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Le Bulletin de la semaine

    Le bulletin de la semaine

 

Neuvaine pour la France du 16 au 24 décembre 2010

 

Beaucoup d’entre nous, en particulier les
jeunes, s’interrogent devant l’état de notre pays, la France.
Problèmes sociaux, moraux, sécuritaires, religieux ne semblent pas
être suffisamment résolus au niveau politique. La France, et avec
elle les Français, demeure meurtrie et souffre dans son esprit, sa
culture et ses valeurs.

 

Le souhait d’agir préoccupe nombre d’entre
nous, désireux d’œuvrer pour notre pays mais ignorant bien souvent de
quelle manière agir.

 

Aussi, nous vous proposons une action simple
mais dont les fruits peuvent être considérables : lancer une neuvaine
de prière d’envergure nationale pour demander et obtenir à
l’occasion de Noël une nouvelle naissance pour la France.

 

Parce que nous croyons à la force de la prière,
nous savons que le Ciel nous entendra mais plus nous serons nombreux
à nous unir à cette neuvaine, plus les fruits en seront importants,
alors faites passer ce message et informez de cette initiative tout
chrétien de bonne volonté, prêtre, couvent, communauté, paroisse ou
blog susceptible de prier et de faire prier pour la France !


http://www.neuvaine-france.fr/

Posté le 14 decembre 2010 par Abbé Pierre-Marie Després


Liturgie

 

LA PREFACE DE LA MESSE

 

Dans le Missel Romain, le Canon de la Messe, commence après le sanctus. Mais dans les livres liturgiques les plus anciens, il n'en fut pas ainsi. Au VIe siècle le Canon commence au « Sursum Corda » et inclut donc la préface qui en constitue donc une introduction solennelle. Dans le sacramentaire Gélasien ancien de cette époque, le « Sursum Corda » commence le « Canon Actionis », c'est à dire littéralement la "règle de l'action", l'action étant le sacrifice eucharistique. Plus tard, seul demeura le terme Canon qui signifie donc ce qui est établi et immuable.

A partir du IVe siècle, en effet, seule la Préface va demeurer mobile, ce qui suivra gardera un caractère si sacré que nul ne se sentira le droit d'en modifier le contenu. (il faudra attendre le Bx pape Jean XXIII qui en octobre 1962 modifia le Canon en y introduisant le nom de saint Joseph. Son successeur le pape Paul VI poursuivit ce mouvement en modifiant en profondeur ce que le missel ordinaire appelle maintenant la prière eucharistique n° 1.)

Tout au plus faut-il noter quelques ajouts à certains jours, mais dont le nombre ira en se réduisant, surtout après le pontificat de saint Grégoire le Grand (590-604). Un de ses prédécesseurs, le pape Vigile (537-555), en apporte la preuve par une lettre qu'il écrivit le 29 juin 538 à l'évêque Profuturus de Braga: il déclarait "n'avoir un ordre différent de prières dans la célébration des messes pour aucun temps, pour aucune fête, mais consacrer toujours avec le même texte les présents offerts à Dieu... Lorsqu'il faut célébrer Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, l'Epiphanie et les Saints de Dieu, nous ajoutons des paragraphes distincts propres à ces jours...". Au VIIe siècle dans l'Ordo Romanus I, le Canon sera réservé à la partie qui suit le Sanctus, c'est à dire le Te igitur.

Le dialogue qui ouvre la préface est la partie fixée le plus tôt, puisque au début du IIIe siècle saint Hyppolite l'atteste avec certitude dans sa Tradition apostolique. Le caractère très antique de ce dialogue est prouvé par sa présence dans la totalité des rites catholiques tant latins que grecs, ce qui montre donc qu'il était déjà présent dans la toute première liturgie chrétienne. La présence d'une formule similaire "Rendons grâces" dans la cène juive prononcée sur la coupe de bénédiction par le président du repas, semble attester que Notre-Seigneur lui-même en fit probablement usage pendant l'institution de l'Eucharistie.

Aussitôt après le dialogue, dans toutes les liturgies, le célébrant prononce la préface qui commence toujours en occident et souvent en Orient par : "Vere dignum et justum est.." Au VIe siècle on compte pratiquement autant de préfaces que de messes propres, c'est ce que nous révèle le Gélasien ancien. Plus tard le sacramentaire d'Hadrien ne conservera que quatorze préfaces. Buchard de Worms, au XIe siècle, inséra dans sa collection canonique une décrétale apocryphe ne comptant plus que neuf préfaces: ce texte fit loi jusqu'à ce que l'on ajoute la préface de le Ste Vierge puis au XXe siècle, cinq autres préfaces. (Ce sont les préfaces des défunts, de St Joseph, du Christ-Roi, du Sacré- Cœur, et celle de la messe Chrismale.)

Les préfaces sont composées de deux formules fixes, au début et à la fin, l'une liée au dialogue et qui le prolonge, l'autre qui introduit le Sanctus qui va suivre. Ces deux parties forment la "préface commune" et entre lesquelles s'insèrent la partie propre à chaque circonstance du temps ou de la fête.

Les préfaces de notre missel portent comme les collectes, les secrètes et les postcommunions, la marque du génie romain. Alors que les formules orientales, mozarabes ou gallicanes sont souvent très étendues, poétiques et imagées, le style romain est là encore sobre élégant et rythmé. Elles résument les mystères en quelques lignes d'une théologie sûre et précise.

Abbé Jean-Laurent Lefèvre+

Posté le 10 decembre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

 

Benoît XVI à l'écoute de l'Eglise en France

           

S.S. Benoît XVI a reçu le jeudi 2 décembre 2010 S. Em. le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France, accompagné des Vice-Présidents, LL. Exc. Mgr Laurent Ulrich, Archevêque de Lille, et Mgr Hippolyte Simon, Archevêque de Clermont, et du Secrétaire général, Mgr Antoine Hérouard.

Cette audience a lieu chaque année après l'Assemblée plénière de novembre pour rendre compte des principaux dossiers évoqués et rencontrer les interlocuteurs dans les différents dicastères.Evêque placé à la tête d'une province ecclésiastique.Organe d'expression de la Conférence des évêques de France.Les cardinaux sont les premiers collaborateurs du papeEnsemble des évêques de France.Chacun des principaux organismes de la curie romaine. Mgr Antoine Hérouard revient sur l'audience :

 

Comment avez-vous présenté le travail des évêques à Lourdes ?

Nous n'avons pas présenté tous les dossiers dans le détail - ce serait fastidieux. Nous avons insisté sur la poursuite du travail sur « Demain, la vie de nos communautés », en particulier les initiatives qui ont été recueillies dans les diocèses et les provinces. Il y a là un vivier de projets missionnaires et qui vont au-delà d'une simple gestion des situations. Dans ce même esprit, nous avons souligné le lien avec la fin de l'Année sacerdotale, pour dire qu'elle avait porté de nombreux fruits en France, des initiatives et des rencontres de presbyterium dans les diocèses et de sensibilisation des communautés chrétiennes au ministère de prêtre et plus largement, à la question des vocations. Nous avons parlé du dossier sur les « Rassemblements dominicaux », en soulignant l'importance de retrouver ou d'aider à mieux prendre conscience de la sanctification du dimanche, de ce qu'il signifie de particulier pour les chrétiens. Nous n'étions pas dans l'aspect social ou sociologique du dimanche mais plus sur ce que l'Eglise propose le dimanche, autour de la célébration eucharistique ou à la place, quand il n'y a pas de célébration dans un lieu donné, ce qu'on peut envisager pour un rassemblement le dimanche. Nous avons évoqué l'écologie, thème cher au pape, sur lequel il a réfléchi et sur lequel il s'est exprimé à plusieurs reprises. Nous avions déjà présenté à Benoît XVI, l'année dernière, la réflexion sur la bioéthique, menée par le groupe de travail puis ensuite par Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes. Nous avons expliqué où cela en était dans la phase de présentation du projet de loi et évoqué les éléments qui vont être publiés bientôt par les évêques pour donner un éclairage et un questionnement sur ce projet de loi.

A quoi le pape a-t-il été particulièrement attentif ?

A la question de l'avenir des communautés et du dimanche. On voit bien que pour le pape, il y a là un enjeu majeur dans la définition de ce que peut être la mission évangélisatrice de l'Eglise aujourd'hui dans les pays de chrétienté ancienne. Ne serait-ce qu'avec la création du dicastère pour la nouvelle évangélisation. Ceci n'est pas sans lien.

Comment décririez-vous l'atmosphère de ce rendez-vous annuel ?

L'audience est toujours un peu impressionnante par le décor, la solennité avec laquelle les choses sont conduites. Et en même temps, quand on est face au pape en tout petit comité, on est dans un autre rapport, très confiant. Le pape est quelqu'un qui accueille ses visiteurs, qui est à l'écoute et qui s'exprime dans un français parfait. Il s'intéresse à ce que l'on fait, pose des questions. La rencontre avec le pape n'est pas une rencontre formelle. Il y a quelque chose de l'ordre d'une attention, d'une confiance filiale. Il ne s'agit pas de « venir au rapport ». Il ne s'agit pas non plus pour le pape de contrôler ce que font les évêques. Il a besoin de savoir, pour l'exercice de sa responsabilité universelle, à la fois ce qui se passe et se vit dans l'Eglise en France, avec ses projets, ses joies, ses difficultés et ses carences. C'est un échange très confiant, très fraternel, avec une grande pertinence de sa part. Le pape est là pour encourager ses frères évêques.

 

Respect de la vie : la prière ne suffit pas

 

Lors de la veillée de prière pour la vie naissante, le 27 novembre, Mgr Castet, évêque de Luçon, a lancé cet appel :

"Si la prière demeure essentielle, notre charité doit se faire inventive et nous rendre responsables de toute vie. Parce que nous sommes les membres d'un même corps, nous nous sentons concernés par la dignité et la fragilité de tout homme. Ainsi, notre prière ce soir rejoint le cri de l'humanité blessée, qui s'élève vers le Père. Elle accompagne également les législateurs, tous les acteurs du monde de la santé, afin qu'ils reconnaissent la grandeur du don de Dieu et respectent la vie, de son origine à l'heure de la mort naturelle."

 

Un ministre catholique au Pakistan

demande nos prières

 

Le Ministre chargé des Minorités religieuses, Shabhaz Bhatti, ne se laisse pas décourager ni impressionner par les nouvelles menaces des groupes terroristes : « Ma mission en faveur de la justice, des droits de l'homme et de la défense des minorités se poursuivra. J'ai confiance en Dieu » déclare-t-il dans un entretien à chaud, accordé en exclusivité à l'Agence Fides.

Monsieur le Ministre, vous avez entendu les nouvelles menaces des groupes terroristes proférées à votre encontre ?

Les menaces et les tentatives d'intimidation se succèdent. J'en prends toujours connaissance avec préoccupation mais la mission de ma vie est de protéger la liberté religieuse, les droits des minorités, la justice et l'égalité : je continuerai à le faire sans hésitation. Je poursuivrai mon engagement malgré les proclamations de certains groupes qui, par ailleurs, sont hors la loi et nuisent à l'image du pays.

Aujourd'hui, vous menez une vie de reclus. Comment vous sentez-vous ?

Malheureusement, qui comme moi s'engage dans ce secteur finit dans le collimateur des extrémistes. Nombreux sont ceux qui l'ont payé de leur vie. Plus que dans les gardes du corps, je crois en la protection de Dieu, je crois en son aide et je m'en remets à la Providence.

Comment réagira le gouvernement du Pakistan aux menaces croissantes ?

Le gouvernement et le Président du Pakistan ne permettront pas au terrorisme de prospérer et de conditionner la vie du pays, de la société, l'Etat de droit, la stabilité. Le Président Zardari a fait preuve d'une grande attention et de sensibilité envers les problèmes des minorités et, malgré les pressions, il a exprimé sa volonté claire de revoir la loi sur le blasphème.

Vous croyez que le cas d'Asia Bibi sera influencé par les pressions des groupes radicaux ?

Je ne crois pas que cela arrivera. Les institutions ne se font pas intimider. La justice, le droit et la liberté ne sont pas aux mains des groupes radicaux.

Comment procède le cas d'Asia Bibi ?

Aujourd'hui, la procédure judiciaire, qui en est au stade de l'appel, se poursuit. Nous faisons confiance à la justice et au fait son innocence - que j'ai pu vérifier et noter dans le rapport que j'ai remis au Président Zardari - sera démontrée. Entre temps, nous garantiront toute la protection nécessaire à Asia et à sa famille.

Quand commenceront les travaux de la Commission pour la révision de la loi ?

Nous sommes en train de choisir les leaders que le Président Zardari nommera dans les prochains jours et nous débuterons bientôt les réunions. Nous sommes optimistes quant au succès de cette Commission. Les obstacles sont constitués par les groupes islamiques radicaux qui veulent semer la haine, polariser le pays, y porter l'instabilité en utilisant des prétextes religieux. Mais je vois de bons espoirs en ce qui concerne la convergence sur certains points qui servent à prévenir les abus commis au nom du blasphème. La proposition de révision présentée au Parlement par Sherry Rehman est, elle aussi, une aide valide. Je crois que devra être recherché une vaste entente au sein de l'Assemblée.

Vous voulez dire quelque chose au Saint-Père qui a lancé un appel en faveur d'Asia Bibi ?

Je suis profondément croyant et les paroles du Pape sont très importantes pour ma vie. Je le remercie pour sa proximité et pour la solidarité qu'il a exprimé à l'égard des chrétiens du Pakistan. Son réconfort m'encourage à témoigner la foi dans ma vie, malgré les difficultés. Je demande au Saint-Père et à tous les fidèles du monde de prier pour moi. (PA)

 (Agence Fides 04/12/2010)

 

Posté le 10 decembre 2010 par Annonces de la semaine


Actualité

LA VÉRITÉ SUR LE PRÉSERVATIF

 

La plupart des gens sont convaincus qu'une personne porteuse du virus HIV et qui a des rapports sexuels doit utiliser un préservatif pour protéger son partenaire de l'infection. Indépendamment des opinions que l'on peut avoir sur les rapports sexuels avec des partenaires multiples comme mode de vie, sur l'homosexualité ou sur la prostitution, cette personne agit au moins avec un certain sens de ses responsabilités en cherchant à éviter de transmettre son infection aux autres.

On pense généralement que l'Église catholique n'appuie pas cette opinion. [...] On croit que l'Église enseigne que les homosexuels sexuellement actifs et les prostituées devraient éviter d'utiliser le préservatif, parce que celui-ci serait "intrinsèquement mauvais". Beaucoup de catholiques sont également convaincus [...] que l'utilisation du préservatif, même quand c'est uniquement dans le but d'éviter l'infection du partenaire, ne respecte pas le caractère de fertilité que doivent avoir les actes conjugaux et ne permet pas le don personnel de soi réciproque et complet, violant ainsi le sixième commandement.

Mais tout cela n'est pas un enseignement de l'Église catholique. Il n'y a aucun magistère officiel à propos du préservatif, de la pilule anti-ovulation ou du diaphragme. Le préservatif ne peut pas être intrinsèquement mauvais, seules les actions humaines peuvent l'être. Le préservatif n'est pas une action humaine, c'est un objet.

Ce que le magistère de l'Église catholique désigne clairement comme "intrinsèquement mauvais", c'est un type spécifique d'action humaine, défini par Paul VI dans son encyclique "Humanæ vitæ" (et ultérieurement par le n° 2370 du Catéchisme de l'Église catholique) comme une "action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son accomplissement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se propose, comme but ou comme moyen, d'empêcher la procréation".

La contraception est un type spécifique d'action humaine qui, en tant que telle, comprend deux éléments : la volonté de prendre part à des actes sexuels et l'intention d'empêcher la procréation. Une action contraceptive inclut donc un choix contraceptif. Comme je l'ai dit dans un article paru dans le "Linacre Quarterly" en 1989, "un choix contraceptif est le choix d'une action visant à empêcher les conséquences procréatives prévues de rapports sexuels librement consentis et c'est un choix fait précisément pour cette raison".

Voilà pourquoi la contraception, comprise comme une action humaine qualifiée d'"intrinsèquement mauvaise" ou de désordonnée, n'est pas déterminée par ce qui se produit sur le plan physique. Que ce soit en prenant la pilule ou bien en interrompant le rapport à la manière d'Onan que l'on empêche la fertilité du rapport sexuel, cela ne fait pas de différence. De plus la définition qui vient d'être donnée ne fait pas de distinction entre "faire" et "s'abstenir de faire", dans la mesure où le coït interrompu est une forme d'abstention, au moins partielle.

Ne sera donc pas définie comme un acte contraceptif, par exemple, l'utilisation de contraceptifs dans le but d'empêcher les conséquences procréatives d'un viol prévu. Dans une circonstance de ce genre, la personne violée ne choisit pas de participer au rapport sexuel ni d'empêcher une possible conséquence de son comportement sexuel, elle ne fait que se défendre contre une agression dont son corps fait l'objet et contre les conséquences indésirables de celle-ci. De même une athlète qui participe aux Jeux Olympiques et qui prend la pilule anti-ovulation pour empêcher son cycle menstruel ne fait pas un acte "contraceptif", si elle n'a pas en même temps l'intention d'avoir des rapports sexuels.

L'enseignement de l'Église ne concerne pas le préservatif ni les outils physiques ou chimiques similaires, mais l'amour conjugal et le sens essentiellement conjugal de la sexualité humaine. Le magistère ecclésial affirme que, si deux époux ont une raison sérieuse pour ne pas avoir d'enfants, ils doivent modifier leur comportement sexuel en s'abstenant de l'acte sexuel, au moins périodiquement. Pour éviter de détruire soit le sens unitif soit le sens procréatif de l'acte sexuel et donc la plénitude du don réciproque de soi, les époux ne doivent pas empêcher la fertilité des rapports sexuels, au cas où ils en auraient.

Mais que peut-on dire des personnes qui ont des partenaires multiples, des homosexuels sexuellement actifs et des prostituées ? Ce que l'Église catholique enseigne à leur sujet, c'est simplement que ces personnes ne devraient pas avoir des partenaires multiples, mais être fidèles à un seul partenaire sexuel ; que la prostitution est un comportement qui porte gravement atteinte à la dignité de l'homme, surtout à celle de la femme, et qu'elle ne devrait donc pas être pratiquée ; et que les homosexuels, comme tous les autres êtres humains, sont enfants de Dieu et qu'il sont aimés par lui comme tous les autres, mais qu'ils devraient vivre dans la continence comme toute autre personne non mariée.

Mais si ces personnes ignorent cet enseignement et sont menacées par le virus HIV, devraient-elles utiliser le préservatif pour empêcher l'infection ? La norme morale qui condamne la contraception comme acte intrinsèquement mauvais n'inclut pas ces cas-là. Et il ne peut y avoir d'enseignement de l'Église à ce sujet ; créer des normes morales pour des comportements intrinsèquement immoraux n'aurait simplement pas de sens. L'Église devrait-elle enseigner qu'un violeur ne doit jamais utiliser un préservatif, parce que sinon, en plus de commettre le péché de viol, il manquerait au respect du don personnel de soi réciproque et complet, et transgresserait ainsi le sixième commandement ? Sûrement pas.

Que dirai-je, en tant que prêtre catholique, aux personnes à partenaires multiples, ou aux homosexuels, atteints du sida qui utilisent le préservatif ? J'essaierai de les aider à mener une vie sexuelle morale et réglée. Mais je ne leur dirai pas de ne pas utiliser le préservatif. Simplement, je ne leur en parlerai pas et je présumerai que, s'ils décident d'avoir des rapports sexuels, ils garderont au moins un certain sens de leurs responsabilités. En me comportant ainsi, je respecte pleinement l'enseignement de l'Église catholique en matière de contraception.

Ceci n'est pas un appel pour demander des "exceptions" à la règle qui interdit la contraception. La règle en matière de contraception est valable sans exception : le choix de la contraception est intrinsèquement mauvais. Mais, bien évidemment, la règle n'est valable que pour les actes contraceptifs tels qu'ils sont définis dans "Humanæ vitæ", c'est-à-dire ceux qui comportent un choix contraceptif. Les actions dans lesquelles est utilisé un dispositif qui, d'un point de vue purement physique, est "contraceptif", ne sont pas toutes, d'un point de vue moral, des actes contraceptifs qui tombent sous le coup de la règle enseignée par "Humanæ vitæ".

De même, un homme marié qui est porteur du virus HIV et utilise le préservatif pour protéger sa femme de l'infection n'agit pas pour empêcher la procréation, mais pour prévenir l'infection. Si une conception est empêchée, ce sera un effet collatéral (non intentionnel), qui ne donnera donc pas à cette action la signification morale d'un acte contraceptif. Il peut y avoir d'autres raisons de mettre en garde contre l'utilisation du préservatif dans un cas de ce genre, ou de recommander la continence totale, mais elles dépendront non pas de l'enseignement de l'Église en matière de contraception, mais de raisons pastorales ou simplement prudentielles (par exemple, le risque que le préservatif ne fonctionne pas). Évidemment, ce dernier raisonnement ne s'applique pas aux personnes qui ont de multiples partenaires, parce que, même si les préservatifs ne fonctionnent pas toujours, leur utilisation contribuera en tout cas à réduire les conséquences négatives de comportements moralement mauvais.

Arrêter l'épidémie mondiale de sida est une question qui concerne non pas la moralité de l'utilisation du préservatif, mais plutôt la manière de prévenir efficacement une situation dans laquelle les personnes provoquent des conséquences désastreuses par leur comportement sexuel immoral. Le pape Jean-Paul II a insisté à maintes reprises sur le fait que promouvoir l'utilisation du préservatif n'est pas une solution à ce problème, dans la mesure où il considérait qu'elle ne résout pas le problème moral des rapports avec des partenaires multiples. À la question de savoir si, d'une manière générale, les campagnes de promotion de l'utilisation du préservatif incitent à des comportements à risque et aggravent l'épidémie mondiale de sida, on peut répondre à partir de données statistiques qui ne sont pas toujours facilement accessibles. Que ces campagnes fassent diminuer, à court terme, les taux de transmission au sein de groupes fortement infectés comme les prostituées et les homosexuels, c'est indéniable. Leur capacité à faire baisser les taux d'infection au sein des populations à partenaires multiples "sexuellement libérées" ou, au contraire, à favoriser des comportements à risque, dépend de nombreux facteurs.

Dans les pays africains les campagnes anti-sida fondées sur l'utilisation du préservatif sont généralement inefficaces [...]. C'est la raison pour laquelle - et cela constitue une preuve notable en faveur de l'argument du pape - l'un des rares programmes efficaces en Afrique est celui de l'Ouganda. Bien qu'il n'exclue pas le préservatif, ce programme encourage à un changement positif dans le comportement sexuel (fidélité et abstinence) qui le différencie des campagnes en faveur du préservatif, celles-ci contribuant à cacher ou même à détruire le sens de l'amour humain.

Les campagnes qui promeuvent l'abstinence et la fidélité sont en définitive le seul moyen efficace à long terme de lutte contre le sida. L'Église n'a donc aucune raison de considérer les campagnes de promotion du préservatif comme utiles pour l'avenir de la société humaine. Mais l'Église ne peut pas non plus enseigner que ceux qui adoptent des modes de vie immoraux devraient s'abstenir d'utiliser le préservatif.

(Martin Rhonheimer, extrait de "The Tablet", 10 juillet 2004).

Posté le 06 decembre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


FSSP

« Des hommes à part » : le film de la fssp

 

Désolé de vous faire trop souvent faux bond sur ce Blog. Je termine mon livre sur Pascal (dont vous avez d'ailleurs abondamment entendu parler ici) et je suis comme un gros moteur diésel : il faut le temps que ça chauffe et quand c'est chaud, c'est increvable.

Cela dit, j'étais invité à l'avant-première d'un très beau documentaire : Des hommes à part, un film sur les prêtres (et les séminaristes) de la Fraternité Saint Pierre. L'auteur ? Yvon Bertorello que j'ai souvent croisé. Un spécialiste du film religieux, qui a déjà à son actif un film sur les moines du Mont Athos (cette république monastique interdite aux femmes et aux caméras), un film sur le Barroux, qui a reçu plusieurs prix et beaucoup d'autres choses encore.

Le film ne trahit pas notre attente, avec un rythme qui lui est propre et qui prend le spectateur petit à petit. Tout commence au Séminaire, et en particulier - pour le jeune homme du XXIème siècle qui n'est plus spontanément un animal religieux - l'apprentissage du sacré. Le cinéaste Eddy Vickert procède par gros plans successifs sur les visages, en laissant chacun s'exprimer. Il n'y a pas de triche. Pas d'emphase (sauf les quelques ralentis du début qui m'ont un peu effrayé ; ma peur a disparu très vite). Chacun s'exprime, avec des mots simples sur son parcours. La première chose qui frappe, en dehors de la simplicité des réponses, c'est leur diversité : il y a celui qui a découvert la messe traditionnelle sur Internet, celui qui se voulait prêtre à cinq ans (sic), celui qui était complètement athée et qui a été conduit à l'église par sa grande tante. Tout cela ne s'invente pas, c'est la diversité de l'existence et un beau témoignage sur la fécondité de la Fraternité Saint Pierre. Un leit-motiv revient : l'importance de la liturgie (supra tutto, comme dit un séminariste italien en détachant les "t" dans la jolie musique de sa langue maternelle). Pas de doute : la forme extraordinaire est... extraordinaire pour tous ces jeunes. C'est cela qui les a conduit des quatre coins du monde (l'un d'eux vient de Taïwan) jusqu'au petit bourg de Lindau en Bavière, où ont lieu les ordinations.

Dans la deuxième partie, le film s'emballe littéralement, en nous présentant les prodiges de l'Apostolat dans la Fraternité : il y a d'abord ce prêtre chilien qui exerce dans les Landes et s'engouffre sans crier gare dans la permanence de la CGT, embrassant tout le monde. Sans rien céder sur le fond bien sûr, mais c'est vraiment l'homme de tous, qui est à tous. Je connais un autre prêtre de ce calibre dans l'évêché de Nice, auquel ses quinze ans d'Afrique ont appris à être infiniment disponible. C'est vraiment l'image que l'on se fait du curé de Paroisse si le Concile (et la décision prise à Rome de supprimer l'inamovibilité des curés et la monarchie presbytérale) ne les avait pas (presque) tous réduits au rang de commis de l'évêque (Aïe, mon mauvais esprit va encore me valoir des coups de règle sur les doigts). Même chose pour les deux prêtres "colombiens" : ils opèrent eux à la limite du territoire tenu par les FARC, mais avec une décontraction et une efficacité merveilleuse. Reçus par tout et par tous, ils ne portent pas la marque infamante de l'intégrisme. Il se trouve que le plus jeune de ces deux prêtres a été mon (jeune) élève en latin : si j'avais su où ce latin devait mener ! Du XVIème arrondissement à une chambre de 6mètres carré, en compagnie des tarentules et autres scorpion : c'est la grâce efficace aurait dit Monsieur Arnauld.

Ce film est efficace de l'efficacité de ces jeunes prêtres, que l'on voit au début du film comme des anges et que l'on découvre dans la deuxième partie prêts à tout et se pliant aux conditions si diverses de l'apostolat réel. J'ajoute deux petites notes : ce film est efficace, parce que la voix de Michael Lonsdale, la voix de frère Luc dans Des hommes et des dieux, avec son très léger vibratto est efficace. Enfin mention spéciale à Thierry Malet pour la musique originale de ce film : en elle-même une très belle invitation au voyage !

A l'IBP, nous avions déjà montré la vie de nos séminaristes romains : dix minutes et un maximum d'effet sur KTO, la Télé catho, grâce au talent de François Lespès l'auteur du court métrage. Cette fois, nous avons plus de cinquante minutes d'un film, tourné dans plusieurs pays et sur deux continents. Je crois que la qualité de toutes ces images montre bien que n'en déplaise aux Cassandre, le sacerdoce a de l'avenir. Non ce n'est pas un métier faute de mieux. Fonctionnaires de Dieu s'abstenir. Oui, c'est une aventure exaltante, où l'on doit se sentir sans cesse dans la main de Dieu. Comme dit Bernanos dans quelques unes de ses lettres : "Va-t-Il serrer ?" C'est vrai, gare aux secousses, on se croirait parfois sur la grande roue, mais quel élan sans cesse renouvelé ! La grâce efficace devient le point fixe qui, s'il ne nous fait pas soulever le monde, comem pour Archimède, doit en tout cas nous faire transporter des montagnes.

Il faut vous procurer ces images, par exemple en commandant le DVD à Brannay, à la maison du district. J'accumule les paroles. Mais ce film est une démonstration par l'image. Prix franco de port 21 euros à commander à FSSP, 10 impasse de la Chapelle, 89 150 Brannay

abbé Guillaume de Tanoüarn

Posté le 06 decembre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


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