine est mal connue, même si elle demeure très ancienne, car utilisé intégralement ou en partie dans toutes les liturgies chrétiennes primitives en dehors de la prière eucharistique de St Hippolyte de Rome. Il fait suite et prolonge la préface, au point que la plus ancienne mélodie du Sanctus[1] n'est que la continuation du ton férial de la préface. Ce chant vient d'Isaïe, 6, 3 : « Les séraphins se criaient l'un à l'autre : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, Dieu des armées ; la terre entière est pleine de sa gloire ».

Il semble que le Sanctus était connu au premier siècle à Rome même comme faisant partie du fond liturgique de la première communauté chrétienne[2]. Certains auteurs y ont vu une origine synagogale[3] très ancienne, sans que cela puisse être affirmé avec certitude. Il fut introduit dans la messe d'abord en Orient et attesté avec certitude en Occident dans un document de l'an 400. Au milieu du IV e siècle son usage est alors répandu à la messe. Il est probable qu'à l'origine le Sanctus était chanté par le prêtre avec les fidèles avant le Canon. Le Liber Pontificalis[4] attribue au Pape Sixte 1er (115-125) la prescription faite aux fidèles de le chanter quand le prêtre commence le Canon de la Messe. Ainsi le Sanctus ne précédait plus le Canon, mais couvrait celui-ci qui alors fut prononcé en silence. Du VIII e au IX e siècle dans l'empire franc, on veille encore à ce que le peuple chante le Sanctus lui-même et avec le prêtre. Il est spécifié qu'il ne peut commencer le Te igitur, avant la fin du Sanctus. Mais la pratique finit par s'imposer d'elle-même de réciter le Canon à voix basse, surtout en raison du développement des mélodies et des longues modulations du Sanctus. Au XII e siècle, il apparaît encore en France comme commun au prêtre et aux fidèles. Mais déjà au IX e siècle on observait le transfert du chant du Sanctus des fidèles au chœur des clercs qui est à l'origine de notre schola actuelle. Au XVI e siècle la tendance fut de rejeter la seconde partie du Sanctus (le Benedictus) après ou même pendant la consécration, comme d'ailleurs le prévoie le Cérémonial des évêques paru en 1600. Il y a là une adaptation certaine aux conditions du chant polyphonique qui a réservé la première partie du Sanctus pour le début du Canon tandis que le Benedictus pouvait se développer après la consécration.

                Aux messes solennelles, le diacre et le sous-diacre récitent le Sanctus inclinés vers l'autel avec le prêtre. Cette attitude est le reste de l'ancienne tradition romaine qui faisait garder aux ministres cette position pendant tout le Canon. Seul le célébrant se redressait quand le chant avait cessé et poursuivait les prières. Selon l'usage actuel fixé par notre Missel romain, il se redresse dès qu'il prononce le Benedictus. Cela doit tenir qu'à ce moment là il trace sur lui un signe de croix, attesté depuis le XI e siècle.

La liturgie est à ce moment de la messe dans une situation comparable aux chants qui accompagnèrent l'entrée triomphale de N.S.J.C. dans Jérusalem le jour des rameaux. Aujourd'hui, au début du Canon, elle salue le Seigneur qui apparaît dans le mystère. L'ancienne liturgie n'attendait pas le moment de la consécration, car pour elle au contraire, tout le Canon était une prière consécratoire, qui n'était donc pas limité aux paroles de l'institution. C'est pendant toute cette grande prière sacrée que s'accomplit le mystère : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », c'est bien sûr le Seigneur lui-même qui vient sur l'autel. Maintenant, Il est entré, accompagné de son cortège d'anges, d'archanges et de séraphins et reçu par l'Eglise. Comme autrefois à Jérusalem, Il est entré dans la ville pour y gravir le trône de sa Croix. C'est maintenant qu'à sa suite le monde s'engage : « Quand je serai élevé de terre, c'est alors que j'attirerai tout à moi ».

 


[1] Kyriale N° XVII du Graduel Romain.

[2] Cité par St Clément de Rome dans sont épître aux Corinthiens au c. 34 .

[3] Il existe dans l'office du matin de la synagogue un triple Sanctus qui remonte au moins au II e siècle de notre ère.

[4] Vers 530.

Posté le 15 janvier 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

Pie XII et Jean-Paul II béatifiés en 2011 ?

 

Selon Andrea Tornielli, du quotidien italien Il Giornale, Jean-Paul II devrait être béatifié en 2011, probablement le dimanche 16 octobre, jour anniversaire de son élection. La commission médicale de la Congrégation des causes des saints a en effet adopté une position favorable sur le miracle attribué à l'intercession de Jean-Paul II. Ce dossier a également été approuvé par la commission théologique. Les cardinaux et évêques membres de la congrégation se réuniront prochainement pour valider l'ensemble du dossier, qui sera ensuite présenté à Benoît XVI.

Le 19 décembre 2009, Benoît XVI avait signé le décret reconnaissant les vertus héroïques de ses 2 prédécesseurs, Pie XII et Jean-Paul II. L'année dernière, un miracle attribué à Pie XII, auquel était lié Jean-Paul II, était examiné par la postulation de la cause de béatification. Il semble de plus en plus probable que Benoît XVI attende que le dossier de béatification de Jean-Paul II soit achevé, pour béatifier ensemble ces deux papes, afin de formaliser la fameuse herméneutique de réforme dans la continuité.

Le cardinal préfet de la Congrégation des causes des saints, le cardinal Angelo Amato, devrait soumettre au Pape, d'ici quelques semaines, le décret de reconnaissance du miracle dû à l'intercession de Jean-Paul II, ouvrant ainsi la voie à la béatification.

Michel Janva

 

LE SUPERIEUR DE LA FRATERNITE ST PIE X OPTIMISTE SUR UN ACCORD AVEC ROME

 

Mgr Fellay, le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a fait un saut en Calédonie pour Noël. Il a célébré la messe, à minuit et en latin, à Katiramona, dans le local de cette communauté qui revendique un retour au traditionalisme.

 

Les Nouvelles calédoniennes : Vous avez débarqué le 23 décembre à Tontouta. Vous souhaitiez être là pour Noël ?

Mgr Bernard Fellay : Ma visite est fortuite. J'étais en tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande pour ordonner des prêtres. Et comme j'ai eu du temps libre à Noël, j'ai décidé de venir encourager notre petite communauté (*) ici, qui vient de construire une chapelle, même si elle n'a pas encore de prêtre à plein-temps. Mais ça viendra.

 

La Fraternité Saint-Pie X se qualifie de traditionaliste quand on la taxe d'intégriste. Vous vous opposez pourtant à toutes les avancées progressistes de l'Eglise depuis 1962...

Notre situation est controversée, mais elle est aussi liée à ce qui se passe dans l'Eglise catholique. La vie de l'Eglise a changé avec le concile [Vatican II]. Et le bilan est dévastateur. La quantité de prêtres et de religieuses a baissé. Il y a une perte de vitesse religieuse généralisée. Il faut faire quelque chose pour restaurer la situation. La liberté totale démolit la société. Les hommes ont besoin d'une aide spéciale pour connaître le chemin de Dieu et le salut des âmes. D'ailleurs, le pape revient aux idées traditionnelles. Il voit très bien qu'il y a une déviation et qu'il faut la corriger. On est peut-être beaucoup plus proche du pape qu'il n'y paraît.

 

Avez-vous été surpris par Benoît XVI qui a dit tolérer le port du préservatif, dans des cas exceptionnels, pour lutter contre le sida ?

J'ai été un peu déçu par le livre. Mais je suis très heureux du changement intervenu depuis : on voit bien que Rome veut éclaircir cette question du préservatif qui a semé la confusion. Le préservatif n'est pas le moyen pour résoudre ce problème de la santé. Il va contre la nature de l'acte de mariage car il empêche le fruit normal de cet acte. La famille est très importante. L'acte doit se faire dans le mariage. Il y a une discipline à respecter qui avait beaucoup de valeur autrefois, et qui aujourd'hui est dépréciée.

Sentez-vous que vous êtes à contre-courant de l'évolution de la société ?

Oui je m'en rends bien compte. Mais, ça ne me gêne pas. Des fois, je dis même qu'on nous prend pour des Martiens. Mais nous ne sommes pas des Martiens.

 

                Le but de votre communauté est toujours d'intégrer l'Eglise catholique ?

Oui, on a toujours soutenu qu'on ne veut pas faire bande à part. On maintient qu'on est catholiques et qu'on le reste. Nous souhaitons que Rome nous reconnaisse comme de vrais évêques. D'ailleurs, on n'ose plus le mot schismatique à notre encontre. Alors si on n'est pas schismatiques, ni hérétiques, c'est qu'on est sacrément catholiques. D'ailleurs le pape dit qu'il y a seulement un problème d'ordre canonique. Il suffit d'un acte de Rome pour dire que c'est fini et nous rentrons dans l'Eglise. Ça viendra. Je suis très optimiste.

 

Vous accepteriez alors les décisions de Vatican II ?

Non, pas comme ça. Nous demandons que les grandes ambiguïtés de Vatican II soient dissipées.

Qu'est ce que vous appelez les grandes ambiguïtés ?

D'abord, la liberté religieuse : est-ce que ça veut dire que tout homme a droit de choisir sa religion ? Non, le bon Dieu n'en a fondé qu'une. Ensuite, l'œcuménisme : est-ce qu'un homme peut être sauvé dans d'autres religions que celle catholique ? Non, il n'y a que l'Eglise qui sauve.

 

Pourtant plusieurs religions existent de par le monde. Quelle légitimité avez-vous pour les nier ?

Je vois qu'elles existent, mais elles n'arrivent pas à produire les effets de la religion catholique. Pour l'affirmer, on se repose sur ce que dit l'Eglise ancienne. La démarche de l'Eglise est bien expliquée dans Vatican I. Il existe tout un tas de signes extérieurs qui permettent de reconnaître que la religion catholique est la vraie. C'est une science que l'on apprend. L'idéal serait bien sûr de prouver l'existence de Dieu. On s'en approche.

Propos recueillis par Bérengère Nauleau

Pour le journal « Les Nouvelles calédoniennes »

 

(*) En Calédonie, la Fraternité Saint-Pie X compterait quelque 200 fidèles, selon l'abbé Laisney qui fait les voyages entre la Nouvelle-Zélande et ici.

 

Benoît XVI à Assise en octobre pour une rencontre interreligieuse

 

Andréa Tornielli explique le sens de la démarche du Pape (La Bussola quotidiana) :

 

Après un Noël et un jour de l'An ensanglantés, Benoît XVI a fait à l'Angélus du 1er Janvier une annonce passée à la sauvette: la convocation des dirigeants des religions du monde à Assise en Octobre.

Un geste d'autant plus significatif, car inattendu, par lequel Ratzinger s'inscrit dans la continuité de son prédécesseur et entend célébrer le 25e anniversaire de cette rencontre interreligieuse voulue par le Pape Wojtyla à une époque où sur le monde était suspendue l'épée de Damoclès d'une guerre nucléaire.

Mais significative aussi parce que, lors de cette rencontre, il y eut des bavures et des abus, certainement pas dûs au Pape mais à la légèreté des organisateurs, qui finirent par faire passer un message syncrétique. On sait que le Cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, témoigna qu'il comprenait les objections.

Dans le livre "Foi, vérité et tolérance", Joseph Ratzinger parlait de "dangers indéniables" , écrivant que beaucoup avaient interprété de façon "erronée" la rencontre d'Assise. Mais il ajoutait qu '"il serait tout aussi erroné de rejeter en bloc et sans condition, la prière multi religieuse", expliquant qu'elle était soumise à certaines conditions.

La première est que ces rencontres interreligieuse ayant pour but l'invocation de la paix devaient "rester seulement comme un signe, dans des situations extraordinaires, où, pour ainsi dire, s'élève un cri d'angoisse commun, qui devrait toucher le cœur des hommes et en même temps toucher le cœur de Dieu. "

La seconde condition était de présenter l'événement "de manière extrêmement claire, afin de ne pas devenir une manifestation de relativisme , car il se priverait ainsi de son sens".

Benoît XVI a qualifié hier d'"acte vil de mort" les attaques contre les chrétiens coptes à Alexandrie en Egypte, ainsi que les bombes utilisées pour "expulser" les chrétiens d'Irak, parlant d'une "stratégie de la violence dirigée contre les chrétiens".

Un jugement qui témoigne de l'inquiétude croissante du Pape pour la situation mondiale. En 1986, la rencontre convoquée par le Pape Jean-Paul II avait eu lieu sous la menace d'une guerre nucléaire. En 1993, Karol Wojtyla voulut une deuxième rencontre dans la ville de Saint-François, au cours de la sanglante guerre contre la Yougoslavie. Une troisième rencontre avec les chefs religieux du monde a encore été présidée par le Pape Jean-Paul II, toujours à Assise, en Janvier 2002, peu après les attentats contre les Twin Towers.

Aujourd'hui, si Benoît XVI s'est décidé à répéter le geste, cela signifie que la spirale de la haine et la violence, l'exploitation du nom de Dieu pour justifier le terrorisme, la "stratégie" contre les chrétiens et la montée du fondamentalisme réclament la répétition de ce "cri d'angoisse commun", et surtout l'appel à travailler pour la paix et pour le droit à la liberté religieuse.

 

TOUS A LA MARCHE POUR LA VIE LE 23 JANVIER !

 

Les évêques français membres du Comité de soutien à la MARCHE POUR LA VIE :

 

S. Em. Mgr le Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon,

 

S. Exc. Mgr Marc Aillet évêque de Bayonne, Lescar et Oloron,

S. Exc. Mgr Gilbert Aubry évêque de Saint Denis de la Réunion,

S. Exc. Mgr Guy Bagnard évêque de Belley-Ars,

S. Exc. Mgr Jean-Claude Boulanger évêque de Sées

S. Exc. Mgr Philippe Breton évêque d'Aire et Dax,

S. Exc. Mgr Jean-Pierre Cattenoz archevêque d'Avignon,

S. Exc. Mgr Raymond Centène évêque de Vannes,

S. Exc. Mgr Hubert Coppentath archevêque de Papeete,

S. Exc. Mgr Emmanuel Delmas évêque d'Angers,

S. Exc. Mgr André Fort évêque d'Orléans,

S. Exc. Mgr François Jacolin évêque de Mende,

S. Exc. Mgr Jacques Perrier évêque de Tarbes-Lourdes,

S. Exc. Mgr Dominique Rey évêque de Fréjus-Toulon.

S. Exc. Mgr Jean-Pierre Batut evêque auxiliaire de Lyon,

S. Exc. Mgr Jacques Fihey évêque émérite de Coutances,

S. Exc. Mgr Claude Frikart évêque auxiliaire émérite de Paris,

S. Exc. Mgr Maurice Gaidon évêque émérite de Cahors,

S. Exc. Mgr Christian Kratz évêque auxiliaire de Strasbourg,

S. Exc. Mgr Joseph Madec évêque émérite de Fréjus-Toulon,

S. Exc. Mgr Gaston Poulain évêque émérite de Périgueux,

S. Exc. Mgr Raymond Séguy évêque émérite d'Autun, Chalon et Mâcon,

S. Exc. Mgr René Séjourné évêque émérite de Saint Flour.

Posté le 08 janvier 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

Nouveau Motu proprio de Benoît XVI

 

Le Pape a publié une lettre apostolique en forme de "motu proprio" pour la prévention et la lutte contre les activités illégales dans les domaines financier et monétaire.

"Le Siège Apostolique a toujours élevé la voix pour exhorter tous les hommes de bonne volonté, et surtout les responsables des Nations, à s'engager dans l'édification, y compris à travers une paix juste et durable en chaque partie du monde, de la cité universelle de Dieu vers laquelle avance l'histoire de la communauté des peuples et des Nations. Malheureusement à notre époque, dans une société toujours plus mondialisée, la paix est menacée par diverses causes parmi lesquelles celle d'un usage impropre du marché et de l'économie et celle, terrible et destructrice, de la violence perpétrée par le terrorisme, causant mort, souffrances, haine et instabilité sociale.

De façon très opportune, la communauté internationale se dote toujours plus de principes et d'instruments juridiques permettant de prévenir et de lutter contre les phénomènes du blanchiment et du financement du terrorisme. Le Saint-Siège approuve cet engagement et entend faire siennes ces règles dans l'utilisation des ressources matérielles qui servent à l'accomplissement de sa mission et des devoirs de l'Etat de la Cité du Vatican. Dans ce cadre, et en application de la Convention monétaire entre l'Etat de la Cité du Vatican et l'Union Européenne du 17 décembre 2009, j'ai approuvé pour ce même Etat la promulgation de la Loi relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment des capitaux provenant d'activités criminelles et le financement du terrorisme, du 30 décembre 2010, qui est aujourd'hui promulguée."

 

SER le cardinal Burke s'exprime sur la Liturgie et la place de la Forme Extraordinaire

 

S.Em. le Cardinal Burke s'exprime sur la liturgie et la place de la forme extraordinaire du rit romain , lors de son homélie de Dimanche en la paroisse de Ste Marie de Nazareth à Rome:

"Après le concile Oecuménique de Vatican II, mais non en raison du Concile, la modalité de réforme du rite de la Messe par certains cotés a beaucoup obscurci l'action divine dans la S ainte Messe , unissant ciel et terre, et a induit plusieurs à l'erreur que la Sainte Liturgie est une activité humaine, qu'en quelque sorte nous aurions inventé et avec laquelle nous pourrions faire des expériences.

La vérité de la Sacrée Liturgie est bien différente. Elle est en fait l'action de Jesus Christ , vivant dans Son corps mystique par l'effusion de l'Esprit Saint, et Son don, que nous devons recevoir, apprécier et sauvegarder selon les indications de nos pasteurs et spécialement du Saint-Père, le Vicaire du Christ sur la terre, et pour cela pasteur de l'Eglise universelle.

Nous sommes ainsi appelés dans le temps actuel à accueillir l'enseignement et la discpline que notre Saint Père Benoit XVI nous a donné dans sa lettre apostolique Summorum Pontificum, par laquelle il a voulu restaurer la forme du Rite de la Messe pour exprimer plus pleinement et efficacement la vérité de la Sacrée Liturgie.

Rétablissant le Missel Romain promulgué par Saint Pie V et nouvellement édité par le Bienheureux Jean XXIII" comme "forme extraordinaire de la Liturgie de l'Eglise" le Saint-Père a voulu tenir cette forme du rite "dans l'honneur qui lui est dû pour son usage antique et vénérable", qui remonte au pontificat de Saint Grégoire le Grand et qui a été toujours respecté et sauvegardé au long de la pluriséculaire vie de l'Eglise ("Missale autem Romanum a S. Pio V promulgatum et a beato Ioanne XXIII denuo editum ... extraordinaria expressio eiusdem «Legis orandi» Ecclesiae ... ob venerabilem et antiquum eius usum debito gaudeat honore": Benedictus PP. XVI, Lettera Apostolica «Motu proprio data», Summorum Pontificum, "De usu extraordinario antiquae formae Ritus Romani", 7 Iulii 2007, Acta Apostolicae Sedis, 99 [2007], p. 779, art. 1).

Les deux formes de l'unique rite Romain ne signifient aucune division mais reflètent l'unité organique du culte divin au long des siècles chrétiens et pourvoienet en fait à l'enrichissement mutuel des deux formes pour exprimer plus fidèlement la réalité du culte divin, l'action de Dieu qui vient nous rencontrer avec le don incomparable de Son amour, le don du Fils de Dieu fait homme, surtout dans la Très Sainte Eucharistie.

Ainsi notre Saint Père, au moment de la promulgation de la Lettera Apostolica Summorum Pontificum, a écrit ces paroles aux évêques du monde entier ;: "Il n'y a aucune contradiction entre l'une et l'autre édition du Missale Romanum. Dans l'histoire de la Lituirgie, il y a croissance et progrès, mais aucune rupture. Ce qui pour les anciennes générations était sacré, pour nous aussi est sacré et grand, et ne peut être improvisamment prohibé ou jugé mauvais. C'est un bien pour nous tous de conserver les richesses qui se sont développées dans la foi et la prière de l'Eglise, et leur donner leur juste place" (Benedictus PP. XVI, Epistula "Ad Episcopos Catholicae Ecclesiae Ritus Romani", 7 Iulii 2007, Acta Apostolicae Sedis, 99 [2007], p. 798).

 

Le préfet du Culte Divin

SER le card. Canizares, explique le renouveau souhaité par Benoît XVI

 

Le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, 65 ans, Préfet de la Congrégation du Culte Divin, qui, lorsqu'il était évêque en Espagne était appelé "le petit Ratzinger", est l'homme à qui le pape a confié cette tâche. Dans cette interview avec il Giornale, le "ministre" de la liturgie de Benoît XVI révèle et explique programmes et projets.

- Comme cardinal, Joseph Ratzinger s'était plaint d'une certaine hâte dans la réforme liturgique post-conciliaire. Quelle est votre opinion?

" La réforme liturgique a été mise en oeuvre très rapidement. Il y avait d'excellentes intentions et une volonté d'appliquer Vatican II. Mais il y a eu de la précipitation. On ne s'est pas donné assez de temps et d'espace pour accueillir et intérioriser les leçons du Concile; tout d'un coup, on a changé la façon de célébrer. Je me souviens bien de la mentalité très répandue alors: il fallait changer, créer quelque chose de nouveau (cf. Une lettre d'un prêtre espagnol de 83 ans). Ce que nous avions reçu de la tradition, était considéré comme un obstacle. La réforme a été entendue comme une opération humaine, beaucoup pensaient que l'Eglise était l'œuvre de nos mains, au lieu de celle de Dieu. Le renouveau liturgique a été vu comme un laboratoire de recherche, fruit de l'imagination et de la créativité, le mot magique d'alors".

- Comme cardinal, Joseph Ratzinger avait appelé à une "réforme de la réforme" liturgique, mots aujourd'hui imprononçables, même au Vatican. Cependant, il semble clair que Benoît XVI la désire. Pouvez-vous nous en parler?

" Je ne sais pas si on peut, ou s'il est approprié de parler de "réformer la réforme". Ce que je vois comme absolument nécessaire et urgent, selon ce que que veut le pape, c'est de donner naissance à un nouveau mouvement liturgique, clair et vigoureux, dans l'Église tout entière. Parce que, comme l'explique Benoît XVI dans le premier volume de son Opera Omnia, dans le rapport avec la liturgie se décide le sort de la foi et de l'Eglise. Le Christ est présent dans l'Église à travers les sacrements. Dieu est le sujet de la liturgie, pas nous. La liturgie n'est pas une action un homme, mais l'action de Dieu. "

- Le pape, plus qu'avec les décisions tombant d'en haut, parle avec l'exemple: comment lire les modifications introduites par lui dans les célébrations papales?

" Tout d'abord il doit n'y avoir aucun doute sur la bonté du renouveau liturgique conciliaire qui a apporté de grands bénéfices dans la vie de l'Église, comme la participation plus consciente et plus active des fidèles, et une présence enrichie de la Sainte Écriture. Mais en dehors de ceux-ci et d'autres avantages, il y a eu des ombres, qui ont émergé dans les années après le concile Vatican II: la liturgie, c'est un fait, a été "blessée" par des déformations arbitraires, causées aussi par la sécularisation qui frappe malheureusement à l'intérieur de l'Église. Par conséquent, dans de nombreuses célébrations, ce n'est plus Dieu qui est au centre, mais l'homme, son action créatrice, le rôle principal donné à l'assemblée. Le renouveau conciliaire a été conçu comme une rupture et non comme un développement organique de la tradition. Nous devons renouer avec l'esprit de la liturgie et c'est pourquoi les gestes introduits dans la liturgie du Pape sont significatifs : l'orientation de l'action liturgique, la croix au centre de l'autel, la communion à genoux, le chant grégorien, la place pour le silence, la beauté dans l'art sacré. Il est également urgent de promouvoir l'adoration eucharistique: face à la présence réelle du Seigneur, nous ne pouvons qu'adorer".

- Quand on parle de retrouver la dimension sacrée, il y en a toujours qui présentent cela comme un simple retour au passé, fruit de la nostalgie. Comment réagissez-vous?

" La perte du sens du sacré, du Mystère, de Dieu, est l'une des pertes les plus graves de conséquences pour un véritable humanisme. Ceux qui pensent que faire revivre, rétablir et renforcer l'esprit de la liturgie, et la vérité de la célébration, est un simple retour à un passé obsolète, ignorent la vérité des choses. Placer la liturgie au centre de la vie de l'Eglise n'est pas du tout nostalgique, mais est plutôt la garantie d'être en chemin vers l'avenir".

- Comment jugez-vous l'état de la liturgie catholique dans le monde?

" Face au risque de la routine, face à une certaine confusion, à la pauvreté et à la banalité du chant et de la musique sacrée, on peut dire qu'il y a une crise. Il y a donc urgence d'un nouveau mouvement liturgique. Benoît XVI, en montrant l'exemple de saint François d'Assise, qui témoignait une grande dévotion au Saint-Sacrement, a expliqué que le vrai réformateur est quelqu'un qui obéit à la foi: il n'avance pas de manière arbitraire, et ne s'arroge pas de pouvoir discrétionnaire sur le rite. Il n'est pas le maître, mais le gardien du trésor institué par le Seigneur et confié à nous. Le pape demande donc à notre congrégation de promouvoir le renouveau en conformité avec Vatican II, en accord avec la tradition liturgique de l'Eglise, sans oublier la règle conciliaire qui prescrit de ne pas introduire d'innovations sauf quand elles sont justifiées par une utilité réelle et avérée pour l'Eglise, avec la mise en garde que les nouvelles formes, doivent jaillir dans tous les cas de façon organique des formes déjà existantes. "

- Que voulez-vous faire comme Congrégation?

" Nous devons considérer le renouveau liturgique selon l'herméneutique de la continuité dans la réforme indiquée par Benoît XVI pour la lecture du Concile. Et pour ce faire nous devons surmonter la tendance à «geler» l'état actuel de la réforme post-conciliaire, d'une manière qui ne rende pas justice au développement organique de la liturgie de l'Église. Nous essayons de poursuivre un engagement fort dans la formation des prêtres, séminaristes, religieux et fidèles laïcs, afin de faciliter la compréhension de la véritable signification des célébrations dans l'Église. Cela nécessite une instruction adéquate et ample, vigilance et fidélité dans les rites et une authentique éducation, afin de les vivre pleinement. Cet engagement sera accompagné par la révision et l'actualisation des textes d'introduction aux différentes célébrations (prenotanda - préfaces?). Nous sommes également conscients que donner une impulsion à ce mouvement ne sera pas possible sans un renouveau de la pastorale de l'initiation chrétienne".

- Une perspective qui devrait être appliqué à l'art et la musique ...

" Le nouveau mouvement liturgique devra faire découvrir la beauté de la liturgie. Pour cela, nous allons ouvrir une nouvelle section de notre congrégation dédiée à "L'art et la musique sacrée" au service de la liturgie. Cela permettra d'offrir dès que possible des critères et des lignes directrices pour l'art, le chant et la musique sacrés. De même, nous souhaitons offrir dès que possible des critères et des lignes directrices pour la prédication. "

- Dans les églises, les agenouilloirs ont disparu , parfois la messe est encore un espace ouvert à la créativité, on a même supprimé les parties les plus sacrés du canon: comment inverser cette tendance?
" La vigilance de l'Eglise est fondamentale et ne devrait pas être considérée comme quelque chose d'inquisitoire ou de répressif, mais comme un service. Dans tous les cas, il faut que chacun prenne conscience de la nécessité, non seulement des droits des fidèles, mais aussi du "Droit de Dieu."

- Il y a aussi le risque inverse, c'est-à-dire croire que le caractère sacré de la liturgie dépend de la richesse des ornements: une attitude fruit de l'esthétisme, qui semble ignorer le cœur de la liturgie ...

" La beauté est fondamentale, mais c'est quelque chose de bien différent d'un esthétisme vide, formel et stérile, dans lequel elle tombe parfois. Il y a un risque de croire que la beauté et la sacralité de la liturgie dépendent de la richesse des ornements, ou de l'ancienneté des parements. Il faut une bonne formation et une bonne catéchèse fondée sur le Catéchisme de l'Église catholique, évitant aussi le risque inverse, celui de la banalisation, et agissant avec décision et énergie lors de l'utilisation de coutumes qui ont eu leur signification dans le passé mais ne l'ont plus aujourd'hui, ou n'aident en aucune façon la vérité de la célébration".

- Pouvez-vous donner quelques indications concrètes sur ce qui pourrait changer dans la liturgie?

" Plutôt que de penser au changement, nous devons nous consacrer à raviver et à promouvoir un nouveau mouvement liturgique, en suivant l'enseignement de Benoît XVI, et à raviver le sens du sacré et de mystère, mettant Dieu au centre de tout. Nous devons donner une impulsion à l'adoration eucharistique, renouveler et améliorer le chant liturgique, cultiver le silence, donner plus de place à la méditation. De là viendront les changements ..." .

Posté le 02 janvier 2011 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

Note de la SACREE Congrégation

pour la Doctrine de la Foi

À l'occasion de la publication du livre d'entretiens de Benoît XVI, Lumière du monde, ont été diffusées diverses interprétations erronées, qui ont semé la confusion au sujet de la position de l'Église catholique sur certaines questions de morale sexuelle. La pensée du Pape a été souvent instrumentalisée à des fins et à des intérêts sans lien avec le sens de ses paroles, alors qu'elle se comprend très bien quand on lit dans leur intégralité les chapitres où il est fait allusion à la sexualité humaine. L'intention du Saint-Père est claire: retrouver la grandeur du dessein de Dieu sur la sexualité, en évitant sa banalisation aujourd'hui courante.

Certaines interprétations ont présenté les paroles du Pape comme des affirmations en contradiction avec la tradition morale de l'Église; cette hypothèse a été saluée comme un tournant positif par certains; d'autres, en revanche, ont manifesté leur inquiétude, comme s'il s'agissait d'une rupture avec la doctrine sur la contraception et avec l'attitude de l'Église dans la lutte contre le sida. En réalité, les paroles du Pape qui font allusion en particulier à un comportement gravement désordonné, en l'occurrence la prostitution (cf. Lumière du monde, pp. 159-161), ne modifient ni la doctrine morale, ni la pratique pastorale de l'Église.

Comme il ressort de la lecture du passage en question, le Saint-Père ne parle ni de morale conjugale, ni même de norme morale sur la contraception. Cette norme, traditionnelle dans l'Église, a été reprise en des termes très précis par le Pape Paul VI au n. 14 de l'encyclique Humanae Vitae, quand il écrit: « Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation ». L'idée qu'on puisse déduire des paroles de Benoît XVI qu'il est licite, dans certains cas, de recourir à l'usage du préservatif pour éviter les grossesses non désirées, est tout à fait arbitraire et ne correspond ni à ses paroles ni à sa pensée. À ce sujet, le Pape propose au contraire des chemins humainement et éthiquement viables, sur lesquels les pasteurs sont appelés à travailler « plus et mieux » (Lumière du monde, p. 194), c'est-à-dire des chemins qui respectent pleinement le lien insécable du sens unitif avec le sens procréatif de chaque acte conjugal, grâce au recours éventuel aux méthodes naturelles de régulation de la fécondité en vue d'une procréation responsable.

En ce qui concerne le passage en question, le Saint-Père se référait au cas totalement différent de la prostitution, comportement que la morale chrétienne a toujours considéré comme un acte gravement immoral (cf. Concile Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, 27; Catéchisme de l'Église Catholique, 2355). Au sujet de la prostitution, la recommandation de la tradition chrétienne tout entière - et pas seulement la sienne -, peut se résumer dans les paroles de saint Paul: « Fuyez la fornication » (1 Co 6, 18). La prostitution doit donc être combattue, et les organismes d'aide de l'Église, de la société civile et de l'État, doivent travailler pour libérer les personnes impliquées.

À ce propos, il convient de relever que la situation qui s'est créée, par suite de la propagation actuelle du sida dans de nombreuses régions du monde, a rendu le problème de la prostitution encore plus dramatique. Celui qui se sait infecté par le VIH et donc susceptible de transmettre l'infection, commet non seulement un péché grave contre le sixième commandement, mais aussi un autre contre le cinquième, puisqu'il met sciemment en danger la vie d'une autre personne, ce qui a également des répercussions sur la santé publique. À cet égard, le Saint-Père affirme clairement que les préservatifs ne constituent pas la « solution véritable et morale » au problème du sida et aussi que « la seule fixation sur le préservatif représente une banalisation de la sexualité », parce qu'on ne veut pas faire face à l'égarement humain qui est à la base de la transmission de la pandémie. Par ailleurs, il est indéniable que celui qui recourt au préservatif dans le but de diminuer le risque pour la vie d'une autre personne, entend réduire le mal lié à son comportement désordonné. En ce sens, le Saint-Père note que le recours au préservatif, «dans l'intention de réduire le risque de contamination, peut cependant constituer un premier pas sur le chemin d'une sexualité vécue autrement, une sexualité plus humaine». Cette observation est tout à fait compatible avec l'autre affirmation du Saint-Père: « Ce n'est pas la véritable manière de répondre au mal que constitue l'infection par le virus VIH ».

Certains ont interprété les paroles de Benoît XVI en recourant à la théorie de ce qu'on appelle le «moindre mal». Cette théorie, toutefois, est susceptible d'interprétations déviantes de caractère proportionnaliste (cf. Jean Paul II, Encyclique Veritatis Splendor, nn. 75-77). Une action mauvaise par son objet, même s'il s'agit d'un moindre mal, ne peut être licitement voulue. Le Saint-Père n'a pas dit que la prostitution avec recours au préservatif pouvait être licitement choisie comme un moindre mal, comme certains l'ont soutenu. L'Église enseigne que la prostitution est immorale et doit être combattue. Celui qui, pourtant, en la pratiquant, tout en étant infecté par le VIH, s'emploie à réduire le risque de contamination, y compris par l'utilisation du préservatif, peut accomplir un premier pas vers le respect de la vie des autres, même si le mal de la prostitution demeure dans toute sa gravité. Ces jugements sont en harmonie avec tout ce que la tradition théologico-morale de l'Église a soutenu aussi par le passé.

En conclusion, dans la lutte contre le sida, les membres et les institutions de l'Église catholique savent qu'ils doivent rester proches des personnes, en soignant les malades; ils savent aussi qu'ils doivent former tout le monde à vivre l'abstinence avant le mariage et la fidélité au sein de l'alliance conjugale. À cet égard, il faut également dénoncer les comportements qui banalisent la sexualité, car comme le dit le Pape, ils sont justement à l'origine d'un phénomène dangereux: bien des personnes ne perçoivent plus dans la sexualité l'expression de leur amour. « C'est la raison pour laquelle le combat contre la banalisation de la sexualité est aussi une partie de la lutte menée pour que la sexualité soit vue sous un jour positif, et pour qu'elle puisse exercer son effet bénéfique dans tout ce qui constitue notre humanité » (Lumière du monde, p. 160).

 

Appel de 60 parlementaires

pour protéger les chrétiens d'Orient

 

"Dans une tribune à paraître jeudi, 60 parlementaires lancent un appel au Ministre des Affaires étrangères, Michèle ALLIOT-MARIE, pour que la France porte la voix des chrétiens d'Orient. Pour Dominique SOUCHET, député de la Vendée et conseiller des affaires étrangères, à l'initiative de cet appel, «l'approche des fêtes de Noël augmente le risque d'attentats contre les communautés chrétiennes dans tout le Moyen Orient».

Dans leur appel, les députés demandent au Ministre des Affaires étrangères «d'intervenir auprès des autorités des pays du Moyen Orient concernés, pour leur demander de prendre des mesures de sécurité toutes particulières autour des lieux fréquentés par les chrétiens pendant la période de Noël, afin que ce jour de fête ne devienne pas un nouveau jour de deuil».

Les parlementaires demandent également au gouvernement français d'« agir sur le long terme avec détermination et fermeté auprès des instances internationales pour faire de la protection des minorités religieuses une priorité ». Il souhaitent que la France, «en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, prenne l'initiative d'un projet de résolution réaffirmant solennellement le droit de toutes les minorités à pratiquer librement et en sécurité leur religion»."

Michel Janva

 

Pour Noël, S. Exc. Mgr Daucourt

Evêque de NANTERRE

 propose de soutenir les chrétiens d'Orient

 

Dans son message de Noël adressé à ses diocésains, l'évêque de Nanterre écrit : « Noël est une fête de famille mais c'est d'abord la fête de toute la famille humaine puisque Jésus est le Sauveur de toute l'humanité. C'est pourquoi je vous lance deux appels : un en faveur des personnes mal logées ou « sans logement » et un autre en faveur des chrétiens d'Orient. [...] En ce qui concerne les chrétiens d'Irak et du Moyen-Orient, je propose que nous leur manifestions publiquement notre soutien par un petit signe permanent. Il s'agit d'un autocollant à apposer sur les voitures ou en d'autres endroits. Il portera l'inscription : LIBERTÉ ET JUSTICE POUR LES CHRETIENS DU MOYEN-ORIENT ! JE LES SOUTIENS. Cet autocollant sera disponible dans les paroisses et à l'évêché. Au Moyen-Orient, les chrétiens ont peu de possibilité d'avoir des signes chrétiens visibles (à part leurs églises). Beaucoup cependant suspendent une petite croix (comme celle d'un chapelet) au rétroviseur de leur voiture. Je propose aussi que nous fassions de même par solidarité et pour nous rappeler de prier pour eux et pour les chrétiens persécutés. »

 

CES CHRETIENS QU'ON ASSASSINE

 

Les chrétiens d'Orient n'ont plus le droit d'adorer Jésus sur leur terre, berceau du christianisme. Ils sont devenus les "cibles légitimes" des islamistes, suite aux dés­ordres grandissants dans cette région. Les chrétiens orientaux doivent maintenir la lumière du christianisme dans son foyer primordial ! Alors moi, Frigide Barjot, agitatrice catholique cathodique, je repars - avec vous - en campagne face au silence assourdissant de nos dirigeants occidentaux devant le génocide de "ces chrétiens qu'on assassine", pour reprendre le titre de l'excellent ouvrage de René Guitton.

Le 14 novembre à Paris, plusieurs milliers de chrétiens arabes et européens, irakiens et français, manifestaient leur soutien aux victimes du carnage de la cathédrale de Bagdad. Las ! Cette mobilisation n'a suscité aucun intérêt dans nos médias et chez nos politiques face à l'improbable remaniement gouvernemental.

Ulcérés par la mollesse des réactions officielles, nous avons publié avec Thomas Gueydier une lettre ouverte à Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, pour lui demander de dénoncer publiquement, au nom de la laïcité qui ne saurait nier le fait religieux, la persécution religieuse des chrétiens d'Irak. Grâce aux signatures de sommités comme Claude Bébéar, Rémy Brague, Luc Ferry et même le président de la Licra, Alain Jakubowicz, et bientôt les vôtres  notre texte a été publié dans le Figaro et, quelques jours plus tard, MAM, recevant le patriarche d'Antioche, s'exprimait de façon beaucoup plus explicite sur la persécution religieuse. Qu'elle soit ici remerciée.

La France doit peser dans les instances internationales pour qu'elles demandent d'une même voix aux autorités irakiennes une réelle protection et le respect des droits fondamentaux - dont l'essentielle liberté de culte - des minorités chrétiennes en terre musulmane. Le G8 se réunira à Deauville en mai prochain. Il me semble indispensable d'y agir pour faire entendre aux grands de ce monde l'urgence du sort de ces populations. On aura une séance de rattrapage avec le G20, convoqué fin 2011 à Cannes. Signe du Ciel, les maires de ces deux villes ont signé notre appel à la mobilisation .

Il reste aussi un terrain d'intervention de proximité : la France a généreusement accueilli pour les soigner plus d'une trentaine de blessés de l'attentat de Bagdad qui, une fois sortis des hôpitaux, sont regroupés au sein du foyer laïc France Terre d'asile : mais ces chrétiens n'ont pas, ici non plus - sacro-sainte laïcité  -, la liberté de vivre leur foi et sont priés de retirer leur croix. Leur misère matérielle et spirituelle est grande. On peut aujourd'hui concrètement les aider en apportant des vêtements chauds et noirs (ils sont en deuil), des jouets de Noël et des tickets de métro à la paroisse Notre-Dame-de-Chaldée. Mais aussi en allant les visiter et en les emmenant... à la messe !

Alors je compte sur vous, comme sur nos médias et nos dirigeants, et prie pour que la lumière de Noël éclaire aussi les martyrisés d'Irak, pour une véritable Épiphanie des chrétiens d'Orient !

Frigide Barjot

Pétition et renseignements sur Internet : www.appelaverite.fr

Paroisse Notre-Dame-de-Chaldée, 13-15, rue Pajol, Paris XVIIIe. Tél. 01.42.09.55.07.

 

Posté le 23 decembre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

La première lettre pastorale

de S. EXC. Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne

           

 La première lettre pastorale de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne vient de paraître aux éditions Artège : "La charité du Christ nous presse".
Un texte remarquable qui résume les grands enjeux du catholicisme aujourd'hui.
A l'aube du troisième millénaire, l'évêque de Bayonne propose un itinéraire puisant sa source au cœur de la Parole de Dieu. Les interrogations de l'homme d'aujourd'hui trouvent une réponse à l'intérieur même de la Tradition de l'église. Nouvelle évangélisation, prière, liturgie, vocations... s'enracinent dans une spiritualité de communion, à l'école de Notre-Dame. Mgr Marc Aillet s'adresse ainsi à tous les fidèles : "J'ai voulu laisser parler mon cœur de pasteur, en vous partageant les convictions qui m'habitent". Le souci de la mission doit être au cœur de toute préoccupation pastorale. Oui, la Charité du Christ nous presse ! Osons aller à la rencontre de ce monde qui attend, souvent sans le savoir, la Parole de Vie.


... et un petit extrait :


"La formation des clercs

La Constitution conciliaire sur la sainte liturgie présentait la formation liturgique comme un des principes fondamentaux de la restauration et de la mise en valeur de la liturgie : « Il n'y a aucun espoir d'obtenir ce résultat, si d'abord les pasteurs eux-mêmes ne sont pas profondément imprégnés de l'esprit et de la force de la liturgie, et ne deviennent pas capables de l'enseigner ». Il s'agissait sans doute de former des professeurs qualifiés et de faire même de la liturgie une des « disciplines principales » des études ecclésiastiques. On insistait toutefois pour que cette formation ne soit pas purement intellectuelle ou théologique, mais qu'elle passe par une expérience authentique de la liturgie de l'Église : « Les clercs, dans les séminaires et les maisons religieuses, acquerront une formation liturgique à la vie spirituelle, par une bonne initiation qui leur donne l'intelligence des rites sacrés et les y fasse participer de toute leur âme, tant par la célébration même des saints mystères que par les autres exercices de piété, imprégnés d'esprit liturgique ; également, ils apprendront à observer les lois liturgiques, de telle sorte que la vie des séminaires et des maisons de religieux soit profondément façonnée par l'esprit de la liturgie ». En effet, avant d'être un objet d'étude, la liturgie est une vie. C'est le bain par excellence de toute formation à la vie chrétienne : au sens de la foi et au sens de l'Église, à la louange et à l'adoration comme à la mission. On ne pourra donc pas célébrer la liturgie au rabais : elle sera le vrai centre et sommet de toute la vie du Séminaire qui devra être structurée par elle. De plus, Benoît XVI insiste sur la formation à l'histoire de l'art, comme discipline importante, « avec une référence spéciale aux édifices du culte à la lumière des normes liturgiques ». De même il demande « que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien ». Je souhaite en ce sens que, « toutes choses égales d'ailleurs », on favorise, à commencer par le Séminaire, un renouveau du chant grégorien - salué par la tradition sous le titre de « bible chantée de l'Église » - non pas comme le vestige d'une époque révolue mais comme un instrument toujours valable de louange divine, de formation de l'âme chrétienne et du sens ecclésial. Cela est tout à fait compatible avec le répertoire de chant religieux populaire en langue vernaculaire - français, basque ou béarnais - et plus évolutif, à condition que celui-ci respecte les critères relatifs au chant sacré. Dans la lettre qu'il adressait récemment aux séminaristes, le pape Benoît XVI donnait des indications fort intéressantes pour leur formation liturgique : « Pour la juste célébration eucharistique, il est nécessaire aussi que nous apprenions à connaître, à comprendre et à aimer la liturgie de l'Église dans sa forme concrète. Dans la liturgie, nous prions avec les fidèles de tous les siècles - passé, présent et avenir s'unissent en un unique grand chœur de prière. Comme je puis l'affirmer à propos de mon propre chemin, c'est une chose enthousiasmante que d'apprendre à comprendre peu à peu comment tout cela a grandi, quelle expérience de foi se trouve dans la structure de la Liturgie de la Messe, combien de générations ont contribué à la former en priant ! ». Autrement dit, la liturgie est un organisme vivant, dont la croissance est homogène et sans rupture : aussi, pour comprendre de l'intérieur sa structure intime, on aura profit à en expérimenter les étapes de croissance. S'il est évident que la forme ordinaire du Missel Romain, tel qu'il a été promulgué par le pape Paul VI en 1969 et réédité par le pape Jean-Paul II en 2002, devra être l'expression propre de la liturgie au Séminaire, rien n'interdit de donner aux séminaristes la possibilité de faire l'expérience de la forme extraordinaire, précisément dans l'esprit d'une formation attentive au développement de la liturgie. En effet, comme Benoît XVI l'affirme avec force, selon une herméneutique de la continuité qui lui est chère : « Il n'y a pas de contradiction entre l'une et l'autre édition du Missale Romanum ». On comprend alors pourquoi le motu proprio Summorum Pontificum, sur la liturgie romaine antérieure à 1970, n'est pas seulement une disposition canonique pour permettre aux fidèles qui y sont légitimement attachés de pratiquer l'ancien missel, mais une invitation faite à tous à approfondir le sens et l'esprit de la liturgie. D'ailleurs le Saint-Père affirme que « les deux formes d'usage du Rite romain peuvent s'enrichir réciproquement ». Et en particulier, il montre que « dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers la forme ancienne du Rite romain ». Et d'ajouter que la conformité rigoureuse avec les prescriptions liturgiques est le meilleur moyen « d'unir les communautés paroissiales » et de rendre visible « la richesse spirituelle et la profondeur théologique » du nouveau Missel. Pas de doute que la formation liturgique des futurs prêtres comme des fidèles laïcs passe, et par une connaissance exacte des normes liturgiques, replacées dans le contexte de l'histoire de la liturgie romaine, et, selon l'adage lex orandi, lex credendi, par une connaissance approfondie de la théologie de l'Eucharistie, qui n'en diminue aucun aspect fondamental."

 

S.Em. Le Cardinal Burke

condamne les établissements

qui ne sont catholiques que de nom

 

C'était le 4 décembre dernier, le tout nouveau cardinal Burke était l'invité d'honneur au dîner organisé à Boston (Massachusetts) par The Thomas More College of Liberal Arts de Merrimack (New Hampshire), avec lequel le cardinal est très lié. En voici quelques extraits... bien sentis !

« Comme il est tragique que le laïcisme que les universités catholiques devraient aider ses étudiants à combattre et à vaincre se soit insinué dans plusieurs d'entre elles, ce qui aboutit à une compromission funeste de leur haute mission ».

« Dans une université catholique, la manière même d'étudier et de se livrer à la recherche, devrait manifester la faillite des abus quant à la vie et à la sexualité humaines, qui sont devenus la norme sur bien des campus universitaires, et la faillite de la transgression de l'inviolable dignité de la vie humaine, de l'intégrité du mariage et de nos relations justes avec les autres et avec le monde, en général, abus qui sont la marque de fabrique de notre culture devenue tristement une culture de violence et de mort. »

« Un collège ou une université catholique où Jésus-Christ vivant dans son Église n'est pas enseigné, rencontré dans la sainte Liturgie et dans ce qui la poursuit comme la prière et la dévotion, et n'est pas suivi dans une vie vertueuse, ne sont pas dignes du nom de catholique. »

« La présence de Notre Seigneur Jésus-Christ sur le campus d'un collège ou d'une université catholiques, n'est pas quelque chose d'accessoire ou d'étranger à la recherche de la vérité. C'est tout le contraire : Lui seul inspire, guide et discipline professeurs et étudiants, de sorte qu'ils demeurent fidèles dans cette recherche et ne succombent pas aux tentations que Satan offre astucieusement pour nous corrompre à chaque fois que nous nous disposons à parvenir à un grand bien.

Selon l'ancienne sagesse canonique, « corruptio optimi pessima est », "la corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire". Avec tristesse, nous avons été les témoins de la vérité de cet axiome dans tant de collèges et d'universités catholique de notre pays, qui autrefois accordaient une place d'honneur à leur identité catholique et à la vie catholique sur leurs campus, mais qui ne sont plus aujourd'hui catholiques que de nom, qualifiant ordinairement leur identité catholique d'un autre nom, par exemple en s'appelant universités catholiques de tradition franciscaine ou jésuite. Ce que la tradition avec un petit "t" signifie pratiquement n'a que peu ou rien à voir avec la Tradition revêtue d'un "T" capital. Le mot "catholique" dans le nom d'une université est pleinement qualifiant et n'a pas besoin d'épithètes. »

« La rencontre avec Jésus-Christ, qui prend une forme privilégiée dans une université catholique, exige naturellement l'engagement actif de l'évêque, comme successeur des Apôtres, dans toute université catholique située dans sa juridiction. De son côté, une université catholique cherchera une communication la plus complète possible avec l'évêque.»

« La situation dans laquelle l'université catholique considère l'évêque comme un suspect ou un partenaire purement et simplement importun dans la mission de l'éducation supérieure catholique - sauf si l'évêque souhaite trahir les devoirs de ses fonctions en vertu de son pouvoir d'enseigner la foi sur le territoire dans lequel se trouve l'université catholique, avalisant l'identité catholique de l'université sans considérer les hautes exigences d'une telle identité -, une telle situation est totalement anormale. »

 

CONFERENCES

 

A la Maison Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus ( 82 bis, rue A. Briand ).

Participation aux frais du conférencier : 5 euros, gratuit pour les moins de 18 ans.

 

Ø       Lundi 17 janvier à 20 h 30 : Mme BULLOT, « Le monastère des Ursulines de Montereau »

Ø       Lundi 7 février à 20 h 30 : Mme Roselyne Grimaldi-Hieroltz, « Les images de la Trinité dans l'art »

Ø       Lundi 14 mars à 20 h 30 : M. Stephen de Petiville, « Le Professeur Spaemann, un philosophe catholique pour notre temps »

Venez nombreux ! Parlez-en autour de vous !

Posté le 19 decembre 2010 par Annonces de la semaine


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