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Le Bulletin de la semaine

    Le bulletin de la semaine

 

Liturgie

l'offertoire (2e partie)

 

Nous reprenons ici la suite de notre étude suivie de l'offertoire, au lavabo. Le lavement des mains à la messe est très ancien, car il est attesté avec certitude au moins au IVe siècle par les Constitutions apostoliques. Mais il se rattachait au départ à l'offrande des dons en nature qui étaient apportés au pontife, et avait donc à l'origine une utilité pratique évidente. Cependant il prit dès le départ une signification symbolique comme le soulignent ces mêmes Constitutions apostoliques: le lavement des mains doit être un symbole de la pureté du cœur. (VIII,2). Ce lavement des mains se produisait au début de l'offertoire et un deuxième fut introduit après l'encensement de l'autel et du célébrant. Ils sont tous les deux encore présents dans la messe pontificale au trône. Rome qui répugne au changement par souci de fidélité aux usages anciens, introduisit assez tardivement ce dernier lavabo. Et curieusement, ce fut celui-ci qui fut conservé par la tradition, alors que le premier disparut presque entièrement. Le psaume 25 que le prêtre récite en silence souligne la dimension symbolique du lavement des mains: "Je me laverai les mains parmi les innocents et j'entourerai votre autel Seigneur." La suite du psaume élève l'âme du prêtre: "Seigneur, combien j'aime l'éclat de votre demeure et le lieu où réside votre gloire."

La prière du "Suscipe Sancta Trinitas" qui suit le lavabo, est encore une prière qui nous oriente vers le sacrifice qui va se réaliser bientôt Elle est une des prières les plus anciennes de notre offertoire et remonte à la liturgie milanaise de saint Ambroise. Son origine provient de l'ancienne tradition gallicane de nommer en cet endroit, les noms des personnes pour qui le sacrifice était offert. Innocent 1er dans une ordonnance de 416 (PL 20, col. 553), demande que ces noms ne soient cités que pendant le Canon de la messe. On ne peut que regretter la disparition de ces belles prières dans le nouveau missel de Paul VI.

La prière de l'"Orate fratres" est un appel à la prière que le célébrant adresse aux autres prêtres qui assistent à la messe. Il est un des rares points communs à tous les offertoires des rites latins. Cet appel à la prière qui ne s'adresse donc pas en premier lieu aux fidèles, retentit au moment où la préparation des oblats est terminée et où le prêtre doit se présenter devant Dieu à la tête de son peuple, au nom de celui-ci et avec son oblation.

Enfin le célébrant récite en silence une prière spéciale d'oblation qui rassemble les vœux des fidèles. Elle se trouve déjà dans les plus anciens sacramentaires romains, les ancêtres de nos missels. Elle est la prière sacerdotale de l'offertoire qui appartient à la plus antique tradition romaine. Dans l'un des plus anciens sacramentaires, le Gélasien, elle s'appelle déjà "secreta,". Comme cette prière est récitée en silence le prêtre ne convie pas les fidèles par l' "oremus". Ces prières de la secrète sont souvent des prières simples et courtes de style très lapidaire. Elles expriment toutes, dans leur admirable variété, en rapport ou non avec le jour, un raccourci des thèmes d'offrande qui se développeront ensuite dans le canon. Les dernières paroles de la conclusion sont récitées à haute voix par le prêtre ou chantées, et forment la transition qui amène la préface.

Avec la secrète se termine l'offertoire, oblation anticipée du Saint Sacrifice. Il est aussi l'union des fidèles à ce sacrifice auquel ils s'unissent par leur propre offrande. Cette offrande est toute spirituelle et nous introduit dans le saint des saints: le Canon de la Messe.

Posté le 17 novembre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

Le pape demande une veillée de prière mondiale pour la vie

 

En marquant le début de la nouvelle année liturgique, S.S. Benoît XVI célèbrera les premières Vêpres du premier dimanche de l'Avent dans la basilique Saint-Pierre, le 27 novembre prochain. Pour la première fois, les vêpres seront célébrées dans le cadre d'une Veillée pour toute vie humaine naissante, a annoncé dans une note - citée par Radio Vatican - le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi.

A cette occasion, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, S. Em. le cardinal Antonio Canizares Llovera, et le président du Conseil pontifical pour la famille, S. Em. le cardinal Ennio Antonelli, ont envoyé - par l'intermédiaire des nonces apostoliques - une lettre aux présidents des Conférences épiscopales pour inviter les évêques à promouvoir dans leurs églises locales des célébrations analogues et des initiatives de prière. Le Saint-Père a demandé que «tous les évêques diocésains (ou leurs équivalents) de chaque église particulière président des célébrations analogues, impliquant les fidèles dans leurs paroisses, leurs communautés religieuses, leurs associations et leurs mouvements."

Des initiatives, conclut la note, qui se dérouleront « en union spirituelle avec le Saint-Père, pour promouvoir l'engagement et le témoignage ecclésial pour une culture de la vie et de l'amour ».

S. Exc. Mgr Burke, préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique sur la veillée de prière pour la vie A Jeanne SMITS

 

- Monseigneur, notre pape Benoît XVI a appelé à une veillée de prière pour toute vie naissante le 27 novembre prochain. Pourriez-vous en dire un mot ?

- C'est un événement très important. Sans précédent dans l'histoire de l'Eglise. C'est la chose la plus importante et la plus urgente que l'on puisse faire actuellement pour la vie ! Il faut la faire, il faut prier pour la vie, en répondant à l'appel du Pape.

- Et cela concerne-t-il tous les catholiques ? Faut-il organiser ces veillées dans toutes les paroisses, dans toutes les communautés ?

- Oui, dans toutes les paroisses, dans chaque communauté ! Tout le monde ! Dieu vous bénisse...

Angelus de Benoît XVI

Solennité de la Toussaint

 

A 12h le 1er novembre, Solennité de tous les Saints, le Saint-Père Benoît XVI a récité la prière de l'Angelus depuis la fenêtre de son bureau du Palais Apostolique du Vatican avec les fidèles et les pèlerins rassemblés Place Saint-Pierre sous la pluie.

 

Chers frères et sœurs !

La Solennité de la Toussaint, que nous célébrons aujourd'hui, nous invite à élever notre regard vers le Ciel et à méditer sur la plénitude de la vie divine qui nous attend. « Nous sommes des enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été révélé » (1Jn 3.2) : c'est par ces paroles que l'apôtre Jean nous assure la réalité de notre lien profond avec Dieu, ainsi que la certitude de notre avenir. En tant qu'enfants aimés, nous recevons donc aussi la grâce pour supporter les épreuves de cette existence terrestre - la faim et soif de justice, les incompréhensions, les persécutions (cfr Mt 5.3-11) - et, en même temps, nous héritons dès maintenant de ce qui est promis dans les béatitudes évangéliques, « dans lesquelles resplendit la nouvelle image du monde et de l'homme que qu'inaugure Jésus » (Benoît XVI,  Jésus de Nazareth, Milan 2007, 95). La sainteté, graver le Christ en soi-même, est le but de la vie du chrétien. Le Bienheureux Antonio Rosmini écrit : « Le Verbe s'était gravé dans les âmes de ses disciples avec son aspect sensible... et par ses paroles... il avait donné aux siens cette grâce... avec laquelle l'âme perçoit immédiatement le Verbe » (Anthropologie surnaturel, Rome 1983, 265-266). Et nous goutons le don et la beauté de la sainteté chaque fois que nous participons à la Liturgie eucharistique, en communion avec la « multitude immense » des esprits Bienheureux, qui dans le Ciel acclament éternellement le salut de Dieu et de l'Agneau (cfr Ap 7.9-10). « La vie des Saints ne comporte pas seulement leur biographie terrestre, mais aussi leur vie et leur agir en Dieu après leur mort. Chez les Saints, il devient évident que celui qui va vers Dieu ne s'éloigne pas des hommes, mais qu'il se rend au contraire vraiment proche d'eux. » (Enc. Deus Caritas est, 42).

Réconfortés par cette communion de la grande famille des saints, nous commémorerons  demain tous les fidèles défunts. La liturgie du 2 novembre et la pratique pieuse de visiter les cimetières nous rappellent que la mort chrétienne fait partie du chemin d'assimilation à Dieu et disparaîtra lorsque Dieu sera tout en tous. La séparation des affections terrestres est certes douloureuse, mais nous ne devons pas la craindre, parce que, accompagnée par la prière de suffrage de l'Église, elle ne peut pas rompre le lien profond qui nous unit dans le Christ. À ce sujet, Saint Grégoire de Nysse affirmait : « Celui qui a créé chaque chose dans la sagesse, a donné cette disposition douloureuse comme moyen de libération du mal et la possibilité de participer aux biens espérés » (De mortuis oratio, IX, 1, Leiden 1967, 68).

Chers amis, l'éternité n'est pas « une succession continue des jours du calendrier, mais quelque chose comme le moment rempli de satisfaction, dans lequel la totalité nous embrasse et dans lequel nous embrassons la totalité » (Enc. Spe Salvi, 12), de l'être, de la vérité, de l'amour.  Confions notre pèlerinage vers la patrie céleste à la Vierge Marie, guide sûr vers la sainteté, alors que nous invoquons son intercession maternelle pour le repos éternel de tous nos frères et sœurs qui se sont endormis dans l'espérance de la résurrection.

 

Le Saint-Père s'adresse aux pèlerins francophones :

La prière de l'Angelus me donne la joie de saluer les pèlerins francophones, particulièrement ceux venus de Poitiers ! En la solennité de tous les saints, nous adorons le Dieu trois fois saint, en union avec la foule immense de ceux qui, après avoir mis leurs pas dans ceux du Christ, contemplent sa gloire et intercèdent pour nous. À la suite de tous les saints, puissions-nous marcher résolument sur les chemins de la foi, de l'espérance et de la charité vers la Jérusalem d'en haut.

Bonne fête de la Toussaint à tous !

Posté le 09 novembre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Communiqué du District de France de la Fraternité Saint-Pierre :

M. l'abbé Noël Tibur a remis son âme à Dieu

 

En la fête de la Toussaint, M. l'abbé Noël Tibur, prêtre du diocèse de Dax et membre associé de la Fraternité Saint-Pierre, a été rappelé à Dieu. Il était né au soir de Noël 1918, dernier d'une fratrie de treize enfants. Dès son jeune âge, il déclara sa vocation devant la statue de saint Vincent de Paul à Pouillon, son village natal. C'est au « Berceau » de Saint-Vincent-de-Paul, où il avait était admis voici un an, qu'il a rendu son âme à Dieu.

 

Ancien prisonnier de guerre, il avait été ordonné prêtre, à Pouillon, par son compatriote et son ancien professeur au grand séminaire, Mgr Antoine-Marie Cazaux, venu exprès de Luçon pour la circonstance, le samedi de la Passion 1947.

 

D'abord vicaire de Hagetmau (1947-1950), il fut nommé curé de Clermont-en-Chalosse par Mgr Matthieu en 1950. Pendant ses plus de cinquante années dans le même lieu, il se démena beaucoup, jour et nuit, au service de «  l'Ecole de la Providence de Baure » qu'il avait fondée, infatigable chauffeur quotidien du ramassage scolaire qu'il avait organisé dans tout le pays environnant. Jusqu'au bout de son ministère actif et de sa vie sacerdotale, Monsieur l'Abbé Tibur est resté indéfectible défenseur de la liturgie romaine traditionnelle, qu'il n'avait jamais considéré comme abrogée. Il vécut dans l'action de grâces le Motu proprio Summorum Pontificum par lequel Benoît XVI, en 2007, rendit plein droit de cité à la messe traditionnelle.

Apôtre passionné du catéchisme romain, il protestait contre les nouveaux « parcours », fustigeant la « prétendue théologie de l'escargot ». Disciple de Bossuet et Massillon, l'abbé Tibur, en fier gascon, aimait user du verbe comme d'une épée, à la manière d'un mousquetaire. Ses sermons lui valurent d'être surnommé par le quotidien « Sud-Ouest » de « Bossuet des Landes .

 

En 2003, Mgr Breton confia à l'abbé Vincent Ribeton, de la Fraternité Saint-Pierre, sur la suggestion de M. l'abbé Tibur, de poursuivre la mission de ce dernier à Clermont. A l'automne 2006, M. l'abbé Ribeton ayant été nommé Supérieur du district de France de la Fraternité Saint- Pierre, Monsieur l'Abbé Alfredo Reyes-Barrios lui succéda à Clermont.

 

Après deux années au service des religieuses du Clos Nazareth dans la Nièvre, Monsieur l'Abbé Tibur est devenu membre associé de la Fraternité Saint-Pierre, résidant à Brannay (Yonne) à la Maison du District de France, jusqu'à son retour à l'automne 2010 sur ses terres natales, à quelques kilomètres de sa paroisse de Clermont, à la maison de retraite du Berceau de saint Vincent de Paul. Le dimanche trois octobre dernier, Monsieur le Curé avait eu la joie de pouvoir bénir les nouvelles salles de classe de l'école catholique qu'il fonda à Clermont.

 

Les obsèques de Monsieur l'Abbé Tibur seront célébrées en l'église Sainte-Madeleine de Clermont, jeudi 4 novembre, à 14h30, selon le rite traditionnel. M. l'abbé Alexis Garnier, de la Fraternité Saint-Pierre, ancien élève de l'école de Clermont, et fils spirituel de M. l'abbé Tibur, célèbrera la Messe solennelle de Requiem ; M. l'abbé Alfredo Reyes-Barrios l'assistera comme diacre, et M. l'abbé Vincent Ribeton, qui donnera la prédication, comme sous-diacre. L'abbé Noël Tibur sera ensuite inhumé auprès de sa maman au cimetière de Clermont.

" Tu es sacerdos in æternum, secundum ordinem Melchisedech".

 

Ni fleurs ni couronne, des Messes (aux bons soins de M. l'abbé Alfredo Reyes-Barrios, Fraternité Saint-Pierre, Maison Saint-Vincent-de-Paul, 66 route de Baure 40180 Clermont).

Posté le 03 novembre 2010 par Abbé Pierre-Marie Després


Liturgie

L'OFFERTOIRE (1ère partie)

 

Avec l'offertoire, nous rentrons déjà dans le Sacrifice qui s'accomplira au moment de la consécration. Ce Sacrifice est celui de N.S.J.C., sacrifice unique mais renouvelé sur l'autel jusqu'à la consommation des siècles. L'offertoire est déjà l'offrande de N.S. à son Père auquel les fidèles s'unissent pour leur part.

Les premières traces de l'offertoire nous sont données par saint Justin au II ème siècle. Il consistait dans l'apport du pain et du vin avec de l'eau. Au III ème siècle, saint Hippolyte parle de l'offrande des dons qui sont présentés à l'évêque par les diacres[1] et une offrande de dons en nature qui avait lieu après le sacrifice eucharistique. En Orient et en Gaule, cette offrande était faite avant le commencement de la messe. Elle se développa considérablement dans les liturgies orientales et pris la forme d'une procession solennelle signifiant l'entrée du Christ dans Jérusalem : « Elevez-vous, portes éternelles, et le roi de gloire entrera »[2]. A Rome, cette procession ne fut instituée qu'au IV ème siècle et conservée pour le sacre des évêques dans notre missel romain. La réforme liturgique a voulu réintroduire cet usage mais la mise en pratique semble difficile et souvent disgracieuse.

Le «Dominus vobiscum » suivi de l' «Oremus » qui introduit l'offertoire est en fait le reste d'une deuxième collecte qui terminait les litanies introduites par saint Gélase au VI ème siècle. La nouvelle collecte servait à conclure ces litanies. Le pape saint Grégoire abolit l'oraison, mais conserva le «Dominus vobiscum » et l ' « Oremus » pour bien marquer la séparation des deux parties de la messe. C'est aussi à cette époque que fut introduit  le chant de l'offertoire.

La partie revenant au célébrant consistait à disposer les oblats sur l'autel en silence. L'offertoire se terminait par l ' «Orate fratres » suivi de la secrète qui remonte  avant le début du VIII ème siècle. Progressivement se sont introduit un ensemble de prières que le prêtre récite à voix basse et qui accompagnent ses gestes. Ces prières furent ensuite définitivement fixées au XIV ème siècle.

La prière du «Suscipe, sancte Pater »[3] nous introduit déjà dans le sacrifice en parlant de l'hostie immaculée, ce qui fait référence aux victimes de l'Ancien Testament choisies sans tache pour le sacrifice et figures de N.S.J.C. unique victime. La prière qui accompagne le mélange de l'eau et du vin est une très belle et très ancienne collecte de Noël à laquelle a été rajouté le début : «par le mystère de cette eau et de ce vin». Le vin représente le Christ, l'eau représente les hommes. C'est pourquoi on bénit l'eau et non le vin. La petite goutte d'eau disparaît dans le vin précieux, comme notre nature humaine disparaît dans la nature divine du Christ. La prière «Offerimus »[4] était récitée par le diacre en apportant le calice déjà préparé sur l'autel. Elle est maintenant récitée conjointement par le célébrant et par le diacre pendant l'offrande du calice. Puis la prière suivante «in spiritu humilitatis »[5] est tiré de la parole des trois enfants dans le livre de Daniel  (Dan 3,39,40). Elle est suivie du «Veni sanctificator » qui est l'invocation de l'Esprit Saint ou Epiclèse, ce même Esprit étant l'auteur de la nature humaine de N.S. comme il est l'auteur de la présence réelle du Christ dans la Sainte Eucharistie. L'encensement de l'offertoire est le plus ancien et le plus important de la messe romaine. Mais il n'est pas venu de Rome, où l'on portait l'encens dans une cassolette fixe. Il se bornait d'abord à l'autel. On le trouve développé à partir du XI ème siècle. Il fut ensuite accompagné de prières dites en privé par le célébrant. (à suivre ...)

 


[1] Dans la messe solennelle romaine, c'est encore le diacre qui donne au célébrant la patène sur laquelle repose l'hostie.

[2] Chant de la «grande entrée » chez les Arméniens grégoriens.

[3] Cette oraison date du VIII ème ou du IX ème siècle.

[4] Cette prière apparaît dans des manuscrits du X ème siècle.

[5] Prière est déjà trouvée dans certains missels du IX ème siècle.

Posté le 29 octobre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


Nouvelles romaines

LE PAPE NOMME UN NOUVEAU CARDINAL

QUI NE CELEBRE QUE LA FORME EXTRAORDINAIRE

 

Il s'agit de Mgr  Domenico BARTOLUCCI, Maître émérite de la chapelle Sixtine, nommé en 1956 à cette fonction par le pape Pie XII, et grand ami et collaborateur de Benoît XVI.

A l'approche du concile Vatican II, la situation du chœur de « la Sixtine » est incertaine, mais elle est assainie par l'implication personnelle de Bartolucci et l'intérêt que lui porte le pape Jean XXIII. Bartolucci était opposé à l'abandon du latin et à l'impact d'un tel abandon sur le répertoire de musique sacrée en usage au cours des célébrations. Ses références majeures en ce domaine sont la musique polyphonique de Palestrina et le chant grégorien.

Sans langue de bois, le futur cardinal BARTOLUCCI avait déclaré au site DISPUTATIONES THEOLOGICAE :

 

Maître, la publication récente du Motu proprio Summorum Pontificum a apporté un vent d'air frais dans le panorama liturgique qui nous entoure... en avez-vous profité vous-même pour célébrer la messe traditionnelle ?

A vrai dire, j'ai toujours célébré cette messe, de façon ininterrompue depuis mon ordination... En fait j'aurais même des difficultés à célébrer la messe du rite moderne, puisque je ne l'ai jamais dite...

 

Pour vous, elle n'a donc jamais été abolie ?

Ce sont les paroles mêmes du Saint Père, même si certains font mine de ne pas le comprendre, et même si beaucoup ont soutenu le contraire dans le passé.

 

Pensez-vous que les fidèles soient moins enthousiasmés par la forme traditionnelle du rite, à cause de son aspect peu « participatif » ?

Allez, il ne faut pas dire de bêtises ! Moi j'ai connu la participation des fidèles autrefois, aussi bien à Rome, dans les basiliques, qu'à travers le Monde, et ici-même dans le « Mugello », dans cette paroisse, dans cette belle campagne autrefois peuplée de gens pleins de foi et de piété. Le dimanche à vêpres, le prêtre aurait pu se contenter d'entonner le « Deus in adjutorium meum intende », et puis se mettre à dormir sur la banquette jusqu'au capitule : les fidèles auraient continué tout seuls et les pères de famille auraient entonné, un par un, les antiennes !

 

C'est donc pour vous une vaine polémique, par rapport à l'actuel style liturgique ?

Hélas, je ne sais pas si vous avez déjà assisté à des funérailles : Alléluias, applaudissements, des phrases loufoques, au point de se demander si ces gens ont déjà lu l'évangile : Notre-Seigneur lui-même pleure sur Lazare et sur la mort... Avec ce fade sentimentalisme, on ne respecte même pas la douleur d'une mère. J'aurais voulu vous montrer comment autrefois le peuple assistait à une messe des morts, avec quelle componction et quelle dévotion on entonnait le magnifique et terrible Dies Irae !

 

Mais la réforme n'a-t-elle pas été faite par des gens conscients et bien formés doctrinalement ?

Je m'excuse, mais la réforme a été faite par des hommes arides, arides, je vous le répète. Moi, je les ai connus. Et quant à la doctrine, je me souviens que le cardinal Ferdinando Antonelli, de vénérable mémoire, disait souvent : « Qu'est-ce que nous pouvons faire de ces liturgistes qui ne connaissent pas la théologie ? »

Posté le 29 octobre 2010 par Abbé Jean-Laurent Lefèvre


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